|
Les fibromes utérins Le traitement des fibromes par embolisation est basé sur une technique radiologique déjà relativement ancienne qui consiste à obstruer un vaisseau. Elle est surtout utilisée en gynécologie pour arrêter des hémorragies après un traumatisme ou après un accouchement. Cette technique s’adresse aux patientes souffrant de fibromes symptomatiques et qui désirent garder leur utérus. Au CHUV, les patientes pour une embolisation utérine sont prises en charge conjointement par un radiologue interventionnel, un gynécologue et un anesthésiste. Vous trouverez ici des explications plus détaillées et les coordonées des personnes à contacter.
|
|
Démarches à entreprendre : Si vous êtes intéréssée par cette technique, les points suivants sont à retenir : - le diagnostic de fibrome doit être confirmé - vous ne devez plus souhaiter avoir des enfants - vous pouvez nous consulter directement, mais si vous avez un médecin de famille ou un gynécologue il peut aussi nous contacter - avant l’intervention vous serez vue par un des médecins qui vous prendra en charge lors de l’intervention afin de vous expliquer le déroulement de l’embolisation avec ses bénéfices et complications éventuelles - un séjour de 48 à 72h sera nécessaire, que votre assurance prendra en charge.
Documentation Que sont les fibromes? La technique de l'embolisation Les effets secondaires Les complications La grossesse après embolisation Les résultats Les autres traitements existants
Liens vers d'autres sites
|
Que sont les fibromes? Les fibromes sont des tumeurs bénignes qui se développent dans la paroi utérine. Environ 15-35% des femmes sont porteuses de fibromes utérins. Dés que le fibrome atteint un certain volume, il devient symptomatique (il se manifeste) et les symptômes vont dépendre de sa localisation. Généralement, ils se manifestent par des saignements plus importants que d’habitude soit lors des rêgles soit en dehors de ces périodes ou par une sensation de pesanteur dans le bas-ventre. Le diagnostic est confirmé par un ultrason, mais d’autres examens comme une IRM sont pratiqués avant l’embolisation afin d’exclure avec sécurité d’autres pathologies, telles qu’une adénomyose, qui est une prolifération de la muqueuse de l’utérus et qui peut donc aussi causer une augmentation de volume avec des symptômes identiques à des fibromes.
|

|
|
La technique de l'embolisation retour Elle est déjà utilisée depuis longtemps pour arrêter les hémorragies dues à des traumatismes du bassin ou après des accouchements compliqués. Elle est couramment pratiquée au CHUV, où plusieurs centaines d’embolisation sont pratiquées tous les ans. L’embolisation dans le contexte des myomes a d’abord été introduite en France pour diminuer les hémorragies lors d’excisions de fibromes (myomectomies). On s’est ensuite aperçu que les myomes diminuaient de volume en attendant la chirurgie et que les symptômes disparaissaient! C’est ainsi qu'est venue l’idée de traiter les fibromes par une embolisation sans autre traitement associé. L’embolisation se fait sous anésthésie péridurale, ce qui permet d’éviter les douleurs qui suivent dans les heures suivant l’intervention. Le radiologue interventionnel ponctionne l’artère fémorale qui se trouve dans le pli inguinal et y introduit un petit cathéter, le trou d’entrée mesurant moins de 2mm. Par la suite, ce cathéter est avancé à l’interieur des vaisseaux sous contrôle radioscopique. Une injection de produit de contraste est alors réalisée pour comprendre l’anatomie, c’est à dire le nombre et le trajet des artères vascularisant l’utérus et les fibromes. Le cathéter est alors placé dans une des deux artères utérines pour l’embolisation (images ci-contre). L’embolisation consiste à injecter des micro-billes de moins de 1mm dans l’artère utérine jusqu’à ce que les petites artères des fibromes soient bouchées. Ensuite on place le cathéter dans l’artère utérine de l’autre côté pour le même procédure. Les fibromes, qui aspirent beaucoup de sang, aspirent aussi le microbilles et "s’étouffent"! L’intervention dure environ une heure. Pendant cette intervention, vous êtes n’êtes pas endormie et vous pouvez suivre l’intervention en direct avec votre radiologue interventionnel.
|
Artériographie avant embolisation


|
Artériographie après embolisation


|
Les effets secondaires: retour La patiente ne ressent aucune douleur, puisque l’intervention se fait sous anésthésie péri-durale. Par contre, des nausées ou vomissements peuvent survenir. Ils seront contrôlés par une médication adéquate. De la fièvre est également possible, transitoirement. Ces symptômes peuvent persister quelques jours après l’intervention, de façon atténuée, en particulier des crampes dans le bas-ventre. Généralement, on peut reprendre le travail après une semaine.
Les complications: Les complications concernent moins de 3% des procédures. Les complications sérieuses sont dues à une ischémie trop importante de l’utérus pouvant s’associer à une infection. Cela est heureusement rare, et une hystérectomie est nécessaire dans moins de 1% des cas. Les complications touchant les autres organes pelviens sont encore plus rares: dans 3-4% des cas survient une ménopause due a l’embolisation concomitante des artères ovariennes.
Il faut cependant garder à l’esprit que les hystérectomies et ménopauses sont des accidents qui surviennent aussi après une myomectomie.
En ce qui concerne les effets éventuels des rayons X, les études suggèrent que les doses d’irradiation lors de l’embolisation n’ont pas de conséquences à long terme ni pour la femme, ni pour les enfants à venir.
Les contre-indications: Ce sont les fibromes trop volumineux dont le volume résiduel, même après embolisation, serait susceptible de causer des symptômes. Les fibromes situés à l’extérieur de l’utérus pourraient ainsi tomber dans la cavité péritonéale après l’embolisation.
- Certains fibromes situés sous la muqueuse uterine sont plus facilement accessibles à une ablation sous hysteroscopie (une petite caméra introduite dans la cavité uterine guide la résection du fibrome sous contrôle de la vue)
- On évite également d’emboliser des femmes qui envisagent encore d’avoir des enfants.
La grossesse après embolisation: L’effet d’une embolisation utérine sur une future grossesse est encore mal connue, vu que les fibromes symptomatiques concernent heureusement surtout les femmes autour de 40 ans. Cependant des grossesses après embolisation sont déjà survenues, sans poser de problèmes. Leur nombre est cependant encore largement insuffisant pour en tirer des conclusions pour les futures mamans.
|
IRM avant embolisation

