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Unité de Pharmacogénétique et de Psychopharmacologie Clinique (UPPC) - anciennement UBPC
Unité de recherche sur la schizophrénie
Unité de recherche en neurobiologie du vieillissement
Unité de recherche sur les processus moléculaires de plasticité neuronale
Unité de recherche sur les troubles addictifs
Unité de recherche sur la neurobiologie de l'anxiété
Unité de recherche sur la neurobiologie du tempérament et du stress périnatal
Unité de recherche protéomique sur les maladies psychiatriques
Unité de recherche sur la neuroéthologie des fonctions cognitives
Unité de recherche sur la neurobiologie de la dépression
Centre d'études du comportement (CEC)
ENSEIGNEMENTS et autres activités du CNP

Centre de Neurosciences Psychiatriques (CNP)

Unité de recherche sur la neuroéthologie des fonctions cognitives

Infos pratiques :

Centre de Neurosciences Psychiatriques
Site de Cery
CH-1008 Prilly-Lausanne       plan de situation
Tél.  ++41 (0)21 643 69 60
Fax. ++41 (0)21 643 69 50
E-mail : Francoise.Schenk@unil.ch

Responsable :

Professeur Françoise Schenk

Collaborateurs :

  • F. Rochat (psychologue)
  • R. Chalard (biologiste)
  • D. Preissmann (psychologue)
  • R. Maurer (laborante)
  • M. Manni (diplomante en biologie)
  • H. Gabioud (diplomante en biologie)
  • C. Delseth (biologiste)
  • N. Grandchamp (biologiste)
  • J.H. Cabungcal (Dr. en biomedicine)

Descriptif :

L’évaluation d’un comportement et de ses modifications par un traitement visant à modéliser une pathologie psychiatrique (dépression, schizophrénie, démence) peut être considérée comme un simple indicateur de gravité des symptômes et de leur amélioration sous l’effet d’un traitement particulier. Mais une analyse qualitative des stratégies adaptatives, cognitives ou émotionnelles, permet d’étudier l’architecture fonctionnelle de la cognition. On comprend alors comment un ensemble de fonctions évolue au cours de l’ontogenèse et du vieillissement, sous l’effet d’un processus pathologique et de ses corrections ou encore dans des conditions rendues très contraignantes par la charge émotionnelle induite.

Ce laboratoire développe un éventail de méthodes visant à étudier, chez l’animal d’abord, des fonctions cognitives dans une perspective intégrée, de manière à faciliter l’interprétation des changements observés et de leurs relations avec des mécanismes neurophysiologiques sous-jacents. Ces méthodes sont fondées sur une compréhension détaillée de la cognition spatiale, et de ses relations à l’attention et à la mémoire. L’approche neuroéthologique choisie offre alors des clés pour la transposition des tests utilisés à des espèces différentes, l’homme y compris.

Projets de recherche :

  1. Dualisme des cartes cognitives dépendant de l’hippocampe : une évaluation comportementale et métabolique  -  Unpacking the cognitive map : the parallel map theory of hippocampal function : assessment with behavioural and metabolic experiments
  2. Recherches sur les stratégies adaptatives au cours du « life span »  -  Age related changes in cognitive strategies
  3. Stratégies d’orientation des rats mâles et femelles dans le bassin de Morris en environnement contrôlés  -  Strategy selection by male and female rats in the Morris navigation task
  4. "Emotions et cognition"  -  "Emotions and cognition"
  5. Supplémentations nutritionnelles et performance cognitive  -  Choline and arginine aspartate supplementation and cognitive performance
  6. "La noradrénaline vue par ses récepteurs"  -  Dissecting out noradrenergic function from the role of several receptors on behavioural expressions
  7. Expression d’un trouble psychique chez un modèle animal de schizophrénie  -  Short and long-term effect on cognitive behaviour of GSH deficit during development
  8. Cascade pathologique de la maladie d'Alzheimer : comment un ensemble de déficits peut résulter d'une modification génétique spécifique  -  A specific genetic modification resulting in multiple deficits

