La recherche en médecine communautaire

« La force du DUMSC, c’est sa diversité »

Qu’est-ce que la recherche en médecine communautaire ? Comment le Département universitaire de médecine et santé communautaires (DUMSC) s’implique-t-il pour répondre aux besoins de la population en matière de santé publique ? Interview de Murielle Bochud, présidente de la commission de recherche depuis 2012.

La médecine communautaire, c’est quoi ?

C’est une médecine qui traite des grands problèmes de santé publique, au niveau de la communauté. Elle se focalise sur les aspects de promotion de la santé et de prévention des maladies, plutôt que sur un aspect strictement thérapeutique.

Quelles sont les priorités en matière de recherche communautaire ?

En Suisse, aujourd’hui les grands problèmes de santé sont les maladies oncologiques (cancers), cardiovasculaires, psychiatriques (dépressions, anxiété) ainsi que les troubles ostéo-articulaires. Pour prévenir ces maladies, le DUMSC s’intéresse aux facteurs de risques : la consommation de tabac, d’alcool ou de substances qui induisent la dépendance, l’inactivité physique et l’alimentation déséquilibrée.

Une des campagnes de santé publique actuelle vise à réduire la consommation de sel dans l’alimentation de la population suisse. Une consommation de sel élevée est associée à une augmentation de la pression artérielle (hypertension). Or, l’hypertension artérielle constitue un facteur de risque modifiable des maladies cardiovasculaires. Un adulte sur trois est touché par l’hypertension artérielle en Suisse. Les personnes en surpoids, peu actives physiquement ou qui ont une alimentation déséquilibrée ont plus de risques de développer cette maladie. Le DUMSC va donc étudier les facteurs qui retardent la survenue de l’hypertension artérielle et ceux qui la favorisent.

Quel est le point fort du DUMSC ?

Sa diversité : l’unité d’éthique, la médecine légale, la médecine sociale et préventive, l’histoire de la médecine, les sciences infirmières, la médecine du travail, l’alcoologie et la Policlinique médicale universitaire sont regroupées sous le même chapeau. C’est un atout pour la recherche, qui a tendance à devenir de plus en plus interdisciplinaire.

Un autre point fort est la proximité du Département avec l’hôpital. Dans certaines villes - Genève et Berne notamment - la médecine sociale et préventive, par exemple, est reliée à l’Université. Pour nous à Lausanne, le fait que l’IUMSP soit en lien avec l’hôpital est un avantage considérable pour faciliter le recrutement et la collaboration avec les cliniciens.

Le DUMSC s’est doté d’une commission de recherche depuis 2002. Quel est son rôle ?

Cette commission est une sorte de plateforme de démarrage pour les jeunes chercheurs du DUMSC. Elle soutient des projets qui auraient du mal à trouver un financement par d’autres sources, tel que le Fonds national suisse (FNS) par exemple. Elle favorise les synergies et les collaborations à l’intérieur du département : les projets doivent impliquer une collaboration entre deux unités du DUMSC au minimum.

En tant que citoyen, lorsqu’on est sollicité par un chercheur, comment s’assurer du sérieux de son travail ?

La recherche sur l’Homme est effectuée dans un cadre extrêmement réglementé. Les différents projets doivent avoir été approuvés par la Commission d’éthique cantonale, et la protection des données doit être assurée, en collaboration avec le service informatique du CHUV. Lorsque le projet engage le participant à suivre un traitement, l’étude doit être préalablement autorisée par Swissmedic, l’institution nationale de contrôle des médicaments et dispositifs médicaux. La personne qui participe -volontairement- doit signer un consentement, même pour un prélèvement de sang ou d’urine.

Exception : l’utilisation de données systématiques. Ces données sont collectées de manière anonyme au sein de l’hôpital. Elles concernent des groupes de patients et sont utilisées à des fins statistiques.

A qui servent ces résultats ?

Cela dépend beaucoup de la nature du projet. Les résultats permettront au corps médical de proposer de nouvelles solutions de soin. Soins dont bénéficiera la population directement.

Murielle Bochud est professeure assistante à l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP), médecin spécialiste en santé publique avec un doctorat en épidémiologie génétique. Ses recherches se concentrent principalement sur l’épidémiologie et les facteurs de risques cardio-vasculaires. Depuis 2012, elle préside la commission de recherche du DUMSC.

Commission de recherche

Contact

Professeur Murielle Bochud
Institut universitaire de médecine sociale et préventive
Route de la Corniche 10
1010 Lausanne
Tél. +41 21 314 0899
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Dernière mise à jour
le 28/11/2017 à 21:28