Témoignage

Nathalie et Vincent* nous racontent leur parcours de PMA, suite à un diagnostic d’endométriose

Nathalie, 30 ans et Vincent, 38 ans ont tout d’abord essayé, comme tous les couples, d’avoir leur premier enfant naturellement. Ils essaient pendant plusieurs mois mais la grossesse ne se concrétise pas.

Nathalie ayant de fortes douleurs durant son cycle, pendant les règles mais aussi durant l’ovulation, elle décide d’aller consulter sa gynécologue qui soupçonne un problème fonctionnel ou de l’endométriose. La médecin lui prescrit dans un premier temps de l’ostéopathie spécialisée qui ne produit pas d’effet positif sur les douleurs. Nathalie passe ensuite une IRM qui confirme le diagnostic d’endométriose. « J’ai ressenti un peu de colère sur le moment, car durant l’adolescence, ma première gynécologue m’a toujours dit que c’était normal d’avoir mal quand on a ses règles, alors qu’en fait j’avais de l’endométriose ! »

Première consultation en Médecine de la fertilité

Quelques mois plus tard, elle consulte au CHUV en Médecine de la fertilité et endocrinologie gynécologique pour savoir si sa maladie peut impacter leur projet de grossesse. On lui fait passer quelques examens supplémentaires et Vincent, de son côté, réalise un spermiogramme.

Le couperet tombe quand le médecin leur annonce que sans traitement ou procréation médicalement assistée, cela tiendrait plutôt du miracle que Nathalie tombe enceinte naturellement, en raison de sa maladie.

Un choix à faire

« Quand je suis sortie de la consultation, je me suis retrouvée devant la Maternité en train de pleurer avec des femmes enceintes et des bébés qui passaient devant moi, ce n’était pas facile... Le docteur m’avait diagnostiqué une endométriose sévère de stade 4. Il m’a expliqué que mes deux ovaires étaient touchés, que j’avais une masse derrière l’utérus et qu’une de mes trompes pouvait être bouchée. J’avais alors la possibilité de réaliser une intervention chirurgicale, prise en charge par l’assurance maladie, mais dans mon cas, cette opération comportait un risque de me rendre stérile. L’autre option était la fécondation in vitro. »

Le couple se laisse alors un moment de réflexion pour décider de la suite, se renseigner sur les coûts, évaluer les chances de succès et en discuter avec leurs familles. « Durant cette période, nous nous sentions d’un côté très chanceux de pouvoir envisager cette démarche de PMA, car on le pouvait financièrement, contrairement à d’autres qui ne peuvent se l’offrir. D’un autre côté, on se sentait abandonné par le système de santé qui ne prend pas en charge les complications de la maladie, alors qu’une opération sans garantie de résultats, oui. »

Le parcours de PMA démarre

6 mois plus tard, ils décident de se lancer dans la fécondation in vitro. Commence alors la période des injections, des prises de sang et des échographies à répétition pour Nathalie. « Mon avantage était de travailler à proximité du CHUV ce qui me prenait moins de temps pour venir sur place. Avant la ponction des ovocytes, il faut en effet venir un jour sur deux pour faire des prises de sang, pour réajuster au besoin le dosage hormonal. »

Le prélèvement d’ovocytes permet ensuite d’en prélever 6 : « Trois ovocytes ont été fécondés, mais uniquement un seul a été au stade de J5 et était donc implantable. On a alors commencé à pratiquer la pensée positive, une fois le transfert de l’embryon réalisé ! »

Vincent, de son côté, fait au mieux pour accompagner sa compagne dans ce parcours : « Nous avons toujours beaucoup discuté et échangé, ce qui aidait à comprendre les réactions de l’un et de l’autre. »

Les deux semaines d’attente jusqu’à la prise de sang pour confirmer ou non la grossesse sont longues: « A chaque douleur, on se demande si on est en train de le perdre. » Pour se changer les idées, le couple prévoit des nombreuses activités et notamment un week-end à Zurich.

Le petit miracle…

Pour ne pas devoir déplacer leur week-end en amoureux, c’est donc dans cette ville que Nathalie fait une prise de sang pour savoir si elle est enceinte. « J’ai dû trouver un laboratoire où je pouvais aller faire cet examen ce qui n’était pas une mince affaire » Ses efforts ont toutefois été récompensés car suite à la prise de sang, le CHUV leur transmet LA bonne nouvelle en leur annonçant que Nathalie est enceinte !

Leur « petit miracle », comme ils aiment l’appeler, en est désormais à 6 mois de gestation in utéro et la grossesse se déroule bien. Les futurs parents se réjouissent beaucoup de l’accueillir bientôt.

Avant de les quitter, nous leur demandons encore quels conseils ils donneraient à un couple qui a décidé de se lancer dans un parcours de PMA. Ils nous confient que le fait de garder du temps pour eux, d’extérioriser le stress ou la peur d’une manière ou d’une autre et d’échanger le plus possible ensemble les a beaucoup aidés.

Tout noter dans un petit carnet

Nathalie nous glisse encore un conseil pratique qui lui a permis d’y voir plus clair face à toutes les informations médicales qui leur ont été communiquées au fur et à mesure des consultations :
« Nous avions pris l’habitude de tout noter dans un petit carnet en sortant d’un rendez-vous médical. D’un rendez-vous à l’autre, il y a parfois plusieurs mois qui s’écoulent et le fait de pouvoir relire ce qui s’était dit nous aidait bien. Nous pouvions aussi noter des termes qui ne nous semblaient pas clairs ou des questions que nous voulions poser à la prochaine consultation. Cela nous a été fort utile. »

*prénoms de substitution

 Last updated on 05/11/2021 at 10:15