Les taux de cholestérol diminuent en Europe, mais augmentent en Asie

Publié par Kittel Amelie le 05.06.2020
L’étude lausannoise CoLaus a participé à une vaste investigation mondiale sur l’évolution des taux de cholestérol dans la population. Ses conclusions viennent d’être publiées dans la revue Nature.

Cette recherche, la plus grande jamais réalisée sur le cholestérol, a été menée par des centaines de chercheurs de par le monde sous l’égide de l’Imperial College de Londres, avec la participation de CoLaus et d’experts du CHUV. Les scientifiques ont utilisé les données de 102,6 millions de personnes pour déterminer l’évolution des taux de cholestérol dans 200 pays sur une période de 39 ans (de 1980 à 2018). L’étude, financée par le Wellcome Trust et la British Heart Foundation, a montré que les taux élevés de cholestérol sont responsables de 9 millions de décès par an, la moitié survenant dans les pays de l’Est et en Asie.

Le cholestérol sanguin se décline en deux types: le «bon» cholestérol (HDL), dont le taux doit être supérieur à 1 mmol/L, est associé à un moindre risque de maladie cardiovasculaire. Le «mauvais» cholestérol (non-HDL) favorise l’apparition de maladies cardiovasculaires. Ce dernier peut être réduit par une alimentation pauvre en acides gras saturés ou trans, ou par la prise de médicaments comme les statines.

Les résultats publiés montrent que le taux de cholestérol total et de cholestérol non-HDL ont beaucoup baissé dans les pays industrialisés (Europe, Amérique du Nord, Australie), alors qu’ils ont augmenté dans les pays d’Asie du sud et du sud-est. Cette augmentation a été particulièrement marquée en Chine.

En 1980, la Suisse faisait partie du peloton de tête concernant le cholestérol non-HDL, avec la Belgique, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède. Actuellement, elle fait figure de bonne élève, se classant parmi les 5 pays au monde avec la plus forte diminution des taux de cholestérol non-HDL. L’explication résiderait dans une amélioration de l’alimentation et l’utilisation de médicaments pour réduire le cholestérol.

La contribution de CoLaus à ce travail démontre la place de la recherche lausannoise aux plus hauts niveaux.

 Dernière mise à jour le 10/07/2020 à 16:10