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Soigner le cancer de la gorge en passant par la bouche

La chirurgie endoscopique transorale, par laser ou assistée par un robot, permet d’opérer certains cancers de la gorge. Présentation de ses nombreux avantages.


Pr. Christian Simon

Notre service soigne les patients souffrant de l’ensemble des cancers des voies aérodigestives supérieures, c’est-à-dire de la bouche et de la gorge (pharynx et larynx). Il existe plusieurs approches chirurgicales, qui varient selon la localisation de la tumeur, sa taille et son extension. «En plus de la guérison du patient ou du contrôle de sa maladie, nous visons à préserver ses fonctions physiologiques telles que l’élocution, la mastication ou une respiration sans effort, explique le Pr. Christian Simon,

médecin chef du service. Depuis une vingtaine d’années, des progrès majeurs ont été réalisés en chirurgie reconstructive. Grâce à la technique dite des lambeaux libres, nous pouvons par exemple réparer la perte des tissus occasionnée par l’ablation de la tumeur au moyen de greffes, pour reconstruire des structures complexes comme le palais ou la mâchoire.»

Mais pour certains cancers de la gorge, une autre approche est privilégiée: la chirurgie endoscopique transorale. Sa particularité consiste à opérer les patients au moyen d’une caméra et d’instruments passant par la bouche. «Lorsque les conditions sont réunies, celle-ci présente le grand avantage de ne pas avoir à inciser la gorge ou la mâchoire pour atteindre une tumeur située dans le pharynx ou le larynx, poursuit le Pr. Simon. Nous pouvons proposer la chirurgie transorale par laser et, depuis juillet 2012, assistée à l’aide d’un robot. Notre philosophie est de privilégier de plus en plus ces techniques pour éviter des séquelles potentiellement importantes.»  

Le laser pour bistouri

La chirurgie par laser est devenue actuellement un traitement de référence pour certaines tumeurs du larynx. Sous le contrôle d’un microscope opératoire et avec l’aide d’un laryngoscope (tube muni d’un système optique pour visualiser l’intérieur de cet organe), le laser permet de sectionner, exactement comme le ferait un bistouri, la tumeur en plusieurs parties en vue de son extraction, tout en préservant les tissus sains avoisinants.

«Une chirurgie du larynx par voie externe nécessite d'ouvrir la trachée afin de retirer la partie malade de l'organe, voire sa totalité, précise le Pr. Simon. La chirurgie par laser permet quant à elle d’éviter le plus souvent une trachéotomie. Le patient peut reprendre une alimentation normale sans sonde et retrouver une déglutition sans fausses routes beaucoup plus rapidement. La durée de l’hospitalisation est donc considérablement raccourcie, soit de 2 à 5 jours contre 21 à 30 jours.»  

La mobilité du robot

Le robot chirurgical baptisé «Da Vinci» permet le traitement de certains cancers de l’oropharynx, partie du pharynx située derrière la bouche, et supraglottiques. «Ce robot est principalement employé en urologie, en chirurgie viscérale et en gynécologie, explique le Pr. Simon. Mais au sein du Centre de chirurgie robotique, exploité conjointement par les médecins de la Clinique de la Source et du CHUV, nous sommes les seuls en Suisse à l’utiliser pour des interventions ORL.»

Le Da Vinci est séparé en deux parties: quatre bras articulés équipés de caméras et d’instruments très fins sont situés au-dessus du patient, que le chirurgien commande à partir d’une console située en retrait.

Parmi ses avantages, on peut citer une optique à 30 degrés qui donne une vision avec un grossissement en 3 dimensions et la très grande mobilité des instruments (les bras peuvent effectuer des mouvements à 180 degrés) facilitant la manipulation des tissus.

«La première opération a consisté en une ablation totale des amygdales et une résection partielle de la langue sur un jeune patient atteint d’un cancer, ajoute le Pr. Simon. Il a pu quitter l’hôpital le deuxième jour après l’intervention au lieu des deux semaines habituelles. Une opération par voie externe aurait nécessité une mandibulectomie, c'est-à-dire la nécessité de couper l’os et le plancher buccal pour atteindre la base de la langue dans la région des amygdales, ce qui aurait occasionné une grande cicatrice au visage.»

En outre, des études ont montré que la chirurgie endoscopique transorale permet, malgré l’espace restreint pour l’intervention, de prélever une marge très satisfaisante de tissu sain entourant la tumeur, ce qui est nécessaire pour prévenir le risque de récidive. «Nous sommes en train d’étendre l’application de la chirurgie par laser et, en collaboration avec le Service d’ORL de l’Institut de cancérologie Gustave Roussy à Paris, nous développons le Da Vinci pour l’utiliser pour certaines opérations du larynx, conclut le Pr. Simon. La chirurgie endoscopique transorale dispose encore d’un fort potentiel!»