Interview du Dr Dominik Berthold

SOIGNER ENSEMBLE LE CANCER DE LA PROSTATE

Le Centre de la prostate réunit médecins et infirmier-ère-s spécialisé-e-s dans la prise en charge des maladies de la prostate, y compris en cas de cancer. Son but est d’offrir à chaque patient les soins les plus adaptés à sa situation. Précisions par le Dr Dominik Berthold, médecin associé en oncologie médicale.

Quel est le rôle d’un centre?

Le concept de centre a été développé au CHUV pour assurer la concertation et la coordination des différents spécialistes qui sont impliqués dans le diagnostic ou le traitement d’une maladie. En l’occurrence, le Centre de la prostate réunit nos experts en urologie, oncologie médicale et radio-oncologie. Désormais, ce ne sont plus les patients qui doivent se rendre d’un spécialiste à l’autre. Ce sont mes collègues médecins et le personnel des soins, qui nous organisons autour d’eux.

Concrètement, qu’est-ce que cette réunion de spécialistes leur apporte?

Plusieurs avantages! Au niveau de la prévention déjà, il est précieux de pouvoir proposer nos compétences aux hommes qui sont préoccupés par cette maladie.

Et au niveau des traitements?

Le centre leur offre une vision exhaustive des thérapies standards, qui sont déjà nombreuses! D’entente avec le patient, nous évaluons et discutons des avantages et inconvénients de chaque option. Enfin, étant impliqués dans le milieu de la recherche universitaire, mes confrères et moi avons la possibilité de proposer certaines innovations thérapeutiques. Celles-ci comprennent des technologies ou des équipements de dernière génération, utilisés en urologie et radio-oncologie. Je peux citer notamment le Cyberknife, le HIFU (Ultrasons Focalisés de Haute Intensité) et la biopsie ciblée.

Quel est le profil des patients que vous recevez en consultation?

Ils ont, pour la plupart, entre 50 et 75 ans. Ils ont soit un nouveau diagnostic ou en situation de récidive. Grâce à notre collaboration avec la Policlinique médicale universitaire (PMU), de plus en plus de patients souhaitent en savoir davantage sur les méthodes de diagnostic, mais aussi être conseillés sur les différentes options thérapeutiques.

Est-ce que les hommes sont aujourd'hui plus attentifs à cette maladie?

Je dirais que le sujet est moins tabou. Les médias ont certainement contribué à cette tendance. Je remarque aussi que de nombreux patients viennent en consultation accompagnés par leur épouse ou leur partenaire. Celles-ci d’ailleurs jouent un rôle actif dans le choix des traitements.

Êtes-vous favorable à une démarche de dépistage dès la cinquantaine?

Il est en effet raisonnable de discuter avec les médecins des avantages et désavantages d'un dépistage avant d’effectuer un test PSA (une protéine qui sert à déceler des modifications pathologiques de la prostate) à cet âge-là, lors d’un bilan de santé général. Notre responsabilité à nous, en tant que professionnels, est de ne pas d’emblée prescrire un traitement ou une chirurgie.

L’interprétation des résultats d’un premier bilan doit être raisonnée et attentive. Une surveillance active, comprenant des examens réguliers, peut être la solution pour certains patients. À titre d’illustration, il faut savoir qu’au-delà de 80 ans, un cancer de la prostate peut être diagnostiqué chez 80% des hommes, mais seuls 3% de ceux-ci décèderont des suites de cette maladie.

 Dernière mise à jour le 22/11/2017 à 18:22