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Les numéros d'urgences

7 questions que vous vous posez sur les urgences

Plus de 35’000 patients ont été accueillis par le Service des urgences du CHUV en 2008. Environ 600, soit moins de 2%, ont choisi de rentrer chez eux avant même d’avoir rencontré le médecin, excédés par les délais de prise en charge. Qu’est-ce qui ce cache derrière cette attente? Décryptage en sept questions.


1. Pourquoi dois-je attendre?

Accueil aux urgences

Au Québec, un patient passe en moyenne dix-sept heures aux urgences avant d’être hospitalisé ou de pouvoir rentrer chez lui. Ce chiffre, relayé par la presse québécoise, concerne la période 2008-2009. A titre de comparaison, ces délais n’atteignent actuellement que quatre à cinq heures aux urgences du CHUV. Ils font des mécontents. Ils s’expliquent pourtant. Les urgences de l’Hôpital universitaire lausannois ont enregistré une hausse de fréquentation de 8% en 2008, et de 5% supplémentaires en 2009.

En cause: le vieillissement de la population, mais aussi les mutations sociales. Les usagers n’ont souvent pas de médecin de famille ou consultent tout simplement aux heures où les cabinets médicaux sont fermés.

Environ 150 personnes se présentent chaque jour aux urgences. Certains viennent par leurs propres moyens. D’autres sont amenés par ambulance. Un millier de patients par an sont même acheminés par hélicoptère. Les pics d’affluence sont prévisibles (entre 12h et 20h par exemple) et la taille des équipes adaptée en conséquence. Impossible, par contre d’anticiper la gravité de l’état des patients. En tout temps, une réanimation peut monopoliser cinq à dix infirmiers et médecins pendant une heure. Il est par conséquent très difficile de renseigner les usagers sur les délais d'attente exacts.


2. Pourquoi lui et toujours pas moi?

Lors de l’arrivée d’un patient à l’accueil des urgences du CHUV, un infirmier spécialisé procède à une première évaluation avant même les formalités administratives. Grâce aux questions posées et à la mesure des paramètres vitaux comme la tension artérielle ou le pouls, il évalue le degré d’urgence des cas et oriente les usagers. Pendant les heures d’ouverture, certains patients sont directement dirigés vers la Policlinique médicale universitaire pour une prise en charge ambulatoire. Ces cas sont «triés» selon quatre degrés d’urgence.

Lorsque les signes vitaux sont gravement altérés, la prise en charge est immédiate. Il s’agit du degré d’urgence numéro un. Ces patients sont traités dans la salle de déchoquage et peuvent mobiliser, rappelons-le, une équipe médicale très importante. Lorsque l’urgence est de degré deux, les patients n’attendent pas plus de vingt minutes. Leur état peut se dégrader très rapidement. L’ordre de prise en charge des patients n’est donc pas l’ordre d’arrivée, mais bien celui que la gravité des symptômes impose. Avec pour conséquence que les urgences de degré trois et quatre doivent patienter jusqu’à ce que les équipes aient «stabilisé» les cas graves.


3. Qui sont tous ces gens qui me soignent?

Infirmière de tri, deuxième infirmière, médecin stagiaire, médecin assistant, chef de clinique… Les patients se plaignent parfois d’assister à un véritable défilé. Ces situations peu confortables découlent de la vocation universitaire de l’hôpital: dans la plupart des cas, un médecin assistant interroge le patient et pratique le premier examen physique, pour se faire une idée des symptômes et de leurs causes. Il peut, le cas échéant, demander des examens complémentaires comme des analyses de sang, des radiographies, un ultrason ou un scanner. Un médecin aîné (chef de clinique ou médecin cadre) confirme ensuite les options prises par le médecin assistant.

Ce sont des décisions très importantes, compte tenu du fait que les ressources humaines et technologiques utilisées pour ce patient ne seront plus immédiatement «disponibles» pour un autre arrivant. Le médecin aîné peut également requérir l’avis d’un spécialiste, par exemple un neurologue lorsque des maux de tête paraissent inhabituels. Des spécialistes qui ne sont pas toujours disponibles: ils ont également d'autres patients sous leur responsabilité. Mais lorsqu’ils sont sollicités pour donner leur avis sur une personne admise aux urgences, ils peuvent, à leur tour, demander des examens complémentaires.

Accueil aux urgences


4. J’ai attendu cinq heures, on ne m’a rien fait et on m’a dit que je pouvais sortir. Pourquoi?

Vous l’aurez compris, l’attente aux urgences découle d’une prise en charge extrêmement complexe, qui permet aux patients d’accéder à de nombreuses technologies et à des spécialistes. La plupart du temps, ces processus ont lieu hors de la présence du patient, qui peut se sentir laissé pour compte. Même la décision de «laisser partir» un patient sans exa-mens complémentaires met en jeu un long processus de validation impliquant le médecin aîné et les spécialistes.

Ce temps d’attente, alors même qu’il est «subi» par le patient, permet d’observer l’évolution des symptômes. Une évolution qui joue un grand rôle pour le médecin qui doit évaluer si le patient peut rentrer chez lui sans risque.