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Une chirurgie moins invasive pour le cancer du poumon

Depuis 2010, notre service propose une technique opératoire innovante pour traiter le cancer du poumon. Reynald Grandchamp, ancien patient, raconte comment il a vécu cette intervention.


Selon la Ligue suisse contre le cancer, le cancer du poumon est le deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme en Suisse, et le troisième chez la femme. Lorsqu’il est détecté suffisamment tôt et que la tumeur est localisée, l’intervention chirurgicale est le traitement de premier choix. Elle vise à enlever la tumeur et les ganglions lymphatiques voisins. Suivant son extension, le chirurgien enlève soit un des cinq lobes pulmonaires, un côté entier ou le poumon dans sa totalité.

Classiquement, l’intervention se fait par thoracotomie, qui nécessite une longue incision dans le dos entre deux côtes. Depuis 2010, une nouvelle technique opératoire, appelée lobectomie par thoracoscopie, est de plus en plus pratiquée dans notre service. Moins invasive, elle ne nécessite que trois incisions de 2 à 4 cm entre les côtes.

Reynald Grandchamp, 57 ans, fait partie des 44 patients ayant pu bénéficier de cette nouvelle technique dans l'année suivant son introduction. Ancien entrepreneur dans le bâtiment, il a été diagnostiqué d’un cancer du poumon, probablement en relation avec le tabac. Lors d’un contrôle chez son médecin généraliste pour un refroidissement, celui-ci avait décelé une tache de 3 cm sur son poumon droit. Un pneumologue lui a ensuite confirmé qu’il s’agissait d’une tumeur.

M. Reynald Grandchamp

A la fin du mois de juin 2011, il était reçu au CHUV pour être opéré. «Comme je suis trop «musclé», précise-t-il, j’ai été pris en charge au Service de chirurgie thoracique et vasculaire où l’intervention par thoracoscopie est pratiquée. En effet, une opération traditionnelle présentait un plus grand risque de complications car il aurait fallu ouvrir mon thorax de façon beaucoup trop large!»

La lobectomie par thoracoscopie est recommandée pour le traitement du cancer non à petites cellules, de stade I et II, lorsque la taille de la tumeur est inférieure à 4 cm, qu'elle se trouve dans la périphérie du poumon, que les gangions lymphatiques ne sont pas atteints et que les antécédents chirurgicaux du patient le permettent. «Lors de cette intervention, les incisions permettent d’introduire les instruments chirurgicaux et une caméra, dont l’image est projetée sur un écran, pour procéder à la dissection des bronches et des vaisseaux. L’une des incisions permet ensuite d'extraire le lobe pulmonaire, puis nous procédons à l’ablation des ganglions lymphatiques», explique le Dr Thorsten Krueger, qui a introduit cette nouvelle technique au CHUV conjointement avec le Dr Michel Gonzalez.

De nombreux avantages

Le premier avantage de cette intervention est la diminution de la douleur, par rapport à l'ouverture classique qui entraîne des douleurs liées à des lésions musculaires, nerveuses et à l’écartement des côtes. Un second avantage est la réduction de la durée moyenne d’hospitalisation. Celle-ci est de cinq à sept jours, alors que l’intervention traditionnelle nécessite une hospitalisation d’environ deux semaines, suivies d'un séjour dans un centre de traitement et de réadaptation.

Deux mois après son opération, Reynald Grandchamp «se sent comme un mec opéré», mais il a rapidement récupéré. Il devait rester hospitalisé pendant sept jours, mais précise-t-il, «le Dr Krueger a pris le temps de m’écouter et s’est occupé de mon bien-être durant tout mon séjour: j’ai rapidement regagné ma chambre après les soins continus, et j’ai pu quitter l’hôpital un jour plus tôt.»

Il se livre depuis, à la maison, à ses occupations préférées, la garde de ses petits-enfants ou la cuisine. Il a revu le Dr Krueger en consultation quinze jours après l’intervention. Un suivi par scanner est agendé sur trois ans. «L’expérience du CHUV montre que la lobectomie pulmonaire par thoracoscopie est une intervention sûre, qui présente un taux de complications très faible pendant et après l’intervention», précise le Dr Krueger.

Reynald Grandchamp a cessé de fumer depuis son opération. «J’étais persuadé que je mourrais à cause de la cigarette. Quand je suis rentré à la maison, ma femme avait tout enlevé, le papier à rouler, les filtres, pour qu’on n’en parle plus. Je fais encore des cauchemars dans lesquels je me vois en train d’allumer une cigarette, avant de me réveiller en sursaut et de constater que je vais bien.»