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Traiter la maladie de Cushing par la chirurgie de l’hypophyse

Grâce une chirurgie complexe mais peu invasive, une patiente a vu disparaître ses nombreuses anomalies morphologiques en seulement quelques mois.


Une maladie sournoise

Nadia

Nadia a été opérée en 2011 au CHUV par le Service de neurochirurgie. Elle souffrait de la maladie de Cushing, qui s’est manifestée, chez elle, par le développement d’une tumeur de cinq millimètres dans son hypophyse, et qui est venue perturber le mécanisme de régulation et de contrôle d'une partie de son système endocrinien. Grâce à une chirurgie complexe mais peu invasive, Nadia a pu reprendre une vie normale après plusieurs années difficiles, sans savoir ce qui était à l’origine de ses maux.

La maladie de Cushing est en effet sournoise: elle apparaît progressivement et les signes attribuables à cette maladie sont souvent discrets et suffisamment courants pour être parfois négligés. Dans le cas de Nadia, les symptômes tels qu’une forte prise de poids, des rougeurs sur le visage, un affaiblissement musculaire, une pilosité anormale, de l’infertilité et de l’ostéoporose sont apparus progressivement entre 2008 et 2011, sans que le diagnostic ne puisse être établi. De plus, des épisodes dépressifs et délirants s’y étaient ajoutés.


Pose du diagnostic et chirurgie


En 2011, c’est la psychiatre de Nadia qui pense à la maladie de Cushing en voyant les gros changements physiques chez sa patiente. Celle-ci est ensuite rapidement orientée au CHUV auprès de la Pr. Nelly Pitteloud, cheffe du Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, qui procède à un ensemble d’examens pour confirmer le diagnostic. «A partir du moment où on a pu mettre un mot sur mes symptômes, cela a été comme une libération, explique Nadia, je n’étais pas folle et tous ces problèmes de santé étaient bien associés à une maladie.»

La Pr. Pitteloud l’adresse ensuite au Pr. Roy Thomas Daniel du Service de neurochirurgie, spécialiste en chirurgie de la base du crâne, pour opérer sa tumeur: «la chirurgie reste le traitement de premier choix pour le traitement de ce type de pathologie», commente-t-il. En collaboration avec un chirurgien ORL, le neurochirurgien réalise l’intervention par voie endoscopique au travers des voies nasales. Cette technique peu invasive permet aux chirurgiens d'atteindre leur cible par des incisions de l'ordre du centimètre, grâce à l'utilisation d'instruments longs et fins couplés à un système d'imagerie vidéo.  

Pour le Pr. Daniel, ce type de chirurgie a un caractère quasi miraculeux: «certes l’opération est complexe, car elle nécessite une grande précision et de la délicatesse dans le geste, mais une fois la tumeur enlevée, c’est la vie du patient qui change du tout au tout!».


Disparition des anomalies

Après une semaine d’hospitalisation et une opération pleinement réussie, Nadia a pu quitter le CHUV. «Un mois seulement après l’opération, mes menstruations sont réapparues. J’ai petit à petit retrouvé mon poids d’antan et mes rougeurs et mon aspect bouffi ont disparu. C’était comme une renaissance!». Lorsqu’elle nous montre des photos d’elle avant et après l’opération, difficile en effet de croire qu’il s’agit de la même personne. Elle semble rajeunie d’au moins une dizaine d’années.

Nadia a ensuite rapidement repris une activité physique régulière. Elle est toutefois encore suivie pour son ostéoporose. Radieuse, elle envisage le futur avec sérénité et profite désormais de chaque seconde de la vie!




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