Des scientifiques du CHUV distingués par les Prix Leenaards 2023

Publié par Grand Clementine le 21.02.2023
La Fondation Leenaards décerne trois Prix scientifiques à des groupes de recherche de l’arc lémanique, pour un montant total de plus de CHF 1,5 million. Deux des trois projets primés sont menés par des chercheurs du CHUV.

Le Prix scientifique Leenaards pour la recherche biomédicale translationnelle est décerné chaque année à des groupes de scientifiques favorisant une collaboration entre des chercheuses et chercheurs issu·e·s d’au moins deux institutions ou hôpitaux académiques de l’arc lémanique.

Le Rendez-vous Leenaards sciences & santé, jeudi 23 mars à 18h (auditoire Paternot) sera l'occasion d'en savoir plus sur les trois projets de recherche primés et de rencontrer les lauréat·e·s des Prix:

Combattre les infections postopératoires en urologie grâce au sucre


« En utilisant l’attrait d’un sucre particulier, le mannitol, nous cherchons à combattre les colonies de bactéries réfractaires aux antibiotiques à la suite d’un acte chirurgical dans le domaine de l’urologie », explique Sylvain Meylan, chef de clinique au Service des maladies infectieuses du CHUV, qui pilote l’équipe de recherche lauréate. En effet, jusqu’à 40 % des personnes à qui l’on place des sondes internes peuvent développer des infections urinaires sévères.

Cette équipe translationnelle, composée des professeurs Beat Roth, chef du Service d’urologie du CHUV, et John McKinney, responsable du laboratoire de microbiologie et de microtechnique de l’EPFL, cherche la meilleure manière de leurrer les bactéries en leur administrant du mannitol afin de les « réveiller » et de les rendre ainsi plus susceptibles aux antibiotiques. « Nous espérons que ce nouveau moyen de lutter contre les infections bactériennes pourra s’appliquer à d’autres types d’infections et ainsi participer à diminuer les résistances aux antibiotiques, une problématique de plus en plus préoccupante en termes de santé publique », précise le Dr Sylvain Meylan.

S’attaquer aux symptômes négatifs de la schizophrénie via le cervelet


La schizophrénie est une maladie psychiatrique qui touche près de 85 000 personnes en Suisse. Se traduisant le plus souvent par une perception perturbée de la réalité, la schizophrénie pousse les patient·e·s atteint·e·s à se replier sur elles·eux-mêmes et entraîne une apathie.

« Selon notre hypothèse, il serait possible de diminuer l’intensité de ces symptômes négatifs grâce à la stimulation transcrânienne du cervelet, situé à l’arrière de la boîte crânienne », explicite la Dre Indrit Bègue, médecin-chercheuse au dép. de psychiatrie des HUG et à la faculté de médecine de l’UNIGE ; elle mène cette recherche en collaboration avec la Prof. Camilla Bellone du dép. des neurosciences fondamentales de l’UNIGE et le Dr Jonas Richiardi du Département de radiologie du CHUV. Le cervelet, qui contient plus de 50 % de nos neurones, est en effet connecté à des régions cérébrales profondes liées au circuit de la récompense. « Ce circuit, une fois réactivé, devrait permettre aux patient·e·s atteint·e·s de schizophrénie de recouvrer des interactions sociales dites normalisées », précise la Dre Bègue.

Des citoyen·ne·s lausannois·e·s pour mieux comprendre les maladies cardiovasculaires 


« Notre but est de mieux comprendre les mécanismes qui amènent des personnes sans aucun facteur de risque connu, tel que le tabagisme, la consommation d’alcool ou l’hypertension, à tout de même développer des maladies cardiovasculaires », résume le professeur Julien Vaucher qui pilote cette recherche aux côtés des professeurs Jacqueline Schoumans, cheffe du laboratoire d’oncogénomique du CHUV, et Freddy Radtke, de la faculté des sciences de la vie de l’EPFL.

« Certaines personnes porteuses d’un marqueur génétique particulier semblent être plus sujettes à développer une inflammation qui pourrait entraîner des maladies cardiovasculaires », précise Julien Vaucher, principal investigateur de l’étude épidémiologique de cohorte CoLaus|PsyCoLaus conduite au CHUV qui suit, depuis vingt ans, un échantillon représentatif de la population lausannoise (plus de 6 700 volontaires). C’est, entre autres, sur la base des données d’un échantillon de cette cohorte que l’équipe de recherche s’appuie pour étudier le lien de causalité entre marqueurs génétiques et maladies cardiovasculaires.

 

 

 Dernière mise à jour le 21/02/2023 à 16:10