|
IRM après embolisation

|
Les résultats retour Plusieurs milliers d’embolisations utérines ont été pratiquées jusqu’à ce jour, et les études ont montré une régression des symptômes dans plus de 90% des cas. La diminution de volume des fibromes est d’environ 50% dans les trois mois, avec une réduction d’environ 35% du volume utérin. Mais cette réduction se poursuit ensuite pendant plusieurs mois. Si vous êtes intéressée par ce traitement nous vous invitons à nous contacter à l’adresse mentionnée ci-dessus.
|
Les autres traitements possibles retour
|
Traitements
|
Description
|
Avantages
|
Désavantages
|
|
Hormonothérapie
|
Traitement médicamenteux à base de GnRh supprimant la production d’oestrogènes
|
Diminution de la taille du fibrome facilitant le traitement chirurgical
|
Provoque une ménopause médicamenteuse. Reprise de la croissance des fibromes dès l’arrêt du traitement.
|
|
Hystérectomie totale
|
Par ouverture abdominale, par voie transvaginale ou par laparoscopie
|
Disparition définitive de la symptomatologie
|
Perte de l’utérus, donc stérilité définitive, risque anesthésique et chirurgical
|
|
Myomectomie
|
Extirpation du fibrome par voie abdominale, tansvaginale ou laparoscopique
|
Conservation de l’utérus
|
Risque anesthésique et chirurgical, jusqu’à 20% de transfusions, récidives de 15%-30%.
|
|
Myolyse
|
Electrocoagulation des fibromes par voie laparoscopique
|
Peu invasif
|
Traitement récent, adhérences fréquentes
|
|
Embolisation utérine
|
Ponction de l’artère fémorale et cathétérisme des artères utérines suivi d’injection de microbulles
|
Conservation de l’utérus, 90% de succès Anesthésie péridurale
|
Crampes abdominales possibles dans les jours suivants, pertes vaginales, infections rarissimes.
|
- L’hystérectomie, qui implique la perte de l’utérus. Elle est généralement proposée aux femmes avec des myomes nombreux et très volumineux, et qui ne veulent plus d’enfants. Elle est suivie d’une convalescence relativement longue, même si l’hystérectomie par voie transvaginale a raccourci la convalescence.
- La myomectomie, par voie abdominale, laparoscopique ou transvaginale. On enlève uniquement le fibrome, si sa taille ainsi que sa localisation le permettent. Il s’agit d’une opération plus délicate, souvent suivie d’adhérences, mais la convalescence est généralement plus courte. Son taux de complications est similaire à l’hysterectomie et le taux de récidive des symptômes est d’environ 15% à 30%.
- Les traitements hormonaux n’ont pas une efficacité prouvée et leur effet sur la taille des fibromes est transitoire. Il s’agit d’analogues de la Gn-RH qui inhibe la production des oestrogènes par les ovaires. Ils produisent une ménopause transitoire avec tous les inconvénients qui s’y rapportent et la déminéralisation osseuse qui correspond à une ostéoporose limite leur emploi à six mois. Les fibromes repoussent à la fin du traitement sous l’influence du retour des hormones.
- La myolyse est une électrocoagulation des fibromes par laparoscopie. C’est une technique très récente qui consiste à amener du courant par deux électrodes plantées à quelques centimètres l’une de l’autre dans le fibrome. Cette technique est efficace pour les fibromes sous-séreux et intramuraux de moins de 10 cm. Pour le moment, cette technique nouvelle est réservée aux femmes ne désirant plus de grossesses.
Adresses de contact au CHUV:
Dr Francesco Doenz, Médecin associé Service de Radiologie Diagnostique et Interventionnelle Tél. 021 314 44 44 email: francesco.doenz@hospvd.ch
Liens vers d'autres sites traitant du même sujet: retour
Oregon Health Sciences University: http://www.ohsu.edu/dotter-fibroid/index.html
Georgetown University Hospital : http://www.fibroidoptions.com/
Fibroid medical center de la californie du nord: http://www.fibroidworld.com/
Association américaine des médecins de famille: http://www.aafp.org/afp/20000615/3601.html
Fibroid treatment collective http://www.fibroids.com/
Duke Universitiy Medical Center http://www.radweb.mc.duke.edu/ufe/
http://www.uterinefibroids.com/
|