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Recherche clinique et génétique sur le syndrome métabolique en psychiatrie


L'Unité de pharmacogénétique et psychopharmacologie clinique (CNP, DP-CHUV) dirigée par le Prof. Chin-Bin Eap travaille sur les bases génétiques pouvant influencer la réponse au traitement pharmacologique, autant pour la réponse souhaitée (effets thérapeutiques) que non-souhaitée (effets indésirables). Elle travaille également sur les bases génétiques des maladies psychiatriques. Ces dernières années, ce groupe s’est particulièrement intéressé à la forte prévalence du surpoids, de l’obésité ou d’autres facteurs du syndrome métabolique (diabète, hypertension ou hypercholestérolémie) observés dans la population psychiatrique, qui peuvent être d’une part favorisés par la maladie, mais peuvent être également induits et/ou accentués par le traitement pharmacologique.


Une base génétique pouvant favoriser ou protéger contre le surpoids ou l’obésité

  
Un exemple de recherche dans ce domaine est illustré par un article récent (Choong et al., JAMA Psychiatry 2013;70(10):1011-1019). Il porte sur les résultats d’une grande étude comportant 3 cohortes de patients psychiatriques : une cohorte tirée de la population lausannoise (CoLaus) ainsi que d’une cohorte internationale (GIANT). Cette étude montre une base génétique pouvant favoriser ou au contraire protéger contre le surpoids ou l’obésité dans la population psychiatrique. Cette même base génétique intervient également, mais dans une moindre mesure, comme facteur de risque ou de protection dans la population générale. Ainsi, une modification génétique (héritable) d’un gène appelé CRTC1 peut influencer de manière importante le poids de patients psychiatriques (une différence moyenne de plus de 10 kg peut ainsi être mesurée entre deux groupes qui ont ou qui n’ont pas cette modification génétique). En effet, le CRTC1 est probablement impliqué dans le contrôle de l’appétit et de la prise alimentaire, cela par son activité dans une région cérébrale appelée hypothalamus.
  

Nos études montrent l’implication de plusieurs autres gènes dans la problématique de l’obésité chez les patients psychiatriques, mais également dans la survenue du syndrome métabolique (par ex. obésité abdominale, hypercholestérolémie ou diabète). De plus, certains gènes pourraient également être des facteurs de risque pour la survenue de maladies psychiatriques.


Un traitement pharmacologique personnalisé (médecine personnalisée) dans le futur

  
Ces travaux ouvrent la piste, par une intégration et une analyse de différents facteurs de risques cliniques et génétiques, à une meilleure prise en charge clinique des patients psychiatriques. Il est espéré, dans le futur, qu’une analyse génétique effectuée avant la prescription de psychotropes permette de détecter les patients ayant la plus forte probabilité de répondre à telle médication et/ou particulièrement à risque de développer des effets secondaires (par ex surpoids et/ou syndrome métabolique), et de leur offrir ainsi une médication personnalisée ainsi qu’une prise en charge clinique adaptée.


Financement

  
Cette recherche est financée principalement par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique (investigateurs principal C.B. Eap, co-investigateur P. Conus).