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Se sentir comme un pilote qui entre dans le simulateur de vol

Plus de 1000 heures de cours sont dispensés chaque année au moyen de mannequins ou d’acteurs recrutés pour jouer le rôle de malades ou de leur famille au CHUV. En quoi consiste la formation par simulation et quels sont ses avantages?

Réponses par Emmanuel Bernaz, infirmier spécialisé en soins intensifs et chargé d’enseignement au sein de notre Centre des formations.


Mannequins, jeux de rôle… Pourquoi utiliser ces outils?

La simulation permet aux professionnels de s’entraîner à certains gestes techniques ou répéter des procédures opératoires. Grâce aux mannequins, ils comprennent mieux la théorie et acquièrent davantage d’assurance dans la pratique. Ils apprennent sans incidence pour le patient.

Les mannequins ne réagissent pas en cas d’erreur…

C’est partiellement exact! Certains mannequins, dits de haute fidélité, sont programmés pour reproduire des situations dans lesquelles certains paramètres, comme le pouls ou le rythme cardiaque, évoluent en fonction des choix ou des actions des participants. Ils peuvent être contrôlés à distance par les instructeurs, ce qui donne l’illusion qu’ils réagissent physiologiquement aux soins donnés. Ainsi, leur état clinique peut s’améliorer ou se dégrader faute de soins appropriés.

Il s’agit d’être au plus près de la réalité?

D’autres facteurs contribuent au réalisme de la situation: les tâches demandées aux participants, le respect de la notion du temps, ainsi que les scénarii. Ces derniers sont écrits par les instructeurs pour reproduire les cas vécus en milieu hospitalier tout en fixant les objectifs sur les compétences à développer. L’environnement doit aussi être reconstitué fidèlement. C’est pourquoi les formations sont données dans des salles équipées de tout le matériel nécessaire et certaines peuvent même avoir lieu dans les milieux des soins, comme au bloc opératoire. Tout ceci plonge les participants dans un état de concentration intense. Ils doivent se sentir, autant que possible, dans la même situation qu’un pilote de ligne qui entre dans le cockpit de son simulateur de vol…

Qu’est-ce que les patients simulés apportent en plus?

Recourir à des acteurs qui jouent le rôle d’un patient permet aux participants d’acquérir des compétences techniques, mais également d’en entraîner d’autres, telles que le relationnel, la communication, le leadership ou encore la gestion des émotions. Un mannequin, même très performant, ne peut pas induire les participants à développer ces aptitudes. Les professionnels, déjà confirmés dans leur pratique, ont ainsi l’occasion d’améliorer leurs comportements dans des situations de soins difficiles comme, par exemple, une réanimation cardio-pulmonaire ou l’annonce d’une mauvaise nouvelle.

La simulation permet donc le développement de compétences relationnelles?

Oui! Il s’agit aussi d’améliorer son savoir-être: apprendre à mieux communiquer, affirmer son leadership, anticiper davantage ou encore demander de l’aide selon la situation. La communication, la coordination et la prise de décision entre les intervenants lors de la prise en charge d’un patient sont importantes pour éviter toute erreur. Ces formations sont ainsi bénéfiques autant pour le travail en équipe des professionnels que pour la sécurité des patients.

Le debriefing représente sûrement un moment-clé?

Cette étape est primordiale et dure aussi longtemps que la simulation elle-même, voire parfois plus! Elle permet à chacun de livrer d’abord ses impressions et son ressenti, puis d’analyser ses comportements. L’objectif étant que les participants s’interrogent sur leur pratique et apprennent par eux-mêmes.

Finalement, la simulation ne devrait-elle pas remplacer l’apprentissage au lit du malade?

Outre les avantages dont nous avons parlé, elle donne la possibilité aux professionnels de s’exercer à l’ensemble des soins, sans être tributaires de la présence des patients ou des lieux de stages. Mais la simulation n’égalera jamais la vraie vie. La complexité des malades, leurs réactions ou encore les perturbations, telles que le téléphone, les imprévus ou l’interruption des tâches qui participent à la réalité d’un secteur de soins, sont difficilement imitables ou reproductibles. La meilleure voie est celle qui associe, entre autres, ces deux options.