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Effets sur la santé

Introduction

Certains problèmes de santé tels que l’hépatite alcoolique, la pancréatite aiguë, les accidents et les suicides peuvent surgir après une consommation d'alcool même de courte durée, alors que la cirrhose du foie, les maladies du cœur et les cancers se développent plus lentement, se manifestant après des années de consommation. On distingue par conséquent les problèmes de santé compliquant l’alcoolisation aiguë de ceux donnant suite à une consommation à risque s’étendant sur des années.

La gueule de bois

Ce ne sont probablement ni l’alcool lui-même ni ses produits de dégradation qui sont à l’origine des symptômes de la gueule de bois, mais plutôt les congénères, c’est-à-dire les substances contenues dans les boissons alcooliques comme le méthanol, l’histamine ou les polyphénols. Le méthanol et ses produits de dégradation, fomaldéhydes et acide formique ont été soupçonnés d’expliquer tout ou une partie des symptômes de la gueule de bois: maux de tête, soif, sudations et vertiges. Les alcools qui contiennent un taux relativement élevé de méthanol comme le vin, le bourbon ou le brandy sont à l’origine de gueules de bois plus intenses que ceux qui n’en contiennent que peu (vodka) ou pas (alcool pur).

L’alcool au volant

En Suisse, 8 personnes meurent chaque jour en raison d’accidents ou de maladies influencées par l’alcool dont 3 dans un accident de voiture (ISPA, 1997). Certains réflexes étant diminués avec une alcoolémie de 0.2 o/oo, l’aptitude à conduire un véhicule est altérée après 1 à 2 verres déjà plus plus on consomme d'alcool, plus les capacités à conduire un véhicule sont diminuées. On a également observé aux Etats-Unis une forte réduction des accidents graves de la route parallèlement au renforcement des sanctions pénales et administratives prises contre les conducteurs pris de boisson, par des contrôles systématiques d’alcoolémie, par une réduction du taux autorisé d’alcoolémie au volant et par l’élévation de l’âge légal de conduite.

Les médicaments et l’alcool

L'alcool interagit de manière négative avec plus de 150 médicaments dont la plupart sont d’utilisation courante. Si vous êtes traités par des anti-allergiques, des tranquillisants, des médicaments contre la toux ou des antidépresseurs et que vous consommez de l'alcool, les effets tels que la somnolence et le manque de concentration normalement induits par ces médicaments seront renforcés par l’association du médicament avec l’alcool, rendant la conduite d'un véhicule à moteur ou la manipulation de machines sensiblement plus dangereux. L’association d’alcool avec des anti-douleurs tels que le Panadol® (paracetamol) peut être à l’origine de lésions graves au niveau du foie. L’Aspirine® (acide acétylsalicylique) est également contre-indiquée en association avec l’alcool, en particuliers chez les conducteurs de véhicules ou de machines en raison du risque de saignement et d’une augmentation de la toxicité de l’alcool, car la prise d’aspirine augmente brutalement le taux d’alcool dans le sang. Certains médicaments utilisés dans le traitement du diabète et quelques antibiotiques provoquent en association avec l’alcool le même effet que l’Antabus, soit un malaise sérieux associés à des palpitations, une rougeur du visage, des nausées et des vomissements. Votre médecin ou votre pharmacien sont à disposition pour vous informer en détail sur les interactions de vos médicaments avec l'alcool.

L’âge et l’alcool

On peut considérer que les problèmes d’alcool sont fréquents chez les personnes âgées. Les chiffres varient en fonction des pays, des groupes ethniques et des échantillons de personnes, les problèmes d’alcool étant en général plus fréquents dans des groupes de patients que dans la population générale. Une étude réalisée aux Etats-Unis dans un collectif de patients de plus de 60 ans consultant un médecin généraliste montrait que 15% des hommes et 12% des femmes étaient des consommateurs à risque (selon définition Tableau 1) alors que 10% des hommes et 3% des femmes étaient alcoolo-dépendants (selon définition Tableau 2).