1: Dualisme des cartes cognitives dépendant de l’hippocampe : une évaluation comportementale et métabolique

De nombreux tests de la mémoire spatiale sont utilisés en routine avec des rongeurs de laboratoire dans le but d’évaluer des fonctions cognitives dépendant de l’hippocampe. Les fondements de ces démarches renvoient à la théorie de « la carte cognitive » (O’Keefe & Nadel, 1978), appuyée par de nombreux travaux mais pourtant encore controversée. Or l’enjeu est important dans la mesure où les processus neuronaux impliqués dans la mémoire spatiale se retrouvent dans la mémoire épisodique humaine.

La théorie développée par Jacobs & Schenk (2003) « The Parallel Map Theory of Hippocampal Function », fait l’hypothèse de l’existence de deux systèmes de perception et de codage de l’espace parallèles et complémentaires. Cette théorie se base notamment sur la phylogenèse et l’ontogenèse de l’hippocampe ainsi que sur le rôle de deux processus distincts dans la navigation spatiale. Chacun dépend de sous-régions différentes de l’hippocampe, le complexe « gyrus denté - champ CA3 – septum median » d’une part, l’ensemble « champ CA1 – subiculum » d’autre part. Le premier module permet l’orientation dans un champ d’éléments directionnels, par le codage de « bearing maps » liés à la présence de gradients (olfactifs, tactiles, visuels, thermiques etc.) ou d’objets dont la taille apparente augmente régulièrement ou garde une apparence identique selon les déplacements. Le second module permet l’élaboration de cartes locales codant les positions relatives d’éléments fixes de l’environnement (éléments locaux, souvent visuels) dans des « sketch maps ». Ces représentations locales sont assemblées sur la trame spatiale fondamentale issue du traitement par le premier module, l’ensemble confère au sujet des capacités analogues à celles de la carte cognitive de Tolman (choix de nouveaux raccourcis et détours).

Dans une première étape, on a étudié les stades de l’ontogenèse fonctionnelle de l’hippocampe sur la base de ces deux mécanismes complémentaires (Rossier & Schenk, 2003) dont le couplage optimal semble survenir tardivement, après l’adolescence chez le rat. Des protocoles expérimentaux sont développés actuellement afin de tester cette théorie de manière plus directe. Dans des environnements contrôlés dans lesquels les animaux (rats et souris) sont forcés à s’orienter selon un des deux mécanismes vus ci-dessus, on attend une activation différentielle des deux modules hippocampiques.

Le travail expérimental consiste à utiliser divers environnements contrôlés offrant le minimum d’indices nécessaires pour l’un ou l’autre processus d’orientation. Il apparaît d’ores et déjà que l’on peut dissocier deux modes d’orientation selon la proximité de la cible à atteindre relativement aux indices contrôlés, ce qui confirme l’hypothèse de deux mécanismes distincts. Des évaluations du métabolisme des champs hippocampiques (2-DG) sont alors effectuées pour permettre la visualisation des structures qui auront été utilisées pour exécuter ces différentes tâches.

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2: Recherches sur les stratégies adaptatives au cours du « life span »

Ces recherches ont montré que les mécanismes de la mémoire spatiale, loin d’être statiques, faisaient l’objet de perpétuels remaniements au cours de la vie. Plutôt que de considérer une phase particulière de la vie de l’animal, nous avons choisi d’analyser les modifications des processus cognitifs dans une perspective dynamique, de l’adolescence au vieillissement.

