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Service de médecine intensive adulte

Infections chez le patient brûlé


Grâce au progrès de la réanimation, les grands brûlés ne meurent plus, à l’heure actuelle, du choc induit par la brûlure, mais souffrent essentiellement d’infections chroniques, principales causes de morbidité et de mortalité.

L’étude de stratégies innovantes dans la prise en charges des infections complexes est un des principaux axes de recherche menés au sein du Service de médecine intensive adulte. L’émergence et la dissémination rapide de souches résistantes à la plupart des antibiotiques disponible menacent non seulement les progrès de la médecine, mais également la vie de nos patients brûlés. Dans ce contexte : (1) nous étudions  la physiopathologie – les mécanismes - des infections des plaies brûlées; (2) nous optimalisons la prescription des molécules existantes et (3) nous évaluons des stratégies anti-bactériennes innovantes, notamment la phagothérapie.

MicroscapesX

Ce projet s’articulent autour de l’hypothèse centrale que l’environnement de la brûlure (nécrose, facteurs de cicatrisation, soins topiques et chirurgicaux par exemple) exerce une influence déterminante sur les communautés microbiennes (microbiome) de la plaie brûlée, qui elles, en retour, modifient la plaie elle-même (par exemple sa capacité de régénération, la prise de greffe, etc.).

En proposant d’aborder de manière successive les différents facteurs impliqués dans cette interaction complexe, MicroscapesX permettra de mieux appréhender la pathogénèse de l'infection, étape incontournable avant d’envisager des interventions visant à diminuer l’impact des infections de plaies chez les brûlés.

Adaptation posologique en fonction du dosage systématique des antibiotiques

L’amélioration rapide au cours des dernières années des techniques analytiques permet de doser la plupart des antibiotiques utilisées chez les patients brûlés. Ces dosages, dont les résultats s’obtiennent en 2 à 4 heures, permettent de personnaliser quotidiennement la quantité d’antibiotique que reçoit le patient brûlé en fonction du profil de résistance des pathogènes qui l’infectent.

Nous partons de l’hypothèse que ces adaptations quotidiennes de la prescription des antibiotiques dans des situations particulièrement complexes comme celles de la prise en charge des patients brûlés améliore la devenir des infections et accélère leur guérison

Une étude prospective randomisée est actuellement en cours au Centre des brûlés du CHUV pour vérifier cette hypothèse.

Swisstransmed – Plateforme B5

Le Service de chirurgie plastique et de la main a développé une expertise unique dans le traitement de la plaie brûlée en mettant au point des pansements biologiques issus de cellules fœtales. Si les effets bénéfiques de ces «pansements de nouvelle génération» sur la guérison des brûlures ont déjà été partiellement étudiés, l’impact de tels pansements sur le nombre ou la sévérité des infections de plaies chez les brûlés reste à ce jour inexploré.

Il est légitime alors de spéculer que ceux-ci pourraient influencer, de manière bénéfique ou non, la survenue d’une infection de plaie. Une collaboration à large échelle est en cours afin de mettre au point des pansements biologiques de nouvelles générations résistant aux infections et pouvant être utiliser pour prévenir et traiter des infections de plaies à Pseudomonas aeruginosa.

Phagothérapie – Phagoburn

La phagothérapie consiste à utiliser des virus pour traiter des infections bactériennes. Ces virus spécifiques des bactéries, appelés (bactério-)phages, ont été découverts entre 1915 et 1917 par Twort et d’Hérelle. C’est d’Hérelle qui utilisa le premier des phages pour traiter des enfants atteints de dysenterie. Les mécanismes d’action des phages sont différents de ceux des antibiotiques. Ils sont donc efficaces également contre les bactéries résistantes aux antibiotiques.

Nous participons à la première grande étude clinique multicentrique de phase I/II financée par la Commission Européenne dans le cadre du 7ème programme cadre de recherche et développement et coordonnée par le Service de Santé des Armées Français (Phagoburn). Ce premier essai clinique évaluera la tolérance et l’efficacité de la phagothérapie pour traiter les infections cutanées brûlées à Escherichia coli et à P. aeruginosa. Les phages seront administrés de manière topique directement au niveau des plaies infectées. Nous espérons que cette étude va ouvrir la voie à l’utilisation à plus large de la phagothérapie et va permettre d’établir le cadre réglementaire nécessaire au développement de cette alternative séduisante.