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Sarcomes: une affaire de spécialistes

Dr Maurice Matter

Les sarcomes sont un type de tumeur particulièrement agressives qui peuvent apparaître sur une quelconque partie du corps, à partir des tissus de soutien (solides ou mous). Difficiles à prévenir, compliqués à diagnostiquer, ils ne peuvent être contrés qu’au prix d’une prise en charge personnalisée très en amont par des spécialistes expérimentés. Explications avec le Dr Maurice Matter, médecin chef au Service de chirurgie viscérale du CHUV.


Une «simple excroissance», de la taille d'une balle de golf, peut dans certains cas cacher une toute autre réalité: un sarcome.

Cette tumeur rare, dont il existe plus d’une centaine de typologies différentes, est particulièrement violente en raison de son potentiel d’invasion et des métastases se formant à distance. Pouvant attaquer les os comme les tissus mous (muscles, tendons, etc.), elle peut se déclarer tant chez un adulte que chez un enfant. En Suisse, on estime que 350 nouveaux cas environ sont détectés chaque année, dont un quart sont traités au CHUV par différents moyens (chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie, souvent en association).


Dès lors, comment prévenir la maladie?

«La prévention dite primaire, à savoir, celle qui vise à éviter le cancer est pour l’heure impossible, avertit le Dr Matter, spécialiste des sarcomes digestifs au CHUV. Si pour les mélanomes, il est recommandé de ne pas s’exposer abusivement au soleil, pour les sarcomes par contre, les facteurs de risques ne sont aujourd’hui pas clairement identifiés.»

Quant à la prévention de deuxième ordre, à savoir le dépistage, la tâche s’avère bien compliquée. En effet, pratiquer une résection sans diagnostic peut, dans certains cas, répandre la tumeur sur les tissus avoisinants et aggraver la situation. L’on parle alors de «whoops surgery». «Dès qu’il y a un «haut degré de suspicion» chez un patient, on doit recommander à la population ou les médecins de demander un premier ou un deuxième avis auprès d’un spécialistes du domaine. Dans la majorité des cas, il n’y a pas lieu de se précipiter», rassure le Dr Matter. «Le plus important, avant même de traiter la maladie, est de démarrer avec les bons examens, de ne pas partir faux en ayant un diagnostic précis», ajoute-t-il.

Cette prévention dite tertiaire a pour objectif de réduire l’impact de la maladie. Au vu de la rareté de la maladie et de l’existence d’une centaine de différentes variantes, une médecine de type personnalisée s’est ainsi développée, exigeant une importante infrastructure de spécialistes. Cette infrastructure existe depuis environ une vingtaine d’années au CHUV et bénéficie déjà d’une large expérience. C’est sur ces fondements que le Centre des sarcomes du CHUV a été pensé. Il a été officiellement inauguré le 1er octobre 2016. Cette politique de santé se développe par ailleurs actuellement aussi dans d’autres Centres de référence en Suisse.


Un centre d’expertise de référence

«Traiter la rareté demande une politique de centre efficace», explique le médecin chef. En moyenne, un ou deux nouveaux cas par semaine sont soumis à l’expertise des spécialistes du centre. Réunis en un colloque hebdomadaire, radiologues, pathologues, oncologues, orthopédistes, chirurgiens plastiques, thoraciques ou viscéraux, ou encore ORL discutent des différentes possibilités de traitement. Parfois le diagnostic initial peu exiger un second avis à leurs homologues de Boston.

Concentrer une expertise de pointe autour du patient, dans une approche multidisciplinaire enrichissante pour le professionnel, favoriser la recherche et assurer la formation et l’enseignement des cliniciens du CHUV, tels sont les enjeux de taille du Centre des sarcomes. Le patient, quant à lui, y trouve, outre une prise en charge sur mesure, un accompagnement humain de tous les instants.