CHUV
Les activités du CHUV
MENU
Accueil > list of news > News and Events - Detail
Centre hospitalier universitaire vaudois
fermer

Du nouveau dans la compréhension de nos rêves

Francesca Siclari, Cheffe de clinique au Centre de recherche et d'investigation sur le sommeil au CHUV vient de publier les résultats d'une étude sur les rêves dans la prestigieuse revue Nature Neurosciences.

Publié par Francesca Siclari

 

Les corrélations neuronales des rêves

La Dre Francesca Siclari, spécialiste des rêves, a publié les résultats de son étude dans la revue Nature neurosciences le 10 avril dernier. L'étude remet en question la compréhension actuelle du modèle de l'activité cérébrale qui se rapporte aux rêves.

Le rêve est une forme de conscience particulière qui survient pendant le sommeil. Au cours d’une nuit de sommeil, la conscience varie fortement: elle peut être absente, ou présente sous forme de pensées, d’images ou de rêves.

Qu’est-ce qui détermine ces changements de conscience ? Car s’il est vrai que la plupart des rêves survient en sommeil paradoxal (REM), quand l’activité cérébrale est très rapide, on sait maintenant qu’on peut rêver et avoir des expériences aussi en sommeil Non-REM, quand l’activité cérébrale est très lente. En plus, parfois même en sommeil REM les sujets ne rapportent pas de rêves. Ceci pose donc un problème dans la compréhension des rêves et plusieurs théories ont été avancées pour expliquer la survenue "paradoxale" des rêves dans des stades de sommeil avec une activité cérébrale très différente.

Dans cette étude, la Dre Siclari et son équipe ont essayé de répondre à cette question utilisant une technique appelée EEG à haute résolution, qui permet de localiser l’activité cérébrale à la surface du cerveau avec une haute précision, grâce à 256 électrodes qui sont placés sur la tête et le visage. Elle explique: "Nous avons réveillé les participants à plusieurs moments de la nuit pour leur demander s’ils avaient eu des rêves ou non. Nous avons ensuite comparé l’activité cérébrale entre les périodes où les sujets disaient avoir rêvé et les périodes où ils n’avaient pas eu d’expériences. Nous avons trouvé qu’indépendamment du stade du sommeil, les expériences et les rêves survenaient quand une zone postérieure du cerveau (que nous avons appelé ‘posterior hot zone’) était active."

 Ceci explique que les rêves peuvent survenir dans des stades du sommeil différents, pourvu que cette zone soit active, indépendamment de l’activité dans le reste du cerveau. Dans une deuxième expérience, en suivant l’activation dans cette zone du cerveau en temps réel, la Dre Siclari relate: nous avons réussi prédire la présence de rêves et l’absence d’expériences avec une précision de presque 90%. Finalement, nous avons pu identifier que les zones cérébrales qui étaient activées quand les sujets rêvaient de certains contenus (visages, mouvements, langage, aspects spatiaux, pensées) étaient très similaires aux zones qui s’activent en veille lorsqu’on perçoit ces mêmes contenus. Ceci montre que les rêves recrutent les mêmes zones cérébrales que nos expériences pendant la veille." Le rêve est donc bel et bien une expérience qui survient pendant le sommeil, et non une confabulation produite au réveil, comme cela est encore parfois soutenu.

 

Lexique:

Le sommeil paradoxal, connu également comme le sommeil REM (Rapid Eye Mouvement), fait suite au sommeil lent (“sommeil à ondes lentes” désignant les stades 3 et 4), et constitue le cinquième et dernier stade d'un cycle du sommeil. Une « nuit » comprend de 3 à 6 cycles successifs d'une durée chacun de 90 à 120 minutes. Chez une personne normale, la durée du sommeil paradoxal occupe environ 25 % de la durée d'une nuit, et s'accroît à chaque cycle jusqu'au réveil1.

 





Dernière mise à jour le 21.07.2017 15:36