Rencontre avec Pierre-Antoine Pradervand

«Se confronter aux autres permet de se remettre en question»

Après une formation de deux ans au Canada, le Dr Pierre-Antoine Pradervand, chef de clinique en Médecine de la fertilité du CHUV, revient avec l’intention de partager ses réflexions et son savoir-faire. Récit.

Que retenez-vous de votre expérience au Centre hospitaliser de l’Université de Montréal (CHUM) ?

Au CHUM, j’ai suivi un programme de formation particulièrement intense qui m’a permis de me familiariser avec toutes les techniques les plus récentes de PMA, comme la mise en culture prolongée d’embryons jusqu’au stade blastocyste ou le diagnostic/screening préimplantatoire. Ces techniques ne sont autorisées en Suisse que depuis le 1er septembre 2017 suite aux modifications de la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA). J’ai donc pu bénéficier d’une formation anticipée bienvenue !

Par ailleurs, étant actif sur deux sites, j’ai aussi pu m’exposer à un volume de cas conséquent, de l’ordre de 4000 cycles de FIV par an. Avec un tel rythme, j’ai rapidement développé une expertise que je souhaite maintenant mettre à profit ici, en Médecine de la fertilité du CHUV.

Quelle place vous a-t-on accordée en tant que « fellow » ?

Tout au long de ces deux années, j’ai été intégré aux discussions et invité à donner mon avis sur des propositions de traitement, au même titre que des médecins chefs ou autres médecins en formation. Se confronter aux autres permet de se remettre en question et de se maintenir à niveau en permanence. Pour moi, ce partage d’expériences a été particulièrement enrichissant. J’ai adoré être challengé en permanence !

C’est en cela que réside la force de ce programme de formation selon vous ?

C’est un des aspects importants de la formation, en effet, mais pas le seul. Le programme est très complet, prédéfini, structuré et reconnu à l’international (la formation fait partie du programme officiel du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada). Le fellow se retrouve au centre d’une structure où tout est fait pour qu’il progresse. J’ai par ailleurs pu élargir mon expérience dans le domaine de la chirurgie de l’infertilité ou de l’endocrinologie générale.

De quelle manière pensez-vous pouvoir transposer votre expérience positive en Médecine de la fertilité du CHUV ?

Je souhaite aider à mettre en place ici les nouvelles techniques que j’ai apprises et que la LPMA autorise maintenant, notamment le diagnostic et le screening préimplantatoires. Par ailleurs, j’ai aimé l’état d’esprit novateur qui règne en Amérique du Nord.. J’aimerais offrir aux couples la possibilité de recourir aux techniques de FIV les plus subtiles, à jour, et qui font leur preuve ailleurs. En parallèle, j’ai envie de continuer à promouvoir certains types de traitements auxquels je suis également sensible, comme la préservation de la fertilité en cas de cancer ou à but social.

Allez-vous maintenir une collaboration avec vos collègues de Montréal ?

Absolument ! Le volume de cas traités au CHUM représente une vraie opportunité d’étude. Plusieurs sujets de recherche sont d’ailleurs en cours portant notamment sur le liquide endométrial ou sur la manière d’optimiser le rapport qualité-coût des traitements.

Recommanderiez-vous un séjour à l’étranger à vos collègues spécialistes des questions de fertilité ?

C’est indéniable. Dans notre pratique, il est essentiel de rester ouvert, d’accepter de se confronter à d’autres techniques mais aussi à d’autres habitudes et systèmes de pensée pour se forger son propre point de vue. En cela, je suis reconnaissant au CHUV de m’avoir donné l’opportunité de vivre une expérience aussi riche et me réjouis d’en faire bénéficier les couples de la Médecine de la fertilité du CHUV.

 

Photo: ©Lauriane Aeby, SAM - CHUV
Texte: Gabriella Sconfitti, Service de communication - CHUV

 

 Dernière mise à jour le 14/08/2018 à 16:14