Grandir en forme et limiter l'excès de poids

La Consultation de surpoids et d’obésité pédiatrique de notre division propose des activités de groupe aux enfants et adolescents en excès de poids, ainsi que des suivis individuels. Pour en savoir plus, nous avons posé quelques questions à Sylvie Borloz, diététicienne et responsable des programmes thérapeutiques.

Combien de jeunes sont concernés par l’excès de poids?
En Suisse, on estime que 15 à 20% des enfants et adolescents sont en surpoids, dont 2 à 5% sont obèses, et ces chiffres sont en constante augmentation. Actuellement, nous nous occupons d’environ 300 jeunes patients, qui proviennent majoritairement de la région lausannoise.

Quelles en sont les raisons?
Les causes de l’excès de poids sont bien connues. Il s’agit de facteurs liés à la génétique, au comportement - une alimentation déséquilibrée, avec ou sans trouble du comportement alimentaire, la diminution de l’activité physique, une baisse du sommeil - ou encore psychologiques à la suite de traumatismes.

Votre unité propose une solution originale pour y remédier?
Nous offrons des programmes thérapeutiques de groupe, appelés «Grandir en forme». Ils sont organisés par tranche d’âge, pour les 2 à 6 ans et les 7 à 18 ans, et s’étendent sur plusieurs mois. Ils peuvent être associés à des suivis individuels chez le médecin, le psychologue ou la diététicienne de notre unité, selon les besoins de l’enfant et de sa famille.

Comment se déroulent ces thérapies?
Plusieurs spécialistes évaluent d’abord la situation de l’enfant ou de l’adolescent. Un médecin vérifie, au moyen de tests, si des complications liées au surpoids sont apparues. Ce peut déjà être un diabète, de l’hypertension artérielle, du cholestérol ou des lésions dans les articulations au niveau des genoux ou des hanches. Ensuite, un psychologue évalue, chez l’enfant et sa famille, le rôle des facteurs psychologiques dans la problématique de l’excès de poids.

Il voit en outre si l’enfant souffre de problèmes quant à la gestion de ses émotions, l’estime de soi et des liens familiaux. Finalement, notre diététicienne analyse les habitudes alimentaires de toute la famille et négocie des objectifs personnalisés pour qu’elle puisse les modifier petit à petit, par exemple, en diminuant les boissons sucrées ou en augmentant les légumes dans l’assiette.

La famille est impliquée dans la prise en charge?
Oui, et c’est important qu’elle le soit dès le départ! Le psychologue examine avec les parents comment ils peuvent faire face à la situation et soutenir leur enfant. On ne va pas prescrire un régime à celui-ci et demander aux parents de seulement le lui faire respecter! Plusieurs études ont prouvé que la participation de l’ensemble de la famille aux mesures thérapeutiques est déterminante pour aider l’enfant à persévérer. De plus, les parents de chaque groupe se retrouvent une fois par mois pour parler de différents thèmes, liés à au cadre familial, à l’alimentation ou à leur mode de vie. C’est un moment d’échange qu’ils apprécient particulièrement.

Revenons aux enfants, que font-ils dans les séances de groupes?
Les jeunes de 7 à 18 ans pratiquent chaque semaine des sports d’équipe, et parfois de la natation. Ils sont encadrés par un physiothérapeute et une «intervenante en activités physiques adaptées», c’est-à-dire une enseignante spécialement formée pour les entraîner. Son but est de leur donner goût au sport, en l’associant à la notion de plaisir. Elle respecte ainsi leurs capacités et évite toute compétition entre eux. Ils bénéficient également d’une heure de discussion avec le psychologue et la diététicienne, durant laquelle ils abordent différents sujets, par exemple, la gestion des grignotages ou comment réagir face aux moqueries. Le programme des enfants de 2 à 6 ans est quant à lui moins intensif et principalement ciblé sur les parents.

Quel est finalement le but de ces programmes?
Notre mission ne consiste pas à mettre les jeunes au régime, mais à améliorer leur santé. Nous ne pouvons pas leur promettre qu’ils retrouveront un poids dit «normal», puisque de nombreux facteurs entrent en jeu. Nous visons toutefois à ce qu’ils le stabilisent car, en grandissant, leur croissance va progressivement contrebalancer leur excès de poids. Mais surtout, nous voulons prévenir les risques liés au surpoids dont nous avons parlé, et augmenter la qualité de vie de nos jeunes patients. Il est essentiel qu’ils puissent bénéficier d’un traitement adéquat dès l’enfance. Certains resteront peut-être en surpoids lorsqu’ils seront adultes, mais grâce à une meilleure alimentation et une activité physique accrue, ce ne seront pas des adultes malades et, nous le souhaitons, pleins de confiance en eux-mêmes. L’excès de poids est un problème qui ne doit pas être minimisé.

Est-ce que les jeunes vous donnent des retours positifs?
Nous recevons souvent les mêmes commentaires: au fur et à mesure des semaines, ils se sentent plus à l’aise dans leur corps et aptes à reprendre l’activité physique. Ils apprécient également que leurs parents soient impliqués dans la thérapie, car cela signifie qu’ils n’ont pas à gérer seuls leur excès de poids. Finalement, tous soulignent qu’ils aiment ces moments avec d’autres, où ils ne se sentent ni jugés, ni moqués, mais en confiance.

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 Dernière mise à jour le 08/05/2019 à 14:11