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Service et Laboratoire central d'hématologie
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Myélome multiple

Le myélome multiple se développe dans la moelle osseuse à partir de cellules de la lignée lymphocytaire, et consiste en l’accumulation de plasmocytes. Les cellules cancéreuses remplacent petit à petit les plasmocytes sains et les autres cellules saines de la moelle. Elles produisent de manière anormale et excessive un seul type d’anticorps, souvent par ailleurs peu ou pas fonctionnel (c’est à dire qui ne lie pas d’antigène relevant).


Manifestations

Les manifestations les plus fréquentes sont une synthèse d'anticorps anormaux avec un affaiblissement des défenses immunitaires. Ces anticorps peuvent occasionner une diminution de la fonction rénale par dépôts. La prolifération des plasmocytes cancéreux engendre fréquemment une atteinte osseuse avec parfois des fractures.

Les symptômes sont caractérisés par une fatigue et une perte de poids. Il est à noter que 10% des cas sont asymptomatiques.


Diagnostic

Un-e hématologue reçoit le ou la patient-e en consultation au Centre coordonné d’oncologie (CCO). Un bilan médical complet est effectué. Le diagnostic est établi sur la base des différents symptômes et grâce à des examens spécifiques. Ils comprennent généralement une prise de sang, une ponction et une biopsie de la moelle osseuse. Des examens histologiques et cytologiques sont réalisés sur ce prélèvement. Un examen radiologique peut être nécessaire: un IRM ou un scanner du corps entier pour visualiser le squelette. Un bilan général ciblé est effectué pour évaluer la résistance du corps aux possibles traitements.

Sur la base de ces résultats, un colloque réunit différents spécialistes (hématologues, pathologues, radio-oncologues, médecins nucléaristes) pour convenir de la stratégie thérapeutique à adopter.


Traitements

Les traitements visent à éliminer les cellules cancéreuses. Ils se déclinent sous forme de chimiothérapie d’intensité et de durée variables. Ces traitements médicamenteux sont, la plupart du temps, administrés par injection intraveineuse ou sous-cutanée, ou sous forme de comprimés. Les molécules anticancéreuses pénètrent dans la circulation sanguine pour atteindre la moelle osseuse et détruire les cellules plasmocytaires cancéreuses.

Si l’état général du patient le permet, il est traité en ambulatoire au Centre coordonné d'oncologie (CCO). En cas de nécessité, il est hospitalisé dans le Service d’oncologie médicale.

Deux approches thérapeutiques sont indiquées en fonction de l’âge du patient:

  1. En dessous de 65 ans, une chimiothérapie, dite «d’induction», est d’abord engagée. Celle-ci précède une transplantation de cellules souches sanguines de type autogreffe. Le patient est hospitalisé dans le Service d’oncologie médicale pour une récolte des cellules souches. Lorsque leur quantité est suffisante, le prélèvement est réalisé dans l'Unité d'aphérèse de Transfusion Interrégionale CRS. Le patient est ensuite hospitalisé dans les services d’oncologie médicale ou des maladies infectieuses pour recevoir une chimiothérapie intensive. Deux jours après la fin de ce traitement, les cellules souches sont réinfusées.

    En cas de complications infectieuses, les médecins du Service des maladies infectieuses sont responsables de la prise en charge du patient. Quant aux hématologues, ils s’assurent que son traitement soit adapté et se déroule correctement.

  2. Pour les patient-e-s au dessus de 65 ans, le traitement ambulatoire est similaire, mais il s’étend sur une plus longue durée. Il n’implique pas de traitement intensif de type autogreffe.

Les patient-e-s sont parfois hospitalisé-e-s dans le Service des urgences si leur état s’aggrave. Ils peuvent être également transférés dans les services de médecine interne, d’oncologie médicale, ou de chirurgie s’ils présentent une insuffisance rénale, une augmentation anormale du calcium sanguin ou encore une fracture osseuse.