Le Dr Homicsko nommé responsable du Tumor board moléculaire

Publié par Dao Julia le 10.05.2022
Le Département d'oncologie UNIL CHUV (DO) et son Centre d'oncologie de précision (COP) sont fiers d'annoncer la nomination du Dr Krisztian Homicsko, M.Sc., MD-PhD en tant que responsable du Tumor Board moléculaire à partir du 1er avril 2022.

Le Tumor Board moléculaire (TBM) a été créé en 2016 par le DO et le COP pour répondre aux besoins émergents d’intégrer à la pratique clinique des techniques de séquençage génomique de nouvelle génération. L’objectif visé est d'élargir ainsi les options et approches thérapeutiques personnalisées pouvant être proposées pour la prise en charge des patient·e·s atteint·e·s de cancers avancés.

Depuis sa création, le TBM a assisté à une augmentation rapide du nombre de patient·e·s référé·e·s pour une discussion moléculaire. Le MBT est sollicité par les services du CHUV comme par les différents centres membres du Réseau Romand d'Oncologie (RRO). Il fournit des conseils dans la sélection de thérapies ciblées ainsi que d'essais cliniques axés sur une approche moléculaire pour des centaines de patient·e·s par an. Travaillant en étroite collaboration avec l'Institut universitaire de pathologie du CHUV (IUP) et les HUG, le TBM a déjà fourni des analyses pertinentes pour plus de 2000 patientes et patients du CHUV, des HUG et du RRO.

« Les analyses génétiques et les traitements de précision sont déjà mobilisés quotidiennement dans la pratique de l'oncologie. Le TBM permet d’envisager de nouveaux traitements potentiels au-delà de ces standards de soins et constitue un solide réseau de recherche, de découverte et de partage. Le DO et son service d’oncologie médicale sont fiers de pourvoir confier cette nouvelle responsabilité au Dr Homicsko, qui apportera toute sa compétence et ses connaissances uniques de ce domaine pointu de recherche au développement collaboratif du TBM », souligne la Prof. Solange Peters, Cheffe du service d’oncologie médicale du DO.

Médecin-chef en charge du Centre d’oncologie de précision (COP), le Prof. Olivier Michelin salue vivement cette décision : « Je suis très heureux de la nomination du Dr Homicsko comme responsable du Tumor Board moléculaire – particulièrement méritée de par son extraordinaire compétence mais aussi du fait de ses belles qualités humaines, qui ont grandement contribué à fédérer le réseau romand d’oncologie ».

Le Dr Krisztian Homicsko a joué un rôle clé dans le développement du TBM depuis sa création. Il est un expert reconnu du domaine de l’oncologie moléculaire et des approches thérapeutiques développementales. Avec cette nomination, le Dr Homicsko continuera à élargir les missions du TBM – notamment par l’intégration de nouvelles technologies et la prise en compte des biomarqueurs immuno-oncologiques. En collaboration avec l'IUP, les services cliniques du Département d'oncologie et du Département de radiologie sur le plan local ainsi que le programme d'oncologie personnalisée du SPHN au niveau suisse, le Dr Homicsko renforcera également les collaborations cliniques et translationnelles développées au sein du Réseau Romand d’Oncologie et du Swiss Cancer Center Leman (SCCL).

3 questions au Dr. Homicsko :

Félicitations pour votre nomination en tant que responsable du TBM. Quelle sera votre première priorité dans ce nouveau rôle ?

Ma principale priorité, dans l’immédiat, sera de continuer à améliorer la qualité des rapports et de faciliter la communication avec les compagnies d'assurance pour permettre des utilisations hors-indication. Je m'efforcerai en outre de renforcer l'interaction avec la pathologie et les autres services du Département d'oncologie afin d'augmenter le nombre de patient·e·s qui pourraient bénéficier de nos prestations.

Quels sont d’après vous les nouveaux espoirs thérapeutiques incarnés par le TBM ?

L'objectif principal du TBM est de proposer des options thérapeutiques non homologuées pour les personnes présentant des altérations génomiques atypiques de leur type de tumeur – par exemple des altérations du gène HER2 dans les types de tumeurs où HER2 est rarement altéré. Un autre objectif du TBM consiste à fournir des conseils concernant les altérations génomiques qui ne sont pas encore validées comme pathologiques. Bien qu'il soit clair que les monothérapies (c'est-à-dire les traitements mobilisant un agent unique) aient peu de chances d'apporter un bénéfice durable à tous les patient·e·s présentant des altérations, les thérapies combinées restent encore très expérimentales. De nombreux patient·e·s pourraient en outre bénéficier de l'association de plusieurs traitements. Il reste aujourd’hui impossible de classer clairement les combinaisons thérapeutiques par ordre de priorité. Les développements actuels de la recherche – qui utilisent soit des cultures organoïdes ex vivo, soit des tests rapides de médicaments – pourraient contribuer à hiérarchiser et à individualiser ces combinaisons dans un futur proche. Il reste cependant à clarifier si cela pourra aussi être mis en œuvre sur le plan clinique, en particulier en raison des limitations d'accès aux combinaisons de médicaments imposées par les couvertures d'assurance.

Comment évaluez-vous le potentiel des technologies dites «omiques» pour le futur de l’immuno-oncologie ?

Nous appliquons actuellement déjà des approches « omiques » de moyen débit au TBM – en exploitant l'analyse de centaines de gènes. On ne sait cependant toujours pas, tant pour l'oncologie immunitaire que pour l'oncologie non-immunitaire, dans quelle mesure une analyse plus poussée du génome (séquençage de l'exome et du génome entier) apporterait une valeur ajoutée dans la sélection d’un traitement. Le profilage de l'expression de l'ARN des tumeurs pourrait être utile, mais des recherches récentes ont démontré une valeur ajoutée relativement limitée à la lumière des options offertes par les monothérapies. Des essais plus avancés (comme le séquençage de l'ARN d'une seule cellule), pourraient avoir davantage de valeur ajoutée. Ces tests restent toutefois coûteux et leur analyse prend du temps, ce qui limite leur application immédiate. Réaliser des travaux de recherche supplémentaires permettrait de déterminer si ces données additionnelles seraient effectivement utiles ou pas afin de mieux sélectionner les patient·e·s, pour les traitements oncologiques immunitaires et non immunitaires.

 

Contact: 

Krisztian Homicsko

Krisztian.homicsko(at)chuv.ch

 Dernière mise à jour le 18/05/2022 à 14:10