Médicaments pendant la grossesse : mieux comprendre pour mieux soigner

Publié par Mean Elise le 27.06.2019
Un partenariat public-privé appelé ConcePTION s’est vu attribuer une subvention de plus de 28 millions de francs sur cinq ans, par le programme de financement européen H2020. La Dre Alice Panchaud fait partie de ce consortium historique.

Grâce à ce financement, le consortium ConcePTION a pour objectif de combler les nombreuses lacunes de la recherche liées à l’utilisation des médicaments par les femmes enceintes ou qui allaitent. Ce projet réunit 52 partenaires issus de 22 pays dont la Suisse (CHUV / UNIGE), l’Agence européenne des médicaments, des fabricants de médicaments, des universités, des organisations de santé publique et les membres du réseau européen de spécialistes en tératologie avec pour objectif de trouver de nouvelles solutions afin de résoudre un problème de santé publique qui dure depuis plusieurs décennies.

Implication du CHUV
La Dre Alice Panchaud, pharmacienne clinicienne au Service de pharmacie du CHUV et son groupe de recherche ont reçu la mission de coordonner plusieurs études cliniques visant
à collecter des échantillons de lait maternel de femmes sous traitements dans plusieurs pays européens afin d’alimenter une bio-banque en Suède. Objectif : mieux comprendre
comment les médicaments sont excrétés dans le lait et si les quantités retrouvées sont à risque pour le bébé. A l’heure actuelle, les informations disponibles sont en effet encore
discordantes. Une situation qui pousse souvent les femmes, à arrêter un traitement nécessaire par peur de nuire à leur enfant.

Nouvelle consultation grossesse et médicaments au CHUV
En attendant les retombées concrètes de cette recherche, les Services de pharmacie et d’obstétrique du CHUV ont lancé, début mars, une consultation grossesse et médicaments
à la Maternité du CHUV, destinée aux femmes devant prendre un traitement chronique ou aigu durant leur grossesse.
« L’idée de cette consultation m’est venue lors de mon séjour au Motherisk Program à Toronto, il y a 10 ans. J’ai pu observer là-bas les effets bénéfiques pour les patientes d’une information structurée sur les risques et bénéfices de leurs traitements », explique Alice Panchaud. 
En mettant sur pied une offre similaire, le CHUV souhaite mieux informer les femmes qui doivent prendre un traitement durant la grossesse, et anticiper la poursuite du traitement
pendant l’allaitement, lorsque celui-ci est envisagé. « Nous souhaitons également réduire le sentiment de culpabilité et d’anxiété chez les patientes qui sont obligées de prendre un
traitement afin de favoriser l’adhésion. Très souvent, nous constatons que ces femmes sont mal informées et qu’elles ont tendance à diaboliser les effets du traitement sur le
foetus. Elles peuvent alors faire le choix d’arrêter un traitement bénéfique » relève la Dre Panchaud.
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 Dernière mise à jour le 17/07/2019 à 10:10