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Détecter le cancer précoce de la vessie par fluorescence

Grâce à une substance développée par le Service d’urologie du CHUV, l’Université de Lausanne et l’EPFL, les tumeurs de la vessie deviennent fluorescentes et sont plus facilement repérables. Ce procédé de détection est commercialisé en Europe et aux Etats-Unis.


Une substance chimique, développée par le Pr Patrice Jichlinski, chef du Service d’urologie du CHUV, avec le Pr Pavel Kucera de l’Université de Lausanne (UNIL) et le Pr Hubert van den Bergh de l’EPFL, permet de détecter de façon précoce et fiable le cancer de la vessie. Mis sur le marché en 2005 en Europe et en 2010 aux Etats-Unis, son principe est d'induire une sensibilisation spécifique des cellules cancéreuses qui se trouvent dans la vessie à la lumière et de les rendre fluorescentes.

Aider le diagnostic et réduire les risques de récidives

L’hexylaminolévulinate, c’est le nom de cette substance, est instillé dans la vessie du patient environ une heure avant l’examen. Ce produit a la particularité d’amener les cellules cancéreuses à accumuler et à produire davantage de porphyrines photoactives. Ces molécules naturelles ont en effet la propriété d’être fluorescentes.



Examen par fluorescence

Le médecin peut ensuite examiner l’intérieur de la vessie au moyen d’une caméra endoscopique - ou cystoscopie -, équipée non seulement d’une lumière blanche standard, mais également d’une lumière bleue spéciale qui détecte les taches fluorescentes. Les cellules tumorales apparaissent alors de manière contrastée comme des zones rouges sur un fond bleu-vert.



L’avantage de la cystoscopie de fluorescence en lumière bleue est de déceler les petites tumeurs qui restent invisibles lors des examens conventionnels, et particulièrement le carcinome in situ, une sorte de tumeur agressive difficile à diagnostiquer car se présentant souvent sous la forme d’une lésion plane. «Cette méthode permet d’identifier 30% de patients supplémentaires atteints d’un cancer de la vessie et de mettre en évidence 67% de lésions précoces en plus, précise le Pr Jichlinski. En outre, le chirurgien peut enlever les tumeurs avec beaucoup plus de précision, ce qui favorise ainsi une sensible réduction du risque de récidives».

De la recherche fondamentale à la prise en charge des patients

L’histoire de cette découverte remonte aux années 1990, lorsque le Pr Jichlinski est contacté par le Pr van den Bergh de l’EPFL. Ce dernier travaillait depuis longtemps sur la photodétection et la photothérapie en médecine. Ces méthodes traitent de l'action de la lumière (le laser) sur les tumeurs, préalablement sensibilisées par une substance chimique, pour les détecter (par fluorescence) ou les détruire.

L'originalité du groupe de recherche a été d'optimiser les caractéristiques de la substance pour amplifier la fluorescence des cellules tumorales. Sa mise au point a nécessité un modèle in vitro d'échantillons de muqueuses de vessies de porc, obtenues auprès d'un abattoir de la région. Puis elle a fait l’objet d’un brevet, et un accord de licence a été passé avec une société pour la fabrication et la commercialisation du produit.

Fruit de la collaboration entre les différentes institutions lausannoises (CHUV, UNIL et EPFL), ce succès illustre parfaitement les applications cliniques immédiates que peut générer la recherche fondamentale.