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Traitement des calculs rénaux: la génétique entre en scène

Un traitement pharmacologique qui empêcherait la formation de calculs rénaux? Une innovation envisageable grâce aux recherches menées dans notre service.


Pr. Olivier Bonny

Aucune évolution en quarante ans!

Dans 80% des cas, les calculs rénaux sont composés de calcium, dans 10%, d’acide urique et, dans les derniers 10%, d’autres composés. Comme le relève le Pr. Olivier Bonny, médecin associé de notre service, «au cours des dernières décennies, aucune évolution n’a été réalisée dans le traitement préventif des calculs rénaux. Les trois mêmes médicaments sont utilisés depuis quarante ans et ce, bien qu’ils n’aient pas été

développés pour cette indication et que leurs résultats ne soient pas toujours satisfaisants».

En effet, en diminuant le taux de calcium ou d’acide urique filtré dans les reins, ou en contrebalançant leur taux excessif par l'apport d’autres composés, les traitements permettent de diminuer la formation des calculs1, mais au prix d'un certain nombre d'effets secondaires et d'une efficacité toute relative.

Or, selon le Professeur, le traitement devrait agir directement sur la manière dont les reins filtrent et traitent le calcium et l’acide urique, sur ce qu’on appelle le transport intrarénal de ces composés. La recherche doit donc tenter de déterminer quelles anomalies surviennent lors de ce transport et quels moyens pourraient y remédier. Le Pr. Bonny ajoute: «La fréquence de cette pathologie ne cessant d’augmenter, le besoin de trouver de nouvelles approches se manifeste urgemment ».

Nouvelle approche

Dans cette perspective, notre service – en collaboration avec le Département de pharmacologie de l’UNIL – a développé dès 2008 un vaste programme de recherche qui permettrait, entre autres, de découvrir un moyen de réguler le transport du calcium dans les reins.

Dans un premier temps, en laboratoire, le Pr. Bonny et son équipe ont identifié un nouveau gène impliqué dans le transport de ce composé. Ils l’ont ensuite désactivé et en ont observé les effets: les reins n’étant plus en mesure de réabsorber le calcium et de le ré-utiliser dans l’organisme, un taux anormalement élevé de calcium s’est trouvé dans l'urine. Des calculs se sont donc formés et des traitements pharmaceutiques agissant directement sur le gène désactivé ont alors pu être testés.

Du laboratoire à la clinique

Ces constats doivent à présent être validés sur l’homme. En collaboration avec un centre américain, des tests pilotes sont actuellement effectués sur des patients volontaires, afin de déterminer une éventuelle variation du gène chez les personnes souffrant de calculs rénaux composés de calcium.

Les chercheurs espèrent ainsi déterminer si le fonctionnement du gène peut être modifié par un traitement pharmacologique: réguler le gène impliqué dans le transport du calcium empêcherait la formation des calculs, en agissant directement sur la cause du problème. Une approche similaire est également en cours pour le transport d’acide urique.

Une innovation bienvenue dans le domaine et qui devra être encore formellement testée en clinique.


1) Les trois traitements en question sont les suivants: l’effet secondaire d’un diurétique est utilisé pour diminuer le taux de calcium dans l’urine par un mécanisme mal compris; de grosses quantités de citrate sont données pour contrebalancer les quantités excessives de calcium ou d’acide urique et changer la composition de l’urine; ou la fabrication d’acide urique par le foie est inhibée, ce qui peut engendrer des inflammations de cet organe.