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"Quand vous avez tous ces spécialistes autour de vous, c'est quelque chose d'extraordinaire"

Jacky Rochat vit avec sa tumeur sous étroite surveillance depuis 2 ans.


Lorsqu'il nous reçoit dans sa maison, Jacky Rochat annonce tout de suite la couleur: "Je vous préviens, j'aime bien parler!" Et effectivement, cet ancien champion suisse de combiné nordique (saut à ski + ski de fonds) (il aurait dû participer au JO de Grenoble si une vilaine fracture n'avait pas tout gâché) n'a pas sa langue dans la poche.

Il suffit de quelques minutes pour retracer le parcours de ce natif de la Vallée de Joux: l'apprentissage dans le domaine électrique à Vallorbe, la rencontre avec celle qui allait devenir sa femme, leur départ pour Lausanne, la reprise d'une station-service, puis une seconde avec atelier mécanique, et enfin l'ouverture de leur garage dans l'Ouest lausannois. "Aujourd'hui j'ai 70 ans et je travaille encore. Finalement la vraie difficulté à venir, ce sera d'arriver à lever le pied!"

Pourtant, voici un peu moins de 10 ans, cette vie menée tambour battant a failli connaître un brusque coup d'arrêt: "au cours de mon check-up annuel, mon médecin a trouvé mon taux de PSA trop élevé, ce qui pouvait signifier un cancer de la prostate. Mais après avoir prélevé des échantillons de tissus, il s'est avéré que je n'avais rien". Une fausse alerte, donc, mais le début d'une "cogitation" pour Jacky Rochat: "pendant les 15 jours qui précédent l'annonce des résultats, on vit quand même différemment. Je n'étais pas angoissé, mais chaque bon moment que l'on passe, on se demande si c'est le dernier. Alors quand 8 ans plus tard, on m'a de nouveau trouvé un taux trop haut mais que cette fois les biopsies ont révélé que j'avais un cancer, j'avais déjà fait un bout de chemin dans ma tête et j'étais prêt."

Pour le médecin qui va opérer Jacky, il ne faut pas attendre et opérer tout de suite afin d'éviter tout risque: "c'est mon fils qui m'a conseillé de prendre un second avis. Je n'avais pas peur de l'opération, mais il y a tellement d'effets secondaires possibles que je me suis dit que quelques années d'attente - si c'était possible - seraient bienvenues."

Il décide donc de contacter le CHUV. "Le premier contact fut si agréable que ça m'a franchement surpris! Et le premier rendez-vous fut très rapide.  Mme Codeluppi, qui allait devenir mon infirmière référente, a su trouver les mots justes." Jacky Rochat fait ensuite connaissance des médecins qui le suivront, "et qui ont pris le temps de m'écouter afin de comprendre ce que je voulais". Radio-oncologue, urologue, oncologue, ils sont tous à la même table. "Quand vous avez tous ces spécialistes autour de vous, c'est quelque chose d'extraordinaire. Et quand ils m'ont dit que je n'avais pas besoin d'être opéré tout de suite, à condition d'être suivi scrupuleusement, cela m'a enlevé un immense poids des épaules."

Depuis deux ans, Jacky se rend donc tous les six mois au CHUV pour des examens (IRM et biopsies). Et tant que son état n'évolue pas, il peut vivre sans changer son quotidien. "Evidemment, ce n'est pas confortable, tous ces examens. Mais je peux toujours parler à mon infirmière. C'est tellement agréable d'avoir quelqu'un à qui on peut parler librement. C'est devenue une amie aujourd'hui. Et quand voici quelques semaines, j'ai pu passer la ligne d'arrivée du marathon de l'Engadine, je n'ai pas pu empêcher une petite larme de couler. J'ai énormément de chance, et je ne peux que rester positif face à tout ce qui peut m'attendre!"