CHUV
Les activités du CHUV
MENU
Centre
des sarcomes
Accueil > Patients et famille > Témoignages > Marie Ferreira

Notre équipe

Votre prise en charge

«C’était une longue bataille, mais je n’ai jamais baissé les bras»

Mme Ferreira

Diagnostiquée subitement d’un sarcome à un stade avancé, Marie Ferreira, 49 ans, n’a eu qu’une semaine pour accepter ou non l’amputation que le chirurgien lui conseillait. Cet acte lui a donné une nouvelle espérance de vie. Echange avec une femme au caractère volontaire, décidée de vivre avec - et au-delà de - sa maladie.


Comment est-ce que votre maladie a été découverte?

La séquence des évènements a été très rapide: à l‘été 2013, j’étais souvent fatiguée, je me levais avec peine et ma jambe était douloureuse. Mon médecin généraliste m’a d’abord prescrit des séances de physiothérapie, puis une IRM. Celle-ci a révélé une tumeur. J’ai alors été adressée au CHUV où mon chirurgien oncologue m’annonçait en février la nécessité d’amputer ma jambe jusqu’au genou. Cette opération m’a certainement sauvé la vie.

Votre combat contre la maladie n’était pourtant pas terminé…

Effectivement, j’ai fait une rechute six mois après l’amputation car je souffrais d’une nouvelle tumeur dans les poumons. J’ai dû commencer une chimiothérapie très lourde, et retirer une partie du poumon atteint. C’était une longue bataille, mais je n’ai jamais baissé les bras.  

Qu’est-ce qui vous a permis de garder le cap?

J’ai su accepter ce que les médecins m’annonçaient. Je leur avais demandé de me parler en toute franchise tout au long de mon parcours à l’hôpital. Cela m’a permis de prendre conscience de mon état, et surtout d’agir contre la maladie, en choisissant moi-même le traitement avec leur conseil et soutien.

Quel était le ressenti de votre famille durant cette période?

Mes deux fils et mon mari ont bien sûr subi un choc. Je les ai écoutés, je les ai soutenus et je leur ai surtout expliqué que nous ne pouvions pas abandonner la lutte, -ni eux, ni moi. A cette époque, mon fils cadet finissait son gymnase et, malgré tout, il a terminé ses études avec succès… (Ndlr. Marie Ferreira sourit).  

Et de vos parents?

Lorsque ma mère m’a demandé comment je me portais, je lui ai répondu: «J’ai une jambe neuve maman, et elle et moi allons bien». C’était un moment chargé d’émotions si fortes… Le fait que j’aie pu accepter la situation, et que je sois encore là, à ses côtés, lui donnait du réconfort, au-delà de sa tristesse et du premier choc.

Avez-vous partagé votre expérience avec d’autres patients?

Mon cancer est assez rare. Mais lors d’une de mes hospitalisations, mon chirurgien orthopédique m’a demandé si je pouvais rencontrer une jeune femme, qui vivait la même expérience que moi. Mais ayant un enfant en bas-âge, elle disait ne pas pouvoir affronter l’épreuve de l’amputation. Je lui ai expliqué qu’avec sa «nouvelle» jambe, elle pourrait continuer à vivre, profiter de son enfant, le voir grandir…

Vous faites preuve d’une grande force pour épauler les autres. Mais de votre côté, vous êtes-vous senti aidée?

Les médecins m’ont apporté un immense soutien; ils forment d’ailleurs une famille pour moi. Une personne en particulier, l’infirmière clinicienne du Centre des sarcomes, a été et reste un repère hors norme. Elle m’a initiée notamment aux soins complémentaires: l’hypnose m’aide à trouver un certain calme, une sérénité, et l’acupuncture a certainement contribué à réduire mes douleurs fantômes, apparues suite à la perte de ma jambe.

Est-ce que la maladie a changé votre façon de vivre?

Evidemment, mon affaiblissement dû à la maladie et à la rechute m’obligent à prendre la vie au jour le jour. Je me déplace actuellement avec une chaise roulante ou je porte une prothèse. Mais je vois à présent la vie d’une autre manière: je goûte intensément le moindre petit plaisir qu’elle m’offre. Je me permets aussi de me projeter dans le futur: j’ai non seulement découvert une force en moi, mais je crois aussi que la recherche actuelle apportera des solutions aux patients comme moi.