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Maladie de Parkinson


A écouter

"Des électrodes contre Parkinson"
Interview de la Prof. J. Bloch, Emission CQFD - RTS, 20.03.2014



Des électrodes pour traiter la maladie de Parkinson

Certains patients atteints par la maladie de Parkinson sont traités grâce à la neurostimulation. Le Dr. Jocelyne Bloch, médecin adjointe au Service de neurochirurgie, revient sur les différentes étapes de cette chirurgie pointue.


Service de neurochirurgie

La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative produite par la mort lente et progressive des neurones dopaminergiques du cerveau. Celles-ci jouant un rôle prépondérant dans le contrôle des mouvements, les personnes atteintes font peu à peu des gestes lents et rigides. Le traitement standard est médicamenteux. Cependant, avec le temps, les symptômes de la maladie peuvent fluctuer et devenir invalidants.

C’est là que la chirurgie peut jouer son rôle et considérablement améliorer la qualité de vie du patient. Si, par le passé, l’opération consistait principalement à intervenir dans les régions responsables des troubles du mouvement, cette technique a été remplacée de nos jours par la stimulation électrique cérébrale profonde qui présente l’avantage d’être réversible. Elle consiste à implanter des électrodes au coeur du cerveau, dans le noyau sous-thalamique, pour le stimuler électriquement et réharmoniser ainsi les mouvements des patients.


A qui cela s’adresse-t-il ?

Les patients concernés sont ceux qui:

  • souffrent de la maladie de Parkinson;

  • vivent avec la maladie installée depuis au moins 5 ans;

  • voient leurs symptômes améliorés par la prise de médicaments à base de dopamine, mais qui conservent des complications motrices (tremblements, rigidité des mouvements) invalidantes;

  • ont, en général, moins de 70 ans car au-delà, les résultats sont moins probants et les risques accrus. Outre la maladie de Parkinson, il faut être en bonne santé pour subir l’intervention.


Comment se déroule l’intervention?

L’avant-veille

Les médicaments à base de dopamine sont progressivement arrêtés dans le but d’obtenir un blocage des mouvements du patient pour le jour de l’intervention. Il sera ainsi plus facile, durant l’opération, d’observer l’effet de la stimulation électrique.


Le matin de l’intervention

Un cadre de stéréotaxie est fixé sur la tête du patient sous anesthésie locale. Ce cadre servira de référence pour déterminer l'emplacement des électrodes. Une IRM est ensuite réalisée.

Pendant l’intervention

Il s’agit d’une intervention nécessitant la présence d'un neurochirurgien, un neurologue, un électrophysiologiste, un anesthésiste et le personnel du bloc opératoire.

Durant la première phase de la chirurgie, le patient est anesthésié localement. Il doit être capable d’interagir avec le neurologue qui lui demandera de réaliser certains gestes afin d’optimiser l’intervention. Une micro-électrode est d'abord introduite par le neurochirurgien dans un orifice de la boîte crânienne, puis elle est amenée à destination grâce à un guidage électrophysiologique. Ce sont les ondes émises par les cellules cérébrales qui lui permettent de se repérer dans le cerveau, car, au moment de l’opération, il n’y a pas de repère visuel direct. En même temps, l’évolution des tremblements ou de la rigidité du patient est directement vérifiée en testant plusieurs fréquences et intensités de courant.

Lorsque le résultat clinique est satisfaisant, le neurochirurgien insère une électrode définitive sous contrôle radiologique et procède ensuite au même type d’intervention de l’autre côté. Il implante ensuite, sous anesthésie générale, un boîtier de stimulation sous la peau en-dessous de la clavicule, à l’instar d’un pacemaker. Celui-ci se règle depuis l’extérieur, grâce à un programmateur. L’ensemble de l’intervention dure environ 6 heures. Le stimulateur est activé le jour même et réglé par les neurologues les jours suivants pour optimaliser les résultats.


Pour quels résultats?

Environ 40% des patients voient leurs symptômes moteurs s’améliorer significativement sans médication supplémentaire. Pour les autres, il est nécessaire de compléter le traitement avec une prescription médicamenteuse, généralement inférieure à celle employée avant l’intervention.

La probabilité d’avoir une complication est de l’ordre de 5%. Parmi les risques, il faut signaler un saignement, une infection ou un problème technique en lien avec le matériel implanté, tel qu’une déconnection de câble ou une cassure d’électrode.