1ère étude sur le sommeil en Afrique grâce à la collaboration du CHUV

Published by Grand Clementine on 04.05.2022
La première étude sur le sommeil en Afrique voit le jour, grâce à une collaboration inédite entre le Centre du sommeil du CHUV et l’hôpital de Cotonou au Bénin, avec le soutien de la Ligue pulmonaire vaudoise et de la Commission humanitaire du CHUV.

En 2016, le Dr Ablo Prudence Wachinou, pneumologue à la Clinique Universitaire de Pneumologie de Cotonou (Bénin), effectue un mois de stage au Service de pneumologie du CHUV. Durant ce stage, il passe une semaine au Centre d'investigation et de recherche sur le sommeil (CIRS), dirigé par le Pr Raphael Heinzer, et découvre l’étude de la cohorte CoLaus/ HypnoLaus qui analyse les données du sommeil de 2'000 lausannois·es. Constatant qu’il n’existe aucune donnée épidémiologique objective sur le sommeil et ses troubles en Afrique, le Pr Heinzer et le Dr Wachinou évoquent l’idée de mettre sur pied une étude de cohorte sur le sommeil au Bénin.

Une collaboration fructueuse pour une première en Afrique 

Grâce au soutien financier de la Ligue pulmonaire vaudoise (LPV) et de la Commission humanitaire du CHUV, l’étude Benin Society and Sleep (BeSAS) voit le jour. Cette étude a pour objectif d'évaluer les habitudes et les troubles du sommeil de la population béninoise. Le financement de la LPV a permis d'acheter le matériel nécessaire pour enregistrer la respiration nocturne des participant·e·s, d’évaluer leur rythme veille-sommeil et d’engager des investigateurs de terrain qui ont posé plus de 100 questions sur leur sommeil aux 2’600 participant·e·s de l'étude. La collecte des données s'est déroulée d’avril 2018 à janvier 2021. 

À l’été 2021, la Commission humanitaire du CHUV finance la venue du Dr Wachinou au CIRS du CHUV durant 3 mois pour analyser les données de BeSAS et écrire le premier article scientifique sur les résultats de cette cohorte. Cet article vient d’être publié dans le prestigieux journal de pneumologie Lancet respiratory Medicine, ce qui témoigne de l'aspect unique de cette cohorte qui apporte pour la première fois des données épidémiologiques objectives sur le sommeil en Afrique. 

Un patient qui se pensait ensorcelé 

Au Bénin, il peut arriver que les problèmes liés aux troubles du sommeil soient perçus comme de l’envoûtement. C’est ce dont témoigne Honvo Olivier, 48 ans, un patient pris en charge pour SAOS par nos collègues de Cotonou. Ronflant puissamment depuis son plus jeune âge, il souffrait de grande fatigue et de d’endormissement durant la journée. Se croyant victime de sorcellerie, il dépense alors beaucoup d’argent dans diverses pratiques, espérant guérir. Il finit par consulter un pneumologue qui l’oriente vers la Clinique Universitaire de Pneumologie de Cotonou. Son enregistrement du sommeil montre une fréquence de 87 apnées par heure, considérée comme très sévère et à risque de troubles cardio-vasculaire. Depuis, il utilise une machine CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) pour dormir, et a vu sa qualité de vie considérablement améliorée. Lire son témoignage.

 Last updated on 18/05/2022 at 14:10