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Colorectal et proctologie

Maladie hémorroïdaire



L’anopexie circulaire ou stapled hemorrhoidopexy (SH), mise au point par Longo, associe une excision muqueuse ano-rectale à la pexie de la portion distale de cette dernière et son agrafage circulaire au segment proximal. Cette approche vise à diminuer l’apport sanguin hémorroïdaire et à repositionner le plexus hémorroïdaire hypertrophique et prolabé dans son site anatomique d’origine

A ses débuts, l’opération était imaginée comme susceptible de remplacer la chirurgie d’exérèse conventionnelle (CC). Dix ans après l’introduction de la SH, plusieurs méta-analyses incluant de nombreuses études randomisées comparant SH et CC permettent de tirer les conclusions suivantes :

  • Les douleurs post-opératoires sont moindres après SH.Les résultats concernant le saignement post-opératoire divergent.

  • Le prolapsus hémorroïdaire est plus fréquent après SH à moyen et long terme.

  • Les complications, telles que rétention urinaire, sténose, fissure ou fistule anale, incontinence ou sepsis surviennent avec les deux techniques.

  • Le temps opératoire, ainsi que la durée d’hospitalisation sont plus courts avec SH.

  • Le nombre total de ré-interventions à un an ne diffèrent pas entre les deux techniques. Celui pour prolapsus après SH est augmenté.

  • Il n’y a pas de différence de coût entre les deux techniques.

La ligature des artères hémorroïdaires sous contrôle doppler (HAL), consiste à repérer les branches terminales des artères rectales supérieures à l’aide d’un proctoscope équipé d’un doppler, puis à les lier. Les résultats préliminaires encourageant n’ont été que récemment confirmés par des études portant sur un suivi plus long. Le taux de récidive se situe entre 12 et 15% à 18-36 mois. A un an, la satisfaction est bonne à excellente chez 92% des sujets avec hémorroïdes de grade 2, 84% avec grade 3 et 41% avec grade 4. Les avantages de la technique sont sa facilité d’apprentissage, sa sécurité et l’absence de contre-indications. Il est possible de répéter l’intervention ou d’opter pour une autre technique en cas de récidive. La SH et la HAL représentent des alternatives intéressantes et devraient être proposées en fonction des objectifs recherchés. Ces techniques offrent une diminution des douleurs post-opératoires au prix de récidives plus fréquentes par rapport à la chirurgie d’exérèse conventionnelle.

(Tiré de l’article de Dr Y. Cerantola & coll., publié dans la Revue médicale suisse 2009 ; 5 : 210-4).