Syndrome de l'Alagille

Définition et épidémiologie

  • Affection héréditaire autosomique dominante avec une prévalence estimée à 1/100 000.
  • Caractérisé par une paucité ductulaire intra-hépatique engendrant un ictère néonatal et une cholestase chronique.
  • La forme syndromique complète associe un ictère néonatal, une cholestase chronique, une atteinte cardiaque, oculaire, squelettique et un facies caractéristique.

Mécanismes physiopathologiques

  • Le syndrome d'Alagille (ALGS) est secondaire à des mutations impliquant la voie de signalisation Notch, essentielle au développement de multiples organes lors de l’embryogenèse.
  • Mutation du gène JAG1 dans 95% et du gène NOTCH2 dans 1 à 2% des cas.
  • Pénétrance hautement variable.

Manifestations cliniques, biologiques et histologiques

  • Les manifestations cliniques du ALGS sont résumées dans le Tableau 1.

Tableau 1 : Manifestations cliniques et bilan paraclinique du syndrome d'Alagille. La 1ère partie concerne les atteintes principales, la 2ème partie résume les atteintes secondaires, plus rares du ALGS.

Démarche diagnostique

  • Le diagnostic est établi si l’atteinte hépatique est associée à 3 des 4 atteintes suivantes : cardiaque, vertébrale, ophtalmique et faciale.
  • Les personnes ne remplissant pas l’ensemble des 3 critères diagnostiques mais, ayant un proche atteint d’un ALGS, sont également reconnues comme atteintes.
  • La biopsie hépatique confirme le diagnostic mais, il est parfois difficile de faire la différence entre l’ALGS et l’atrésie biliaire.
  • La cholangio-IRM est une aide au diagnostic puisque 74% des patients n’ont pas de canaux biliaires intra-hépatiques visibles.
  • L’analyse génétique et moléculaire des gènes JAG1 ou NOTCH2 permet de confirmer définitivement le diagnostic et d’orienter le conseil génétique.
  • La démarche diagnostique pour l’ALGS est résumée dans l’algorithme ci-dessous.

Prise en charge

  • Le pronostic dépend de la gravité de l’atteinte hépatique et des malformations cardiaques.
  • La prise en charge nutritionnelle est primordiale avec supplémentation en vitamines liposolubles.
  • Sur le plan hépatique, les objectifs sont la diminution de la cholestase et le contrôle du prurit. L’acide ursodésoxycholique est le traitement de 1ère intention. Concernant le prurit, les recommandations sont similaires à celles d’autres pathologies cholestatiques.
  • Eventuellement transplantation hépatique et/ou rénale.
  • Evaluation et éventuellement prise en charge cardiologique et angiologique.
  • Conseil génétique.

Références

  1. Mašek J, Andersson ER. The developmental biology of genetic Notch disorders. Development 2017;144:1743-63.
  2. Gilbert MA, Spinner NB. Alagille syndrome: genetics and functional models. Curr Pathobiol Rep 2017;5:233-41.
  3. Kamath BN, Baker A, Houwen R, et al. Systematic review: The epidemiology, natural history, and burden of Alagille syndrome. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2018;67:148-56.
  4. Turnpenny PD, Ellard S. Alagille syndrome: pathogenesis, diagnosis and management. Eur J Hum Genet 2012;20:251-7.
  5. Wakim El-Khoury J, Venetz J-P, Rutz T, et al. Syndrome d'Alagille. Rev Med Suisse, in press.
 Dernière mise à jour le 16/07/2019 à 16:35