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Le cerveau livre quelques-uns de ses secrets


Une photographie suffit pour évaluer le contenu en matières grasses d’un aliment

Une étude parue en février 2009 dans Neuroimage révèle que le cerveau humain évalue le contenu en matières grasses des aliments simplement en regardant leur photographie.

Des adultes en bonne santé devaient en effet différencier des photographies représentant des aliments ou des ustensiles de cuisine, tandis que leur activité cérébrale était mesurée par électroencéphalographie (EEG). Sans que les participants le sachent, les photographies d’aliments étaient réparties en deux sous-catégories définies par leur faible ou leur haute teneur en matières grasses.

Le cerveau livre quelques-uns de ses secrets



En moins de 200 millisecondes après avoir vu les photographies, l’activité cérébrale des
participant-e-s était non seulement différente en réponse aux deux catégories d’objets présentés, mais aussi en réponse aux deux sous-catégories d’aliments définies en fonction de leur contenu en matières grasses.





En moins de 200 millisecondes après avoir vu les photographies, l’activité cérébrale des participant-e-s était non seulement différente en réponse aux deux catégories d’objets présentés, mais aussi en réponse aux deux sous-catégories d’aliments définies en fonction de leur contenu en matières grasses.

Cette étude a été menée par des neuroscientifiques du CHUV en collaboration avec l’UNIL, le Centre d’imagerie biomédicale (CIBM) et le Centre de recherche Nestlé, à Lausanne. Pour le Dr Micah Murray, chercheur au Service de neuropsychologie et neuroréhabilitation du CHUV, "cette collaboration a permis de révéler pour la première fois l’étude de ces processus chez l’être humain, nous renseignant sur quand et où les choix liés à la nourriture sont effectués dans le cerveau”.

Elle a débouché sur la découverte que le cerveau adulte humain est en mesure d’estimer le contenu en matières grasses d’un aliment sur la base d’une simple information visuelle et que ce processus a lieu en moins de 200 millisecondes.

Les sons menaçants stimulent la perception visuelle

Une autre étude conduite par des chercheur-euse-s de l’UNIL-CHUV et de l’Université de Glasgow montre que les bruits menaçants excitent le cortex visuel et stimulent la perception visuelle. Le bruit d’une voiture en pleine accélération ou l’écho léger de pas qui nous suivent dans une rue sombre nous font non seulement dresser l’oreille, mais nous aident également à mieux voir.

En déterminant exactement quand et où les interactions entre l’ouïe et la vue se produisent, l’étude réfute ce qu’on pensait jusqu’ici de la ségrégation relative entre l’ouïe et la vue lors des perceptions d’entrée.

L’étude a mesuré l’excitabilité du cortex visuel chez des adultes sains par une stimulation artificielle de la zone où il se situe par le biais de stimulations magnétiques transcrâniennes. La stimulation se traduit par la perception de flashs appelés "phosphènes", semblables à ceux qui sont créés lorsque vous vous frottez les yeux. Les phosphènes ont été augmentés, radicalement et de manière sélective, par des sons menaçants par rapport à un ensemble de stimuli de contrôle. Et cette réponse a eu lieu trente-cinq millisecondes avant que les participants n'aient été capables de distinguer consciemment le son.

Pour le Dr Micah Murray, “cette étude montre à quel point nos idées sur l’organisation et la perception du cerveau doivent être modifiées”. Mais ces résultats ne défient pas seulement les modèles d’organisation du cerveau établis depuis longtemps, ils ouvrent également la porte à de nouvelles stratégies de réhabilitation, par exemple pour les déficients visuels et les aveugles.


Texte extrait du Rapport annuel 2009 du CHUV