Exploiter le microbiote pour accélérer la guérison des plaies cutanées

Publié par Kittel Amelie le 21.07.2020
Une récente étude démontre que la flore qui colonise notre peau peut accélérer la réponse réparatrice en cas de blessure. Ces travaux menés par des experts du CHUV apportent les bases pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Chez la plupart des gens, une blessure de peau entraîne une réponse inflammatoire et réparatrice bien coordonnée qui stimule la restauration de l’intégrité de la barrière cutanée. Pour les patients souffrants de plaies chroniques, cette réponse inflammatoire est soit absente, soit hyperactive. Cela provoque la formation d’un tissu anormal accompagné d’un défaut de la barrière épidermique qui persiste sur le long terme. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre les mécanismes qui initient et régulent la réponse inflammatoire après une blessure cutanée afin de développer des nouvelles stratégies thérapeutiques.

L’équipe de recherche du Dr Di Domizio et Prof. Gilliet du Service de dermatologie au CHUV a découvert le rôle fondamental des bactéries commensales de la peau (appelé microbiote cutané) dans ce procédé. Ces résultats viennent d’être publiés dans la prestigieuse revue Nature Immunology. L’équipe a montré que, lors d’une blessure cutanée, le microbiote cutané est transféré de la surface de la peau dans le derme où certaines bactéries ont la capacité de déclencher une réponse inflammatoire spécialisée dans l’accélération de la guérison de la peau.

La découverte que la flore commensale de la peau promeut la guérison cutanée a des implications cliniques importantes. D’une part, comme le traitement des plaies repose sur des principes de réduction de la charge bactérienne pour prévenir l’infection, ces résultats mettent en garde sur une utilisation prolongée d’antibiotiques et d’antiseptiques en contexte de plaies aigues. Ensuite, parce que les plaies chroniques sont souvent colonisées par certains types de bactéries qui retardent la guérison, réduire la quantité de ces bactéries nocives puis transplanter localement des bactéries commensales bénéfiques pourrait s’avérer efficace pour initier une réponse réparatrice.

 Dernière mise à jour le 16/09/2020 à 16:10