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Laboratoire des neurothérapies cellulaires et moléculaires

Vos gènes pour vous soigner

Le Laboratoire des neurothérapies cellulaires et moléculaires promeut des interactions entre chercheurs et médecins pour mettre au point une nouvelle approche de la thérapie génique contre la maladie de Huntington, affection rare et incurable.


Le Département des neurosciences cliniques du CHUV compte un nouveau laboratoire pour développer de nouvelles thérapies contre les maladies qui affectent le fonctionnement du cerveau. Le Laboratoire des neurothérapies cellulaires et moléculaires a ainsi été créé en septembre 2011, avec à sa tête, Nicole Déglon, professeure associée de l’Université de Lausanne. Cette biologiste et spécialiste du transfert de gènes a déjà obtenu des résultats prometteurs dans le traitement et la modélisation de maladies neurodégénératives, en particulier les maladies de Huntington et d’Alzheimer.

Les objectifs du laboratoire sont nombreux: simuler en laboratoire les maladies étudiées; comprendre les mécanismes moléculaires qui conduisent à la destruction des neurones de certaines régions cérébrales; et mettre au point de nouvelles façons de soigner, d’abord par des essais précliniques puis, en cas de succès, lors d‘applications cliniques, c’est-à-dire sur l’homme, en collaboration avec les médecins et les chirurgiens du département.

Combattre la maladie de Huntington

Le projet phare du laboratoire est de soigner la maladie de Huntington grâce à la thérapie génique et à la technique dite de «l’ARN interférent». Cette maladie rare et héréditaire se déclare généralement après l’âge de 40 ans et se manifeste par des mouvements incontrôlés et des changements de personnalité. Aucun traitement ne peut, à ce jour, en arrêter la progression et seule une prise en charge palliative est proposée aux patients.




La maladie est causée par la mutation d’un gène spécifique. Celui-ci génère une protéine anormale qui occasionne la mort de cellules nerveuses situées dans le striatum, une zone du cerveau responsable du contrôle des mouvements. «Notre idée consiste à bloquer l’expression du gène muté. Pour cela, nous pensons utiliser des ARN interférents, des petites séquences d’ARN capables de se coller sur le gène muté et de le désactiver, ce qui va bloquer la fabrication de la protéine anormale», explique la prof. Déglon.

Mais une fois la cible thérapeutique identifiée, il faut encore faire pénétrer les ARN interférents dans les cellules visées. Pour y parvenir, l’équipe du prof. Déglon veut utiliser un vecteur viral, c’est-à-dire un virus rendu inoffensif, dont le contenu et l’enveloppe sont modifiés pour lui permettre de transporter les morceaux d’ARN interférents à l’endroit désiré. «Les ARN interférents vont alors s’intégrer dans les cellules visées et agir en corrigeant les effets pathologiques dus au gène défectueux, détaille la prof. Déglon. Ce traitement ne nécessite qu’une seule intervention chez le patient, et ce sont ensuite ses propres cellules qui produisent le traitement, localement et de manière pérenne, dans son cerveau.»



Réunir les compétences

Mais développer un tel traitement nécessite de nombreuses étapes qui vont de l’amélioration des connaissances de la maladie et du fonctionnement du cerveau à la validation clinique du traitement. Situé au cœur du Centre hospitalier universitaire, le  Laboratoire des neurothérapies cellulaires et moléculaires rassemble les savoir-faire – biologistes, neurologues, neurochirurgiens, etc. - nécessaires pour faire le lien entre ces différentes étapes.

«Au quotidien, nous rencontrons régulièrement les neurologues et les neurochirurgiens du département, précise la prof. Déglon. Leur expertise est essentielle pour le développement de protocoles  thérapeutiques qui puissent être appliqués efficacement chez l’homme. Dans le cas de la maladie de Huntington, ce sont les neurochirurgiens qui seront en charge de l’injection du vecteur viral en ciblant un endroit bien précis du cerveau du patient. D’où l’importance qu’ils soient présents tout au long du développement de l’étude pour la valider. Cette interaction est essentielle pour assurer son succès.»