Antibiorésistance: agissons sans attendre!

Publié par Laurence Senn le 12.11.2018
La semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques a pour objectif de sensibiliser le public et les professionnels de la santé à la résistance aux antibiotiques. Le CHUV se mobilise notamment à travers l'étude OPA.

C’est le revers d’une médaille qui a fait reculer la mortalité dans le monde entier: le succès des traitements antibiotiques, généralisés après la Seconde Guerre mondiale, est aujourd’hui menacé par des bactéries devenues résistantes. La progression de l’antibiorésistance inquiète au point que l’OMS a tiré la sonnette d’alarme et incite les pays à passer à l’action. La semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques qui aura lieu du 12 au 18 novembre a pour objectif de sensibiliser un large public à ce phénomène.

Des stratégies nationales se mettent donc en place, en Suisse également, sur un principe de «santé globale», car le phénomène englobe la santé humaine, vétérinaire ainsi que le secteur agroalimentaire. L’étude OPA (Objectif Préservation Antibiotiques) s’inscrit dans le cadre du programme national de recherche suisse sur la résistance aux antimicrobiens (PNR 72). Cette étude se déroule dans 8 hôpitaux de Suisse romande. Initiée il y a 6 mois, elle montre ses premiers résultats, décrits sur le site www.objectif-preservation-antibiotiques.ch . L’évaluation des prescriptions antibiotiques montre que les marges d’amélioration existent sur différents fronts.

L’hôpital, où un patient sur trois reçoit un traitement antibiotique, est un lieu qui d’une part favorise l’apparition de bactéries résistantes, et qui, d’autre part, est propice à la transmission. Ainsi, notre attention doit être double, au niveau de la prescription et au niveau des mesures d’hygiène hospitalière. Médecins, soignants, mais aussi les équipes de nettoyage et de la stérilisation qui réalisent un travail essentiel, ont tous un rôle à jouer dans la lutte contre l’antibiorésistance.

Ce que le personnel médical et soignant peut faire :

  • Prévenir les infections en appliquant les mesures d’hygiène des mains, du matériel et de l’environnement
  • Vérifier que les vaccinations des patients sont à jour
  • Ne prescrire des antibiotiques que lorsqu’ils sont réellement nécessaires
  • Prescrire le bon antibiotique, à la bonne dose, pour une durée appropriée

Selon les résultats préliminaires de l’étude OPA, près de 30% des prescriptions pourraient être optimisées. Ceci concerne principalement des arrêts de traitement et des passages à la voie orale plus précoces ou encore des réductions de spectre.

Les antibiotiques restent un médicament miracle, qui sauve des vies tous les jours. Mais les organismes vivants auxquels on s’attaque ont une capacité d’adaptation phénoménale. Rappelons-nous que les bactéries trouvent des parades pour survivre depuis 3,5 milliards d’années! Aujourd’hui, c’est à nous de nous mobiliser et d’adapter nos pratiques.

 Dernière mise à jour le 16/12/2018 à 14:10