3 questions au Prof. Fadi Fakhouri, chef du Service de néphrologie

Publié par Drechou Gary le 04.12.2019
Formé à Marseille avant de poursuivre son cursus médical à l'Hôpital Necker, à Paris, puis au CHU de Nantes, le Prof. Fadi Fakhouri est arrivé au CHUV début octobre pour prendre la direction du Service de néphrologie. Interview.

Qu'est-ce qui vous a amené à la médecine, puis à la néphrologie?

Initialement, devenir médecin n'était pas une vocation. Je m'y suis décidé à la fois pour la dimension humaine de ce métier et parce que je m'intéressais à la biologie. Je ne l'ai jamais regretté. J'aime les relations humaines que je vis avec les patients. Être médecin est parfois difficile, parce que nous sommes continuellement confrontés à la souffrance, mais ce que l'on peut apporter au patient est très réconfortant. J'ai choisi la néphrologie car c'est une discipline très généraliste. Beaucoup de maladies systémiques touchent le rein. La néphrologie permet de traiter le patient dans sa totalité, tout en offrant des aspects cliniques et de recherche très variés.

Qu'allez-vous développer au Service de néphrologie du CHUV?

Mon domaine de pratique clinique et de recherche est celui des maladies auto-immunes et inflammatoires rénales et systémiques. C'est ce domaine que je souhaite développer au sein du service, tout en gardant le même niveau d'excellence des autres domaines de la néphrologie déjà très bien représentés dans le service comme l'hypertension, la physiologie, les maladies génétiques rénales, la néphropathie diabétique, la lithiase ou la dialyse. J'y suis très attaché. Enrichir les interactions avec les autres services, notamment le centre de transplantation d'organes et l'immunologie, est aussi une de mes priorités. 

Pendant mon travail à Paris et à Nantes, j'ai participé au développement d'une classe de médicaments, les "inhibiteurs du système du complément", qui ont amélioré notamment le pronostic d'une maladie rénale très sévère, le syndrome hémolytique et urémique. Je souhaite impliquer activement le Service de néphrologie dans cette aventure médicale. Les inhibiteurs du complément représentent un axe de recherche très important aujourd'hui. Ils permettront d'améliorer le traitement et le pronostic de maladies auto-immunes et inflammatoires bien au-delà de la néphrologie, par exemple dans les pathologies articulaires, neurologiques ou digestives. 

Quitter Nantes pour venir à Lausanne avec votre famille est une décision importante. Qu'est-ce qui vous a motivé à vous déraciner?

Il est difficile de résister à l'appel d'un hôpital classé au 9ème rang de la hiérarchie hospitalière mondiale.... Cela dit, le CHUV est très attractif. C'est un lieu d'excellence dans l'innovation et la recherche où l'on peut établir des interactions avec des services cliniques et des laboratoires de grande qualité. Il offre également une visibilité nationale et internationale. De plus, Lausanne est un endroit où vivre est très agréable.

(Propos recueillis par Pierre-Louis Chantre)

 Dernière mise à jour le 17/01/2020 à 12:10