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LA SURVEILLANCE ACTIVE – UN CHOIX POUR GERER LE CANCER DE LA PROSTATE

Pour certains patients atteints d’un cancer de la prostate, un traitement immédiat n’est pas indispensable. Jacques Brullisauer, 63 ans, décrit comment il a choisi de «veiller» sur sa maladie.


Jacques Brullisauer

En 2011, Jacques Brullisauer, âgé alors de 59 ans, a consulté son médecin de famille pour un problème de santé mineur lié aux voies respiratoires. Celui-ci lui a alors proposé d’inclure un contrôle de son taux de PSA (une protéine qui sert à déceler des modifications pathologiques de la prostate) dans son bilan sanguin.

Les valeurs fournies par les résultats indiquaient un taux de PSA supérieur à la moyenne. «Mon médecin m’a expliqué que ce taux n’était pas concluant en lui-même, mais que je devais entreprendre rapidement des examens supplémentaires», raconte M. Brullisauer. Il a ainsi été référé à un urologue en clinique, pour effectuer une biopsie un IRM et une scintigraphie en vue d’une chirurgie.

«Dans le laps de temps entre mes examens et mon rendez-vous avec l’urologue, j’ai eu largement le temps de me renseigner sur la maladie, grâce à l’Internet», se remémore M. Brullisauer. «Les effets secondaires potentiels des traitements disponibles m’ont rendu inquiet. Je me souviens clairement du jour où j’ai reçu les résultats des derniers examens. Je me demandais si j’allais ressortir de la consultation «avec un cancer», voire même si j’allais mourir.»

Les résultats de la biopsie et l’IRM ont confirmé le diagnostic d’un cancer de la prostate. Une chirurgie immédiate a été recommandée à M. Brullisauer. «Après cette succession d’émotions et d’attente, mon épouse et moi étions convaincus que je me ferais donc opérer. Je pense que lorsqu'on entend le mot «cancer», c’est un réflexe d’espérer qu’on puisse l’extraire au plus vite, pour en être débarrassé!»

La prise en charge de M. Brullisauer a ensuite été effectuée au CHUV. C’est là qu’il a rencontré l’équipe de spécialistes du Centre de la prostate. «D’après leur analyse de mon dossier et le stade de mon cancer, une chirurgie ne s’imposait pas, et on m’a ainsi proposé la surveillance active comme alternative, poursuit M. Brullisauer. On m’a expliqué que celle-ci impliquerait simplement des contrôles et des examens réguliers pour s’assurer que la maladie reste à faible risque. Vous imaginez bien combien ce retournement de situation était pour moi une aubaine!»  

Après discussion avec son épouse, M. Brullisauer a ainsi décidé d’opter pour l’option de la surveillance active. «J’ai tout de suite été en confiance au CHUV. Déjà, le niveau d’attention que l’on m’a consacré lors de ma consultation initiale m’a impressionné. Il y avait une demi-douzaine de membres de l’équipe médicale dans la salle, y compris une infirmière qui est d’ailleurs encore aujourd’hui un repère constant pour moi dans ma prise en charge».

Quatre ans plus tard, la stabilisation du cancer de M. Brullisauer lui permet de faire des contrôles annuels qui comprennent une prise de sang, un IRM et une biopsie.

«Je vis ces contrôles sans aucun stress. Chaque année, quand je reçois ma lettre de convocation, je vois cela juste comme la bonne gestion de ma santé parce que les médecins surveillent attentivement ma maladie. Entretemps, je continue comme si de rien n’était – je travaille, je fais du sport, je n’ai rien changé à mon mode de vie. Peut-être qu’un jour ils me diront que le cancer a évolué, et qu’on doit entreprendre un traitement ou l’autre. Mais d’ici là, je ne me fais pas de soucis!»