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Service de neuropsychologie et de neuroréhabilitation Hôpital Nestlé CHUV 5, av. Pierre-Decker CH - 1011 Lausanne Tél 021 314 13 10 Fax 021 314 13 19
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Info aphasie
L’APHASIE
C’est un trouble de la communication qui peut se manifester dans l’expression et/ou la compréhension. Souvent le langage de l’aphasique paraît étrange et mal adapté. Le langage oral, la lecture, l’écriture et les gestes peuvent être perturbés.
Quelques exemples:
- utilisation fréquente d’un mot pour un autre («montre» pour «lunettes») et/ou d’un contraire («chaud» pour «froid») ;
- déformation partielle de mots («pite» pour «pipe») ou totale («il glie» pour «il joue»);
- production de phrases en style télégraphique («moi partir vendredi»).
L’APHASIE N’EST PAS LA CONSÉQUENCE:
- d’une surdité
- d’une atteinte des cordes vocales
- d’une maladie mentale
- d’une arriération mentale
- d’un bégaiement
L’APHASIE EST CAUSÉE PAR:
Une lésion des zones spécifiques du langage, qui se trouvent dans le cerveau.
Toute personne souffrant d’une atteinte cérébrale, avec une certaine acquisition du langage, peut devenir aphasique. (Ne pas confondre avec les troubles du développement du langage, appelés «dysphasies»).
L’origine de la lésion peut être diverse:
- accident vasculaire (infarctus (attaque), rupture d’anévrysme)
- blessure (accident de la route, par exemple)
- masse étrangère pathologique (tumeur)

L’APHASIE PEUT S’ACCOMPAGNER:
- d’une paralysie de la moitié droite du corps (hémiplégie)
- d’un déficit de la sensibilité de la moitié droite du corps
- de la perte de la vision dans la moitié droite de chaque œil (hémianopsie)
- parfois de difficultés:
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- dans toutes les activités de l’esprit qui s’accompagnent de mots, même s’ils ne sont pas prononcés (lecture, écriture, calcul)
- d’orientation dans le temps et dans l’espace
- dans l’utilisation des objets de la vie quotidienne
- de mémoire
- de la compréhension des images, des signaux (panneaux de la circulation)
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COMMENT ÉVOLUE L’APHASIE?
Chez les enfants:
- vers une bonne récupération dans la règle, mais souvent avec des difficultés scolaires à long terme.
Chez les adultes:
- de façon très variable, selon les différentes difficultés mentionnées plus haut.
- même lors d’une bonne récupération, l’aphasique peut ressentir des difficultés dans des situations de stress ou de fatigue (prendre la parole en public, par exemple).
LA RÉCUPÉRATION VARIE en fonction de divers facteurs, dont les principaux sont :
- l’étendue de la lésion
- l’âge du patient
- l’étiologie (= la cause de la lésion cérébrale)
- la présence ou l’absence de troubles associés
- la motivation du patient
- un traitement adéquat (logopédie et/ou toute autre mesure complémentaire).
LA RÉADAPTATION
sociale:
- dépend avant tout du patient, mais aussi de la compréhension de son entourage.
professionnelle:
dépend
- des exigences requises pour exercer la profession antérieure;
- de la récupération de l’aphasie;
- des troubles associés.
Parfois une orientation professionnelle nouvelle peut être envisagée (Offices régionaux de réadaptation de l’Assurance invalidité)
QUI PAIE LA RÉÉDUCATION?
- Dans le cadre d’une hospitalisation, la rééducation logopédique est comprise dans les frais hospitaliers.
- Les traitements ambulatoires sont pris en charge par les caisses-maladie.
- De toute façon il ne faudrait sous aucun prétexte interrompre ou renoncer à une rééducation pour des causes financières.
QUE PEUT FAIRE L’ENTOURAGE?
pour améliorer la compréhension:
- diminuer, ou mieux, supprimer le bruit de fond;
- utiliser des phrases courtes nécessitant des réponses par oui ou par non;
- répéter plusieurs fois si nécessaire les mêmes messages en les reformulant;
- ralentir très légèrement le débit et introduire des pauses entre chaque phrase;
- éviter les situations avec trop d’interlocuteurs, placer l’aphasique au centre de la discussion et favoriser la possibilité de lire sur les lèvres.
pour améliorer les échanges avec l’aphasique:
- il est indispensable de le faire parler et de s’intéresser à ce qu’il raconte;
- avoir la patience d’attendre sa réponse et essayer de deviner et/ou de proposer le premier son ou syllabe du mot qu’il a vraiment trop de peine à trouver;
- ne pas le décourager en s’étonnant de ses propos parfois incompréhensibles ou en le corrigeant trop souvent;
- le faire participer à la vie de tous les jours et favoriser de nouvelles rencontres.
QUE SAVOIR ENCORE?
- l’aphasique n’est pas sourd, il est inutile crier;
- l’aphasique adulte ne doit pas être infantilisé; un parler «bébé» n’améliore en aucun cas la compréhension;
- il est tout aussi néfaste d’enlever l’espoir que de donner de fausses illusions quant à la récupération, c’est pourquoi il faut en discuter avec un spécialiste du langage;
- il n’existe pas de médicament agissant directement sur les troubles du langage, mais certains améliorent parfois l’état général et l’humeur de l’aphasique;
- à de rares exceptions près, l’intervention chirurgicale n’est pas un traitement miracle.
QUI CONTACTER?
Service de neuropsychologie et de neuroréhabilitation Hôpital Nestlé CHUV 5, av. Pierre-Decker CH - 1011 Lausanne
Tél. 021 314 13 10 Fax: 021 314 13 19
HISTORIQUE DE L'APHASIE
Les premières descriptions d’aphasiques connues datent de 2000 ans avant J.C. En Egypte, on a retrouvé des illustrations dans des papyrus.
Entre le 16e et le 18e siècle après J.C, il y a beaucoup de descriptions de personnes avec des troubles de langage qui sont souvent attribués à une perte de mémoire.
Au 19e siècle, on essaye de comprendre les observations cliniques par rapport aux atteintes cérébrales.
C’est un chirurgien français, le Dr Paul BROCA, qui a donné un nom à la perte du langage. En 1861, il a étudié le patient nommé LEBORGNE qui ne disait que "Tan-Tan".
Il a appelé ce trouble "Aphémie", qui est une perte de l’articulation.
En 1864, le Dr Armand TROUSSEAU donne le nom d’"Aphasie" à ce que BROCA désignait "Aphémie".
En 1874, un neurologue allemand, le Dr Carl WERNICKE, décrit des patients avec des troubles de la compréhension sans difficultés d'articulation. Il insiste sur le fait que l’aphasie ne s’accompagne pas toujours de troubles de l’intelligence, car le langage et la pensée sont distincts.
Aujourd'hui, on garde toujours le terme "Aphasie" pour désigner: une perte totale ou partielle du langage suite à une atteinte cérébrale.
Les troubles des aphasiques se manifestent de plusieurs façons ; il y en a qui:
- ne peuvent pas parler mais peuvent parfois chanter;
- ne trouvent pas les mots mais doivent faire un détour pour les trouver;
- disent un mot pour un autre;
- ont des difficultés à comprendre, à lire, à écrire et/ou à calculer.
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