
Volume 7, Numéro 4, Décembre 2000
Courrier du lecteur
Selon l’OFSP/SUVA, il est actuellement recommandé d’obtenir une réponse anti-HBs>100 UI/L pour considérer le personnel médical/paramédical comme protégé. Entre 10-100 UI/L, il faudrait pratiquer des injections annuelles pour maintenir l’immunité.
Toutefois, les recommandations de l’ACIP*, mentionnent qu’une réponse anti-HBs supérieure à 10 UI/L définit la réponse au vaccin et qu’aucune mesure supplémentaire n’est indiquée dans ces cas, même en cas d’exposition.
Dès lors, quelle attitude adopter ?
F. Zysset, Lausanne
* Immunization of Health-Care Workers. Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP) and the Hospital Infection Control Practices Advisory Committee (HICPAC). MMWR 1997 / Vol. 46 / No. RR-18
Les recommandations de l’ACIP étaient déjà connues lors de la formulation des recommandations suisses actuelles. Il est essentiel de préciser les éléments suivants qui sont souvent mal compris.
1. Une concentration d’anticorps anti-HBs supérieure à 10 UI/L protège contre l’hépatite B (limite reconnue internationalement)
2. Après une vaccination complète (0,1,6), une concentration anti-HBs entre 10 et 100 UI/L définit le groupe des «faibles répondeurs». Ces personnes sont également protégées aussi longtemps que les anti-HBs restent supérieurs à 10 UI/L. En revanche leur protection est incertaine lorsque ces anticorps ne sont plus détectables, l’efficacité de la protection à long terme reposant essentiellement sur la persistance d’une mémoire immunologique capable d’induire très rapidement une réponse humorale en cas d’exposition au virus. En revanche, on considère que les personnes qui ont réussi à monter une concentration d’anticorps au-dessus de 100 UI/L disposent d’une mémoire immunologique leur conférant une protection de longue durée (la durée de cette protection reste d’ailleurs encore à déterminer, les études épidémiologiques ayant actuellement un recul de 15 ans environ). La limite de 100 UI/L est bien sûr arbitraire. Hormis les cas d’infection chez les non-répondeurs, de rares cas d’infection chronique ont également été rapportés chez des personnes avec des anti-HBs inférieurs à 100 UI/L après vaccination, raison du choix suisse (qui est d’ailleurs également celui de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas). On peut discuter sur le bien-fondé d’une telle limite, mais il nous semble néanmoins important de la maintenir pour le personnel médical/paramédical compte tenu du fait qu’il s’agit d’un risque professionnel et que nous ne conseillons plus aucun rappel chez les répondeurs. Il faut donc que les personnes de ce groupe professionnel soient vraiment des répondeurs et non des cas limites.
3. La limite de 100 UI/L ne concerne évidemment que les personnes avec un contrôle sérologique pratiqué dans les 6 mois après la dernière injection d’une vaccination complète. Elle n’est plus valable chez les personnes vaccinées de longue date et dont les anticorps ont forcément décliné. Une attitude pragmatique est de mise dans ces situations (rappel selon la concentration des anticorps et le temps écoulé depuis la dernière vaccination: par exemple si une personne a encore 50 UI/L cinq ans après la vaccination, il est fort probable que la concentration était largement supérieure à 100 UI/L si un contrôle avait été effectué, donc pas de rappel).
R. Kammerlander
Office Fédéral de la Santé Publique