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Ces cellules qui sauvent notre peau

L’Unité de thérapie régénérative du CHUV est spécialisée dans les mécanismes de cicatrisation et de réparation de la peau et des tissus, notamment pour les patients gravement brûlés.


«J’ai toujours été passionnée par la peau, explique la Pr. Lee Ann Laurent-Applegate, docteure en biologie et directrice de l’Unité de thérapie régénérative depuis 2005. Cela fait 35 ans que j’y consacre mes recherches, dont une vingtaine environ à Lausanne avec la même équipe de biologistes et de laborantins. Nous sommes tous animés par la même volonté: développer les techniques de réparation cellulaire les plus sûres et efficaces, pour les patients gravement brûlés ou souffrant de maladies dégénératives, de lésions osseuses ou encore de dégénération articulaire.»

 

La Pr. Laurent-Applegate et son équipe se sont d’abord intéressés aux capacités de résistance des cellules de la peau face au stress oxydatif. Puis ils ont orienté leurs recherches sur les mécanismes de cicatrisation et de réparation de la peau, en particulier pour soigner les brûlures.

Actuellement, lorsqu’un patient est brûlé à plus de 50%, il existe la possibilité de faire des cultures de cellules en laboratoire pour recréer de la peau et assurer ainsi sa survie. «En deux semaines, on peut obtenir plusieurs centaines de centimètres carrés de cellules, précise la chercheuse. On en imprègne ensuite un substrat spongieux à base de collagène. Greffé sur les lésions, ce pansement ainsi obtenu stimule la guérison de la zone à traiter. Nous avons procédé à ces autogreffes depuis plus de 28 ans.» Depuis 1999, ses recherches se sont tournées sur la fabrication de pansements élaborés à partir de cellules foetales humaines. «Grâce à un don de peau de 2 cm2, que nous nous assurons d’obtenir suite au consentement de la patiente, nous pouvons cultiver assez de cellules pour traiter des millions de patients. Celles-ci peuvent être stockées dans des banques de tissus, explique la Pr. Laurent-Applegate. L’avantage est de pouvoir en disposer librement pour les chirurgiens, ce qui résoudrait les problèmes d’approvisionnement en peau nécessaire aux greffes. De plus, lorsqu’elles sont appliquées sur les lésions cutanées, elles stimulent la guérison de la peau très rapidement.» Depuis 2007, l’équipe de la Pr. Laurent-Applegate travaille sur la production de ces cellules pour qu’elle réponde aux normes strictes de qualité appliquées dans le domaine des transplantations.

 

En parallèle, l’unité travaille étroitement avec plusieurs services du CHUV et le Laboratoire de biomécanique en orthopédie de l’EPFL, dirigé par le Pr. Pioletti, sur la régénération de tissus tels que les tendons, les cartilages (en cas d’arthrite) ou les os. «En réunissant les compétences des biologistes, des chirurgiens, des médecins et des ingénieurs, nous pouvons envisager des projets combinant la thérapie cellulaire à des matériaux artificiels, nommés biomatériaux, pour induire la régénération de ces tissus, poursuit la Pr. Laurent-Applegate. Par exemple, pour le domaine maxillo-facial: nous avons développé une matière synthétique poreuse imitant l’os, qui pourrait être installée dans la gencive avant la pose d’un implant dentaire. Des cellules foetales y étant ajoutées, cet os artificiel se résorberait à mesure que les cellules osseuses du patient se régénèrent pour laisser place à un os naturel.»

 

L'équipe du Pr. Laurent-Applegate avec Roger Moore

Ces recherches ont fait l’objet de nombreuses publications dans des revues scientifiques. Et les techniques de culture cellulaire pour les greffes de peau sont par ailleurs présentées lors d’expositions en Suisse et à l’étranger. La dernière en date, intitulée «Qui mieux que 007 pour protéger notre peau?», montre en grand format des photos des cellules de peau de Roger Moore. Car l’ex-agent secret, enthousiasmé par les activités de l’Unité de thérapie régénérative, a accepté d’en être le parrain et de lui «offrir» ses cellules.