Rossier et Schenk (2003) ont montré que l’utilisation des repères visuels et olfactifs évoluait au cours des deux premiers mois de la vie du rat. Les rats adultes accordent la priorité aux informations visuo-spatiales alors que les indices de type olfactif priment chez les rats plus jeunes. Il existe une période de transition vers l’âge de 48 jours, donc après l’adolescence. A cette période de la vie, la présence d’indices olfactifs semble limiter la capacité à utiliser l’information visuelle. D’autres changements caractérisent la seconde année de vie, avant la sénescence à proprement parler.

Il est connu que la séquence temporelle des événements donnant lieu à l’élaboration de représentations spatiales joue un rôle critique dans leur rétention, mais on connaît mal la relation entre ces processus et la dynamique des mécanismes cellulaires sous-jacents. Nous avons montré que la rétention à long terme dépend à la fois de l’âge de l’animal et de la durée de l’intervalle qui sépare les essais consécutifs (Spreng & al, 2002 ; Rossier, 2002)

Nous menons actuellement des recherches transversales (de l’âge adulte à la sénescence) dans l’objectif de mieux cerner les changements spécifiques touchant la mémoire spatiale au cours du vieillissement. Dans cette optique, nous utilisons des procédures particulières en bassin de Morris (impliquant l’utilisation d’un indice fixe pendant l’acquisition, puis mobile dans certaines phases ultérieures). Ce protocole permet d’évaluer l’influence du vieillissement sur la mémoire spatiale, la rétention (à court et à long terme), la distractibilité ainsi que la mémoire « épisodique » (d’un événement unique).

Nous avons constaté une atteinte de la mémoire épisodique dès l’âge de 15 mois, alors que la mémoire à long terme restait préservée chez ces sujets. La mémoire à long terme n’était affectée que chez les sujets sénescents (24 mois) qui conservaient cependant une mémoire à court terme comparable à celle des jeunes adultes (Preissmann & al, in prep). La mémoire épisodique semble donc être la première forme de mémoire atteinte par le vieillissement avant la mémoire spatiale testée conventionnellement.

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3: Stratégies d’orientation des rats mâles et femelles dans le bassin de Morris en environnement contrôlé

On peut distinguer différents mécanismes d’orientation chez les Mammifères, selon qu’ils sont fondés sur une représentation égocentrée ou allocentrée.

La première implique l’utilisation d’indices dits idiothétiques dans un référentiel constitué par l’individu même. Les stratégies nécessitant une représentation égocentrée sont la « navigation praxique », (exécution d’une séquence de mouvements toujours identique) et la « navigation de route » (succession de mouvements correspondant à une chaîne de connexions stimulus-réponse acquises par conditionnement).

A l’opposé des indices idiothétiques, les indices allothétiques correspondent à des informations indépendantes de la position de l’individu et permettent une représentation allocentrée de l’environnement. Ces indices engendrent deux types de navigation : la plus simple est la « navigation taxique », utilisée lorsque le but de l’animal est marqué par un élément fixe.

La navigation la plus évoluée est la « navigation spatiale » nécessitant la formation de cartes cognitives (Tolman, 1948). Récemment, nous avons proposé un modèle montrant que la représentation spatiale dépendant de l’hippocampe repose sur l’intégration de deux mécanismes (Jacobs & Schenk, 2003).

Ces divers mécanismes peuvent être utilisés en parallèle suivant les exigences de l’apprentissage spatial et le degré d’évolution de l’animal.

Nous avons mis en place des protocoles expérimentaux pour analyser chez des rats mâles et femelles, le développement des stratégies d’orientation en fonction de la disponibilité de repères visuels situés dans l’environnement éloigné et dans le bassin lui-même. Nous avons utilisé pour cela une situation de conflit dans laquelle l’animal doit faire un choix entre deux positions de plate-forme.