Avec l'âge certaines fonctions physiques et mentales tendent à diminuer, entre autres celle de la vue, de l'ouïe et le temps de réaction. D’autres part, les personnes âgées consomment des médicaments qui, en association avec de l’alcool, peuvent accentuer ces phénomènes. Certains changements dans le fonctionnement de l'organisme peuvent contribuer au fait qu'une personne âgée, même en ne buvant qu'une faible quantité d'alcool, peut se sentir ivre. C'est pour ces raisons que les personnes âgées ont plus de risques de tomber ou d'avoir un accident de circulation après avoir consommé de l'alcool. Ce risque est associé à des problèmes médicaux liés à l’alitement prolongé qui suit parfois un accident tels qu’escarre, thrombose ou pneumonie.

La femme et l’alcool

Les femmes, à consommation égale, développent des taux sanguins d’alcool (alcoolémie) plus élevés que les hommes. Cette différence existe même si l'on tient compte du poids corporel. Ce phénomène s’explique d’une part parce qu’il y a proportionnellement moins d'eau dans le corps d'une femme que dans celui d'un homme et que, l’alcool ingéré sera par conséquent plus concentré dans le corps de la femme que dans celui de l’homme. D’autre part, les femmes éliminent moins d’alcool au niveau de l’estomac, il y donc une plus grande proportion de l’alcool ingéré qui se mélange dans le sang des femmes que celui des hommes. Ces explications contribuent au fait que la limite définissant la consommation à risque chez la femme est de deux verres par jour alors qu’elle est de trois verres par jour pour l'homme. Par conséquent, à quantité égale, l'alcool a des conséquences plus lourdes pour la santé de la femme que pour celle de l’homme. La dépendance à l'alcool et les problèmes associés comme les atteintes du foie et du cerveau surviennent après une période plus courte d’intoxication chez la femme et ont une évolution plus rapidement défavorable.

La grossesse et l’alcool

Si vous êtes enceinte ou souhaitez l'être, vous pouvez prévenir le risque d'anomalies chez votre enfant en ne buvant aucune boisson alcoolisée pendant la grossesse. Sachez que lorsque vous êtes enceinte, tout ce que vous buvez est également bu par votre enfant. De plus, l'alcool est à l’origine d'un certain nombre de malformations foetales, les plus graves étant regroupées sous le terme de Syndrome alcoolique foetal. Le Syndrome alcoolique foetal constitue le 3ème handicap majeur de l’enfant après la trisomie 21 (mongolisme) et les anomalies du tube neural (système nerveux). Certaines études montrent qu’un à deux verres par jour pendant la grossesse sont associés à des manifestations mineures du Syndrome alcoolique foetal qui ne s’exprime complètement que chez les mères alcoolo-dépendantes. Le syndrome complet se manifeste par un handicap physique et mental impliquant des troubles comportementaux importants, alors que les manifestations "mineures" comprennent un retard de croissance, des difficultés scolaires et des troubles du comportement. Vu que les études scientifiques n'ont pas su définir avec précision les quantités d'alcool associées à un risque augmenté de problèmes chez l’enfant, il est fortement conseillé de s'abstenir de boire de l'alcool durant toute la grossesse. Il est également important de préciser que la consommation d’alcool pendant l’allaitement peut provoquer des convulsions chez le nouveau-né.

