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Une meilleure vie pour les diabétiques

Le diabète est une pathologie qui, en plus des dommages qu’elle provoque dans l’organisme, s’avère également contraignante dans le quotidien des malades. Des équipes du CHUV travaillent d’arrache-pied pour leur permettre d’avoir une vie la plus normale possible.


Il y a encore une quinzaine d'années, être atteint de diabète était synonyme de nombreux rendez-vous médicaux, et de grandes difficultés pour continuer toute pratique sportive, incompatible avec le risque d'hypoglycémie pendant et après l'effort, ainsi que les fréquentes piqûres d’insuline et la nécessité de contrôler son taux de sucre plusieurs fois par jour. Mais aujourd’hui, une personne atteinte de diabète peut vivre normalement avec, pour tout bagage, une pompe à insuline de la taille d’une toute petite sacoche ou des stylos d’insuline.

Mais la technique seule ne suffit pas; et vers les années 80, la Suisse fut une pionnière dans la recherche sur le diabète en lançant un profond bouleversement du rapport que le ou la diabétique entretenait jusqu'alors avec sa maladie, grâce au concept de l'éducation thérapeutique, initié par le Prof. Jean-Phillipe Assal des Hôpitaux universitaires genevois. Le but? Rendre au patient ou à la patiente son indépendance et sa liberté au quotidien, tout en diminuant les consultations à l’hôpital. Aujourd’hui, plus de 2600 personnes ayant fait le choix de la pompe à insuline (d’autres alternatives restent possibles) vivent en Suisse. Avec un impact extrêmement positif pour leur santé et leur bien-être.

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2 exemples de pompes à insuline utilisées au CHUV.

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Apprendre à vivre avec sa maladie

Pour accompagner au mieux les patient-e-s dans cette démarche, il était devenu nécessaire de transformer la façon qu’avait l’hôpital de gérer le diabète, en intégrant une participation active du patient ou de la patiente. L’équipe du Dr Juan Ruiz, du Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme du CHUV, s’est donc lancé dès 1997 dans l’élaboration d’un programme de traitement ambulatoire du diabète après la décompensation diabétique inaugurale. "Ce que nous voulons, explique le diabétologue, c’est fournir le cadre hospitalier adéquat qui puisse former le patient à se traiter seul, mais sans le stigmatiser. Et l’une des solutions que nous avons développées, c’est l’organisation de rencontres entre patients, afin qu’ils puissent échanger leurs expériences et leurs manières de gérer leur diabète. Nous autres médecins et soignants apprenons également beaucoup lors de ces séances. Nous ne sommes pas dans une maîtrise complète de la maladie, mais nous (les patients et les soignants) avons une bien meilleure gestion de l'incertitude, ce qui permet aux patients dont les résultats varient pour des raisons inconnues de mieux y faire face."

La formation de base pour les porteurs de pompe (comment poser un cathéter, gérer son alimentation en fonction de ses activités, etc.) est toujours dispensée par le personnel de l’hôpital mais en mode ambulatoire (hôpital de jour). Pour la crise inaugurale la durée d’hospitalisation est passée de onze jours à 6 heures! «Nous sommes encore dans une phase pilote, mais nous obtenons d’excellents résultats, se réjouit le Dr Ruiz. Nous fournissons un cadre de base qui permet à chaque patient d'adapter le traitement à son mode de vie. C'est un inversement du paradigme: avant l'éducation thérapeutique, c'était le mode de vie du patient qui devait s'adapter au traitement."

Le 5 juillet 2010, le canton de Vaud a lancé un vaste programme cantonal de lutte contre le diabète. Les travaux de l’équipe du Dr Ruiz rejoignent la quarantaine d’actions menées dans ce cadre, allant de la prise en charge à la prévention. Il faut dire que le nombre de personnes atteintes par le diabète explose: alors que l’on en comptait 30 millions en 1985, on estime que le nombre de diabétiques atteindra un demi-milliard en 2030! Parmi eux, la majorité est de type 2, dont l’origine s’explique souvent par un mode de vie inadéquat. Et la maladie demeure une des causes de mortalité les plus fréquentes dans les pays occidentaux et dans les pays émergents.