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4: "Emotions et cognition"

A l'instar des notions de rationnel et irrationnel, l'usage courant tend à opposer les notions de cognition et émotion. Et cette idée est si bien répandue que l'on s’efforce d’évaluer des processus cognitifs "purs" chez des rongeurs de laboratoire. Ou au contraire, que l’on tente d’isoler la composante émotionnelle pour en mesurer uniquement l’intensité. Et lorsque les deux faces de cette dichotomie sont confrontées, il est en général banalement conclu que les états affectifs extrêmes (dépression, angoisse,…) interfèrent avec les performances cognitives. Dès lors, on prend garde de ne se pencher sur les capacités cognitives qu'en "absence d'interférences affectives"…

Pourtant, les études de comportement animal mesurent en général la réponse à une consigne. Or, ce comportement orienté repose sur la recherche d'un élément attractif ou sur la fuite d'un élément aversif. Ignorer la composante émotionnelle de ce type de comportements revient à en nier la base motivationnelle. Il est probable que les expériences vécues par l'animal influencent directement sa manière de se comporter, et donc ses performances. Par exemple, l'effet de surprise a toutes les chances d'élever son attention, ainsi qu'un échec ponctuel. Alors que des frustrations récurrentes ou l'absence totale de nouveauté l'inciteraient à abandonner toute activité.

Aussi, nous avons pris le parti d'explorer la dimension émotionnelle liée aux tâches cognitives en manipulant l’état affectif des animaux testés ou en jouant sur des variations de procédures (insuccès provoqués, environnement contenant des odeurs de prédateur, notamment celles du rat pour les souris). Diverses procédures de renforcement partiel ont été conduites chez des rats en bassin de Morris (séquences de renforcement alternées 1 à 1 ou 2 à 2, essais massés ou distribués, frustrations en début ou fin de sessions). Et différents niveaux de complexité ont été introduits chez des souris en bassin partitionné (départ fixe ou variable).

Les expériences de renforcement partiel montrent l'importance du contingent d'essais renforcés dans une certaine fenêtre de temps (Chalard & al, in prep). Et les différents niveaux de complexité ont démontré l'aisance d'adaptation à une nouvelle consigne pour l'animal ayant appris une tâche simple (Chalard & al, 2003). Ceci semble indiquer qu'un bon niveau émotionnel appelle à la réussite, ou peut-être à la prise de risque. Par la suite, de nouvelles procédures vont être développées afin de tenter de cerner la composante affective inhérente aux tâches cognitives, l’effet d’un certain type « d’erreurs » programmées par l’expérimentateur en fonction de la progression de la performance.

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5: Supplémentations nutritionnelles et performance cognitive

Cette ligne de recherche examine l’implication et les répercussions du niveau d’activation cérébrale sur la performance cognitive. L’influence de l’activation cérébrale peut, par exemple, se traduire par une modulation de l’attention portée aux indices environnementaux indépendamment de leur saillance relative, comme l’a montré une précédente recherche (Schenk & Brandner, 1995 ; Brandner, 2002). Ainsi une supplémentation périnatale en choline prévient les effets de ce masquage (overshadowing) qui peuvent être induits par la présence d’un élément particulièrement saillant qui facilite le développement d’une stratégie simple (diminution de la prise en compte de la trame spatiale du fait de la présence d’un repère saillant). Cette augmentation d’une attention distribuée est observé tout au cours de la vie, en dépit du fait que la supplémentation est administrée pendant la période périnatale.

En utilisant un protocole proche de celui de la supplémentation en choline, mais chez l’animal adulte, nous avons étudié l’effet de l’aspartate d’arginine (AA) sur les capacités cognitives. Etant donné que l’aspartate est un acide aminé excitateur et l’arginine le précurseur du NO nous avons posé l’hypothèse d’une possible action de l’aspartate d’arginine sur la mémoire spatiale, la rétention (à court et long terme), la distractibilité, la mémoire épisodique ainsi que la performance lors d’un nouvel apprentissage spatial (bassin de Morris).