Le cœur et l’alcool

De nombreuses études rapportent que les hommes et les femmes qui consomment modérément (1-2 verres par jour) ont moins de risque de développer des maladies du coeur que ceux qui ne consomment pas du tout d’alcool ou que ceux qui en consomment beaucoup. Des petites quantités d'alcool aident en effet à prévenir des maladies cardio-vasculaires par l'augmentation du "bon" cholestérol, et diminuant ainsi le risque de formation de caillots sanguins dans les artères coronaires (vaisseaux irriguant le cœur), phénomène responsable de l’infarctus.
Ainsi, une consommation modérée d’alcool peut avoir un effet protecteur sur le coeur, plus particulièrement sur les personnes à risque cardiaque élevé: les hommes à partir de 45 ans, les femmes après la ménopause, les fumeurs, les diabétiques, les hypertendus (tension artérielle chroniquement trop élevée) et les personnes ayant des taux de cholestérol trop élevés dans le sang, en particuliers qui cumulent plusieurs parmi ces facteurs de risque. Toutefois, une consommation d’alcool à risque augmente le danger d'hypertension artérielle, à l’origine d’attaques cérébrales (accident vasculaire cérébral).

Si vous êtes abstinent, il ne faut pas commencer à consommer de l'alcool pour vous protéger des maladies du cœur et des vaisseaux sanguins. Une activité physique régulière et une alimentation pauvre en graisses constituent la meilleure prévention. Si vous êtes enceinte ou souhaitez le devenir, si vous êtes alcoolo-dépendant, si vous souffrez d’une maladie qui peut être aggravée par la consommation d'alcool, vous devriez vous abstenir de boire.

Le foie et l’alcool

Les maladies du foie sont les complications physiques de l’excès d’alcool les plus fréquentes. Le foie est un organe vital impliqué dans la fabrication et la transformation des protéines, des graisses et des sucres dans la coagulation du sang et dans de la dégradation de l’alcool et de certains médicaments.
L’hépatite alcoolique est une inflammation aiguë du foie qui succède en général à une consommation d’alcool très importante, observées en général chez des alcoolo-dépendants mais qui survient également chez des consommateurs à risque parfois très jeunes. L’hépatite alcoolique est mortelle dans 10 - 40% des cas. Elle se manifeste par de la fièvre, une jaunisse (coloration jaune anormale de la peau, du blanc des yeux et des urines) et des douleurs abdominales. En cas d'arrêt de la consommation, l'hépatite alcoolique est souvent réversible. La cirrhose du foie constitue le dernier stade de l’inflammation du foie, le tissu normal étant remplacé par une cicatrice et le fonctionnement du foie est dangereusement altéré. La cirrhose du foie se rencontre chez 10 à 20% des alcoolo-dépendants dans les unités de traitement spécialisé. Même si la cirrhose n'est pas réversible, la survie augmente sensiblement si la consommation d'alcool cesse. Les personnes atteintes de cirrhose se sentent alors souvent mieux et le fonctionnement de leur foie s'améliore. On peut rencontrer des cirrhoses chez des buveurs à risque non alcoolo-dépendants, en particuliers chez les femmes et les porteurs d’hépatites virales chroniques telle que l’hépatite C. La transplantation du foie constitue alors aujourd’hui l’ultime recours. Cette intervention est bien entendu conditionnée par le nombre de foies disponibles; elle permet d’observer la survie de 70% des malades 5 ans après l’opération et coûte approximativement 100'000 francs.

Le pancréas et l’alcool

Le pancréas aide à la régulation du taux de sucre dans le sang en sécrétant de l'insuline. Il joue également un rôle déterminant dans la digestion des aliments. La consommation d'alcool à risque est à l’origine de pancréatite (inflammation du pancréas), affection potentiellement mortelle se manifestant par des douleurs abdominales, des vomissements et une perte pondérale.

Les cancers et l’alcool

La consommation d'alcool est associée à une augmentation du risque de développer certains types de cancer comme le cancer de l'oesophage, de la bouche, de la gorge et du larynx (cancers de la sphère ORL). Les femmes consommant plus de deux verres par jour présentent un risque accru de développer un cancer du sein, alors que des consommations d’alcool, dépassant de peu les limites de la consommation à risque ont été associées à une augmentation de l’incidence du cancer du gros intestin (colon et rectum).

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Dernière modification le 24.10.2009 - Impressum - Informations juridiques

 
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