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Centre des tumeurs thoraciques
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Les infirmiers cliniciens spécialisés

Département d'oncologie


La recherche, une priorité pour les soins

Pre Solange Peters

Au CHUV, plus de 200 nouveaux cas de cancers thoraciques sont pris en charge chaque année. Ouvert en 2015, notre centre reçoit les patients atteints de ces maladies pour leur offrir des soins novateurs, adaptés au plus près de leurs besoins.

Précisions avec la Pre Solange Peters, oncologue médicale.  


Pourquoi avoir créé ce centre?

La volonté était de consolider l’approche que nous menons depuis déjà de nombreuses années. A savoir, une prise en charge assurée par des spécialistes de diverses disciplines médicales, dont les activités sont inextricablement liées et s’organisent de concert autour du patient.

Pour quels avantages?

Deux me viennent spontanément à l’esprit. Premièrement, cette organisation nous permet d’offrir des soins optimaux, qui s’appuient sur une médecine basée sur les évidences et fournis par l’ensemble de mes collègues, et sur une ouverture à l’innovation à travers notre recherche clinique très active. Ensuite, cette organisation garantit un travail de qualité, grâce au nombre élevé de patients que nous traitons et à la banque de données commune que nous alimentons en permanence avec nos observations. De plus, nous visons à faire certifier notre centre par un label de qualité.

Et qui sont les spécialistes dont vous parlez?

Ils sont chirurgiens, pathologues, pneumologues, radiothérapeutes, oncologues, nucléaristes ou encore radiologues. Je souligne aussi le rôle des infirmiers cliniciens qui servent en quelque sorte de fil conducteur entre ces spécialistes et le patient. Sans compter que certains de nos médecins sont également chercheurs. Ils peuvent proposer ainsi à nos patients des traitements nouveaux ou la participation à des études cliniques.

La recherche occupe donc une place de choix?

Certainement! Nous participons ou initions de plus en plus de protocoles de recherche, qu’ils soient locaux, nationaux ou internationaux. Le centre en est à ce jour le leader en Suisse pour les cancers thoraciques localement avancés ou métastatiques. Il en va de même au niveau international pour les études cliniques en immunothérapie.

Mais qu’apporte la recherche au patient?

Faire face à un diagnostic de ce type de cancer est très éprouvant. Il me semble donc précieux d’informer nos patients non seulement sur les traitements disponibles, mais aussi sur les avancées issues de la recherche, qui sont souvent prometteuses en comparaison avec les traitements standards. Il faut savoir qu’en une vingtaine d’années, de multiples méthodes ont été développées. La pharmacologie a notamment connu une évolution impressionnante et la cartographie génétique de ces maladies devient de plus en plus précise.

Et ces nouvelles stratégies portent sur quels cancers?

Nos études cliniques concernent tous les types de cancers thoraciques, aux différents stades de la maladie. Le centre a généralement dix à quinze études cliniques toujours en cours.

Comment est-ce que le patient est intégré dans l'une des ces études?

Cette décision est prise lors du tumour board. Celui-ci réunit chaque semaine les spécialistes et chercheurs de nos différentes disciplines, pour élaborer une proposition thérapeutique d’après le diagnostic du patient. Cette organisation existe depuis quinze à vingt ans déjà. A l’époque, seuls les cas les plus complexes étaient présentés et discutés, tandis qu’ils le sont tous aujourd’hui, quel que soit le stade de la maladie. Nous voyons ensemble s’il est préférable que le patient bénéficie d’une prise en charge standard ou participe à une étude clinique, tout en tenant compte de ses préférences. Les infirmiers cliniciens et les docteurs prennent, avant et après, le temps d’informer le patient en détail sur les différentes possibilités qui s’offrent à lui.

Et quelles sont les pistes prometteuses de la recherche?

Indiscutablement l’immunothérapie! Notre système de défense est en principe armé pour lutter contre les cellules anormales, comme les cellules cancéreuses. Mais celles-ci ont la particularité de pouvoir précisément contourner le système immunitaire. L’immunothérapie consiste alors à mobiliser et renforcer les propres cellules de défense des patients. Actuellement, nous sommes en mesure de proposer dans certains cas ce traitement plutôt que l’administration d’une chimiothérapie standard. Notre intérêt est de définir des traitements ciblés, qui tiennent compte des spécificités individuelles de chaque personne et de sa maladie.