L’effet du traitement se fait sentir uniquement dans les situations présentant un changement par rapport aux conditions d’acquisition (retrait de l’indice, déplacement de l’indice, nouvelle position de plate-forme). D’une manière générale, la réaction des rats traités se produisait avec un certain retard (jusqu’à 24 heures), alors que les sujets contrôles réagissaient immédiatement aux changements environnementaux. Les effets de l’aspartate d’arginine sur les capacités cognitives de l’animal sont subtils et complexes. Ils sont comparables à ceux que l’on peut observer chez l’homme après administration aiguë (Jan & al, 2002). Il est possible que son administration affecte le poids de la représentation interne, modifiant ainsi la dépendance du sujet vis-à-vis des indices externes. Parallèlement à cela, l’aspartate d’arginine semble conférer une plus grande « flexibilité » permettant un nouvel apprentissage plus rapide.

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6: "La noradrénaline vue par ses récepteurs"

Un nombre croissant de données impliquent le système noradrénergique dans les principaux troubles psychiatriques. De fait, la plupart des médicaments psycho-actifs agissent, entre autres et plus ou moins spécifiquement, sur des aspects de la transmission noradrénergique. Mais sans que l’on sache précisément quels en sont les effets. Ce système diffus, présent dans un grand nombre de structures centrales n’a sans doute pas une fonction spécifique, mais joue assurément un rôle important dans la modulation de différentes fonctions nerveuses. En particulier, le système noradrénergique est impliqué dans les mécanismes de gestion du stress, ainsi que dans les processus attentionnels. Or les capacités d’apprentissage et de mémoire sont souvent altérées chez les patients atteints de maladies psychiatriques, souffrant de stress ou de déficits de l’attention.

Nos recherches se concentrent sur un aspect précis de l’activité noradrénergique dans des situations d’apprentissage et de mémoire. Il s'agit essentiellement d'une investigation poussée du comportement de la souris knock-out pour les récepteurs alpha-1 b à la noradrénaline. Ces animaux nous sont aimablement fournis par le Prof Susanna Cotecchia de l'Institut de Pharmacologie et Toxicologie. Des approches pharmacologiques sont abordées en parallèle. Nos études ont déjà porté sur de nombreux paradigmes (niveau d'activité spontanée, réaction à la nouveauté, mémoire spatiale,…). Cet éventail de tests a permis de caractériser différents effets de l'absence du récepteur alpha-1 b: importante activité exploratoire, forte réactivité à la nouveauté, orientation particulièrement efficace en conditions peu stressantes (Spreng 2001).

Les souris alpha-1 B KO ont révélé une sensibilité particulière au stress, notamment dans la tâche de Morris. En fait, l'altération des performances liée à des conditions stressantes survient chez elles à un niveau de tension plus bas que chez leurs contrôles. Par ailleurs, il est à souligner une particularité remarquable de ces alpha-1 B KO. En effet, elles font preuve au cours du vieillissement d'une meilleure mémoire de travail que leurs contrôles. Leurs performances en labyrinthe radial et bassin partitionné attestent de capacités d'orientation préservées à court terme, pour autant que les conditions soient favorables. A l'avenir, nos études vont viser une évaluation fine des handicaps et des capacités résiduelles en lien avec les dysfonctionnements du système noradrénergique.

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7: Expression d’un trouble psychique chez un modèle animal de schizophrénie

Do et al. (2000) ont constaté que le glutathion (GSH) est moins abondant dans le SNC des patients atteints de schizophrénie ; il est notamment diminué de moitié dans le cortex préfrontal. A partir de ces observations sur des patients in vivo, ils ont élaboré une théorie baptisée « l’hypothèse glutathion » selon laquelle des dysfonctions des enzymes de la catégorie du glutathion seraient à l’origine de la maladie.

