Surveiller le risque d'accouchement prématuré à distance!

Publié par Peray Clara le 03.10.2019
Comment? Grâce à une serviette hygiénique connectée. Découvrez ce produit innovant, pour lequel une demande de brevet vient d’être déposée, développé par le Pr David Baud du CHUV et le Laboratoire d'électronique pour les sciences du vivant de l'EPFL.

Le programme Venture Kick vient de récompenser une collaboration entre le Service d’obstétrique du CHUV, représenté par le Prof David Baud et le Laboratoire d'électronique pour les sciences du vivant (CLSE) de l’EPFL, représenté par la Prof Carlotta Guiducci, Loulia Kassem et Erick Garcia-Cordero pour leur projet « REA –World’s smart pregnancy tracker ».

« 10% des femmes enceintes accouchent prématurément » explique le Pr Baud, chef du service d’obstétrique au CHUV. « En cas de suspicion d’accouchement prématuré, la solution, jusqu’à présent, était de devoir hospitaliser les femmes sur de longues périodes pour les surveiller. »

A l’occasion d’une rencontre entre le chef du Service d’obstétrique et des collaborateurs du Laboratoire d'électronique pour les sciences du vivant (CLSE) de l’EPFL, spécialisé dans la création de mini-systèmes de biocapteurs, le Pr Baud leur a parlé de cette problématique et de son souhait de développer une solution n’impliquant pas l’hospitalisation pour surveiller ces femmes. C’est rapidement qu’ils ont pensé ensemble à la création d’un nouveau produit innovant : une serviette hygiénique capable de confirmer ou non une suspicion de rupture de la poche des eaux et prédire un risque d’accouchement prématuré dans les 15 jours qui suivent l’utilisation de la serviette.

Comment cela fonctionne ?

Un microsystème a été développé afin de pouvoir être introduit dans une serviette hygiénique. Pour connaitre le risque d’accouchement prématuré, la femme devrait porter la serviette une fois par semaine pendant une courte période. La serviette recueille les secrétions vaginales qui sont ensuite analysées par le microsystème. Ce n’est que quand la serviette est retirée que les données sont transmises via une application aux smartphones de la patiente et de son gynécologue. Si les données indiquent des valeurs normales, le risque d’accouchement est extrêmement faible. La fiabilité du test est quant à elle très bonne, nous assure le Pr Baud : « Ce test existe déjà et est pratiqué dans les hôpitaux. Il nécessite toutefois pour l’instant de réaliser un examen gynécologique par un médecin et une éventuelle hospitalisation qui peut être prolongée » commente-t-il.

Une demande de brevet vient d’être déposée au nom de l’EPFL et du CHUV pour ce produit.

Prochaines étapes

Le Pr Baud, Loulia Kassem et Erick Garcia-Cordero vont maintenant finaliser le prototype, puis le tester dans le cadre d’une étude. En parallèle la start-up va être créée. 

L’équipe souhaitent ensuite travailler à la commercialisation de ce produit qui pourrait ainsi être en libre accès dans les commerces. Ils utiliseront également le soutien et l'encadrement de Venture Kick pour affiner leurs activités au cours des six prochains mois.

En savoir plus : https://reatest.ch/

 Dernière mise à jour le 22/10/2019 à 12:10