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Centre du jeu excessif
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Centre du jeu excessif

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Du lundi au vendredi,
9h à 12h et 13h à 18h
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Prendre du recul, identifier des pistes, se soutenir

Le jeudi, de 17h30 à 19h, un groupe "jeu excessif" rassemble des personnes qui ont une relation problématique avec les jeux de hasard et d’argent pour partager leurs difficultés. Nous avons suivi l’une de ces rencontres.


Les cinq participants qui se rejoignent ce jour-là arrivent l’un après l’autre dans la salle de réunion, aérée par une grande fenêtre qui donne sur la ville. Une collation leur est servie en attendant le début de la rencontre. Certains se tutoient, échangent des familiarités et tous s’asseyent en cercle. Sabrina Binetti, psychologue, et Karine Laubscher, psychologue stagiaire, les accueillent avec des larges sourires. Le ton est donné: le groupe doit permettre à chacun de s’exprimer dans une atmosphère bienveillante, pour pouvoir prendre du recul par rapport à sa relation au jeu.

Une feuille avec l’en-tête «Comment te sens-tu aujourd’hui?» est d’abord distribuée à chacun. Ils ont quelques minutes pour y réfléchir, puis sont invités à se confier à tour de rôle. Nathalie*, grand-maman élégante et seule femme du groupe, se lance d’un ton enjoué et décidé. Elle se sent calme et confiante car elle poursuit son objectif: continuer à fréquenter deux fois par mois les casinos avec une amie, mais sans y dépenser davantage que le budget fixé par elle et son mari.

La même satisfaction se retrouve chez Luigi, jeune homme habillé en jeans et baskets. D’emblée, il annonce que les rencontres du groupe sont vraiment efficaces pour lui. Il a recommencé à pratiquer du sport et de la musique, plaisirs qui lui donnent les mêmes sensations qu’éprouvées autrefois par le jeu. Son envie de jouer a baissé «de 90%»: il achète de temps en temps des billets de Tribolo, mais il ne mise plus dans les machines Tactilo.

Trouver des ouvertures

Les deux psychologues enchaînent ensuite sur un nouvel exercice: elles demandent aux participants de représenter grâce à un schéma leur situation professionnelle, relationnelle ou familiale actuelle. Ils sont ensuite invités à repenser ces mêmes situations telles qu’ils les souhaitent idéalement. Le jeu fait bien évidemment partie de la discussion. Dans un second temps, les participants sont amenés à réfléchir aux actions qu’ils peuvent mettre en place pour se rapprocher de cet idéal de vie. Le groupe est sollicité pour donner des pistes et des ouvertures. L’objectif est que chacun sorte de la réunion avec de nouvelles mesures concrètes, définies par soi-même à la lumière de tout ce qui a déjà été accompli.

Avec tristesse, Pierre prend à son tour la parole. Son problème lié au jeu est désormais sous contrôle, mais il se sent coupable et déprimé à cause de sa difficulté à s’ouvrir et interagir avec son entourage. Le groupe lui permet d’exprimer ses propres émotions et il semble soulagé de pouvoir les partager.

Yann quant à lui éprouve le besoin de raconter une nouvelle fois sa longue descente aux enfers. Dans un flot de paroles, il raconte comment un gros gain ne lui a porté que du malheur et fait tout perdre: sa femme, sa carrière, ses emplois et son logement. Il a commencé à jouer régulièrement pour tenter de régler ses affaires. C’est devenu comme une drogue: chaque buraliste l’attirait comme un aimant. Gêné au début de participer aux séances du groupe, il veut à présent s’en sortir et se regarder en face dans la glace. Au fil de la discussion, sa colère baisse : il fait part des gestes qui l’aident au quotidien (noter ses dépenses de jeu dans un agenda, cuisiner) et il écoute les suggestions des autres participants ou des psychologues sur les activités qu’il pourrait commencer.

La réunion se termine par le même rituel: chaque participant, y compris les psychologues, passe à son voisin une pelote de laine qu’ils déroulent au fur et à mesure. En même temps, il lui formule un encouragement – qu’il réussisse par exemple à réaliser l’une des actions discutées auparavant. Les poignées de main pour se dire au revoir sont longues. «Ecouter les vécus et les mesures prises par les autres résonne en eux, conclut Karine Laubscher. Mais ils désirent aussi s’apporter mutuellement un soutien sincère et positif».

* Les prénoms sont fictifs.


En savoir plus

Pour qui?

  • Pour toute personne concernée par une problématique de jeux d’hasard et d’argent et qui souhaite être soutenue et motivée dans son désir de changement de pratique.

Le participant d’engage pour 10 séances consécutives avec la possibilité d’observer une première fois.

Les séances sont gratuites.

Quels objectifs?

  • Echanger entre personnes concernées par des problématiques semblables

  • Soutenir la motivation au changement

  • Mobiliser les ressources nécessaires pour affronter la réalité

  • Prendre conscience de ses fonctionnements automatiques et s’en distancer.