En tant qu’antioxydant, cette substance participe au maintien de l’équilibre « redox » des cellules, par neutralisation des radicaux libres, notamment dans le cerveau. Le glutathion est également un agoniste du récepteur NMDA-r (Ogita et al., 1995), dont l’activité fluctue selon la présence d’agents réducteurs ou oxydants. (Tang et Aizenman, 1993)

D’après Do et al. (2000), l’hyperactivité du système dopaminergique combinée à un déficit en glutathion créerait un stress oxydatif important qui provoquerait des microlésions synaptiques au niveau des neurones corticaux. De même, le déficit en glutathion amoindrirait la réponse du NMDA-r au glutamate et altèrerait les mécanismes « short-term » et « long-term » de plasticité synaptique.

Nous avons dans un premier temps développé un protocole dans le bassin de Morris permettant d’évaluer les capacités attentionnelles, la plasticité adaptative et la mémoire représentationnelle au sens large des rats souffrant d’un déficit en glutathion induit par injections postnatales de BSO du jour 5 au jour 16.

Les rats sélectionnés pour ce modèle comportemental proviennent d’une souche mutante particulière qui ne synthétise pas la vitamine C, la souche ODS. Des expériences préalables sur des Wistar OFA et des rats Long-Evans ont montré que ces individus peuvent prévenir une carence en glutathion par l’augmentation de leur production d'acide ascorbique ce qui réduit l’effet du traitement à la BSO.

A court terme, dès la fin du premier mois postnatal, le traitement à la BSO a l’effet différentiel attendu, dramatique sur les rats de la souche ODS, non détectable chez les rats Wistar, protégés sans doute par leur production de vitamine C. Toutefois, à l’âge adulte, les rats des deux souches témoignent de déficits cognitifs très typiques, qui se manifestent comme une difficulté à établir des relations entre des éléments locaux discrets et leur signification acquise (repère désignant l’entrée d’un couloir, par exemple). Des expériences sont en cours, qui permettent de préciser les déficits cognitifs et les capacités préservées. Ces expériences soulignent la difficulté de ces rats à utiliser un complexe de traces olfactives ou d’objets distincts pour s’orienter dans une grande enceinte (homing board, Schenk 1989 ; Rossier et al. 2003), alors que leur performance est normale lorsque les indices sont simples et peu nombreux.

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8: Cascade pathologique de la maladie d'Alzheimer : comment un ensemble de déficits peut résulter d'une modification génétique spécifique

Les plaques séniles et les dépôts de protéines ß-amyloïdes sont impliqués dans le vieillissement pathologique. La prise en compte des relations métaboliques entre ces différents composants permet de formuler des hypothèses concernant la cascade pathologique.

L'hypothèse amyloïde est aujourd'hui l'une des plus solides, car un lien causal a été établi entre certaines mutations sur les gènes affectant le métabolisme de la protéine ß-amyloïde et l'apparition de la maladie d'Alzheimer (MA) dans un certain nombre de familles affectées par une forme héréditaire de la maladie.

Le principal composant des plaques diffuses et neuritiques est un peptide de 42-43 (ß-amyloïde (Ab42-43)). Ce peptide est lui-même produit par protéolyse à partir d'un précurseur communément dénommé APP (amyloid protein precursor), protéine glycosylée comportant un seul domaine transmembranaire.

Nos recherches sur la maladie d'Alzheimer reposent sur une approche expérimentale visant à évaluer un spectre de déficits sur des souris transgéniques surexprimant les protéines APP de différents âges. En effet, les modèles animaux présentent un intérêt peu exploité de montrer comment un ensemble de déficits peut résulter d’une modification génétique spécifique.

Nous avons posé un certain nombre d'hypothèses de travail, à savoir :

1. Dans la mesure où les modifications comportementales observées chez les souris APP représentent des équivalents de la MA, on doit pouvoir en comprendre les conséquences au niveau de l’architecture cognitive des animaux atteints. Pour tester cette hypothèse, nous avons combiné des tests des fonctions cognitives spatiales qui représentent le meilleur modèle animal de mémoire épisodique, avec des tests permettant d'évaluer l'activité spontanée, en intensité et dans son organisation. Nous avons en outre facilité, dans une tâche spatiale, l'expression des stratégies de type associatif, dont nous attendons qu'elles représentent des stratégies compensatoires transitoires susceptibles de compenser, en partie, les déficits cognitifs au cours de l'évolution de la maladie.

