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Simuler pour mieux soigner

Depuis trois ans, le Service des urgences propose des journées de formation au déchocage. Le service vient d’acquérir un tout nouveau mannequin-simulateur, de dernière génération, capable de simuler différentes pathologies et de réagir aux traitements médicaux. Une façon innovante d’améliorer le travail d’équipe lors des situations de crises.


Un homme d’une soixantaine d’années vient d’arriver en salle de déchocage. Il se plaint de troubles respiratoires. «Je me sens fatigué et j’ai la tête qui tourne», articule-t-il péniblement. Tachycardie extrême, hypotension, très vite le médecin «team leader», qui dirige l’opération, prend la décision d’administrer un choc électrique pour restaurer un rythme cardiaque régulier. Le patient est endormi à l’aide de médicaments par voie intraveineuse, puis trois chocs électriques lui sont administrés. Le rythme cardiaque se normalise, la tension remonte, et pour l’équipe de médecins et d’infirmiers, la pression retombe autour d’un café. La scène qui vient de se produire est d’un réalisme troublant, il ne s’agit que d’une simulation.

Un mannequin high-tech

Une prouesse rendue possible grâce à un mannequin truffé de technologies et capable de reproduire physiologiquement de très nombreux scénarios pré-déterminés. Le modèle parle et répond aux questions, on peut l’ausculter, lui prendre son pouls, contrôler ses pupilles, l’intuber, le défibriller ou lui injecter des médicaments. Il réagit aux gestes médicaux et son état peut s’améliorer ou se dégrader faute de soins appropriés. «Nous le contrôlons à distance, et nous adaptons ses réactions en fonction du comportement des participants», explique le Dr Lionel Trueb, médecin associé au Service des urgences et formateur ALS.

Depuis janvier 2010, le Service des urgences propose une formation ALS (Advanced Life Support) au déchocage. Une journée et quatre scénarios suivis à chaque fois de débriefing en groupe. Dans la salle ce matin-là, il y a des infirmières, des chefs de clinique et des médecins assistants. Devant les participants du jour, le Dr Lionel Trueb, se veut rassurant. «Vous n’êtes pas là pour être évalué, mais pour acquérir des compétences. Ce qui se passe aujourd’hui restera confidentiel.»

Ces élèves sont tous des professionnels, techniquement aguerris. La formation entend plutôt développer leurs compétences relationnelles au sein d’une équipe interdisciplinaire: mieux communiquer, affirmer son leadership, mieux anticiper ou encore savoir demander de l’aide quand c’est nécessaire.


Améliorer le travail d'équipe

Trois pièces ont été aménagées pour la formation. Un premier local est destiné à la simulation. Il est doté de tout le matériel médical que l’on peut trouver dans une salle de déchocage, dans une configuration similaire. Seule différence: des caméras et des micros en filment tous les recoins.

La deuxième pièce, équipée en matériel de projection, sert au débriefing et à l’évaluation des interventions. La troisième pièce est la régie qui permet de piloter le tout. Et force est de constater que le réalisme des situations plonge immédiatement les participants dans un état de concentration intense. Tandis qu’un groupe s’active autour du patient fictif, l’autre visionne, captivé, la séquence en direct depuis la pièce voisine.

Le débriefing permet ensuite de confronter les observations des uns et des autres. Assis en cercle, tous commencent par livrer leurs impressions. «J’étais beaucoup plus stressée que sur un vrai déchoc», confie une infirmière. Sa voisine, cheffe de clinique et leader dans cet exercice, témoigne, elle, d’une certaine confiance. «On l’a ressenti, c’était stimulant pour nous», renchérit un infirmier. "C’est très important qu’ils puissent exprimer leurs émotions. Il se passe des choses fortes, en simulation comme dans la vraie vie, constate le Dr Lionel Trueb. C’est un grand support pour l’apprentissage. En tant que formateurs, notre rôle doit être le moins actif possible. A ce niveau de professionnalisme, les participants apprennent d’eux-mêmes.On les voit évoluer au fil de la journée, s’ouvrir, et parfois des déclics se produisent.»

Parmi les formateurs, on trouve aussi bien des médecins que des infirmiers. L’interdisciplinarité guide la formation, chacun doit pourvoir trouver sa place tout en comprenant les contraintes et impératifs de ses collègues. Une fois de retour sur le terrain, c’est souvent un autre regard qui est posé sur le travail d’équipe. Une meilleure communication qui permet une plus grande réactivité dont les premiers bénéficiaires sont les patients.