Nous avons pu remarquer que les souris PD-APP sont significativement différentes des souris contrôles tant dans leurs capacités cognitives déficitaires que dans leur comportement exploratoire.

2. Si la cascade amyloïde est impliquée dans la genèse et le développement de la MA nous devons trouver un lien entre les déficits comportementaux et histologiques.

Pour soutenir cette hypothèse, nous avons effectué des corrélations, au sein des groupes de souris, entre des paramètres comportementaux et les dépôts amyloïdes.

Nous avons pu établir un lien entre les plaques séniles et les performances. En effet, ce sont les souris PD-APP avec un maximum de plaques amyloïdes qui ne sont pas capables de présenter un comportement adaptatif suffisant pour effectuer la tâche spatiale de manière satisfaisante. Nous avons également pu mettre en évidence des caractéristiques spécifiques (telles que lenteur, comportements stéréotypés) qui semblent associées à la quantité de dépôts de plaques amyloïdes.

Une analyse différentielle nous a permis de mettre en avant des marqueurs comportementaux (hyperactivité, comportements stéréotypés, lenteur de nage, déficit dans un apprentissage de place, capacité résiduelle survenant sporadiquement) qui pourraient être des indicateurs de la maladie d'Alzheimer liés eux aussi à la densité des plaques amyloïdes (en collaboration avec G. Leuba et collaborateurs).

3. Enfin nous testons l’hypothèse selon laquelle le développement des déficits cognitifs, bien que dépendant de l'âge, résulte d'un vieillissement pathologique et n'est pas inhérent au vieillissement normal.

A ces fins, nous avons étudié les performances de souris de différentes cohortes d'âges avec l'objectif de dissocier l'effet du vieillissement normal et du vieillissement pathologique.

>> Projets de recherche

Fonds de recherche :

Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique No SNF-3100-061938.00, EC Contract No- QLK6-1999-02203

Techniques :

  • Place learning tasks (Homing board, open and partitioned Morris mazes, Petri dish arena)
  • Open field arenas (object recognition, activity and reactivity tests, emergence)
  • Modular mazes (automatic 8-arm radial, Y maze, 3-d network mazes, plus maze)
  • Controlled environments (white / IR light ; restricted / disconnected view)
  • Tracking system (Ethovision)
  • Night vision devices
  • Digital stereotaxic apparatus
  • Morphology (light microscope)
  • Immunohistochemistry methods
  • Object image (NIH Image)

Collaborations :

  • FBM / DBCM : Prof. J.-P. Hornung
  • FBM / DPT : Prof. S. Cotecchia
  • SSP / IP : Prof. C. Brandner
  • UNIGE / FAPSE : Dr R. Maurer

Collaborations HOSPVD :

  • DP-CHUV / CNP : Dr KQ Do
  • DP-CHUV / SUPAA : Dr G. Leuba PhD
  • DP-CHUV / PGE, Minkowsky : Dr P. Vianin
  • DP-CHUV / PCO, Centre du Jeu Excessif : Mme L. Aufrère

International collaborations :

  • UCB : Prof. L. Jacobs
  • ORSAY : Dr P. Gisquet
  • CNRS Marseille : Dr B. Poucet
  • Dr Christian Giaume - Collège de France (suite de EC project "Target astrocytes in Alzheimer's disease"
  • Laboratoire de la physiologie de la Perception et de l'Action, Collège de France,
  • Dr S. Wiener, Dr L. Rondi-Reig (ontogenèse de l'orientation - projet expérimental sur souris KO CA1).


Dernière modification le 16.01.2012 - Impressum - Informations juridiques