Complication rare induite par l’immunothérapie: nouveaux progrès

Publié par Kittel Amelie le 14.09.2020
Le CHUV propose un nouveau traitement pour traiter les lymphohistiocytoses hémophagocytaires induites par l’immunothérapie du cancer (irHLH).

Les résultats du Dr Michel Obeid, médecin associé au Service d’immunologie et allergie, de la Dre Berna Özdemir, cheffe de clinique au Service d’oncologie et du Pr Olivier Michielin, chef du Centre d'oncologie de précision, viennent d’être publiés dans la prestigieuse revue Annals of Oncology.

 

La lymphohistiocytose hémophagocytaire (HLH), ou syndrome d'activation macrophagique, est une complication rare lors de traitements par immunothérapie du cancer. Son pronostic sombre pose un défi clinique et thérapeutique compliqué.

 

Dans leur étude, les auteurs décrivent pour la première fois les grands mécanismes cellulaires et inflammatoires impliqués dans ce syndrome baptisé irHLH. Au niveau cellulaire, ils rapportent une suractivation des macrophages, des lymphocytes TCD8+ ainsi qu’une infiltration des hémophagocytoses et des lymphocytes activés dans la moelle osseuse et dans le foie. Au niveau moléculaire, ils observent une signature spécifique des médiateurs inflammatoires avec une forte sécrétion de cytokines compatible avec une hypercytokinémie ou une tempête de cytokines causant la plupart des signes cliniques et biologiques observés chez ces patients. Ils concluent à une hyperstimulation du système immunitaire avec une forte sécrétion de cytokines et un défau  

 

Etant donné l’association de cette complication avec une forte réponse oncologique, un des objectifs majeurs des auteurs étaient de trouver la meilleure stratégie d’immunosuppression personnalisée selon le profil inflammatoire de chaque irHLH afin de ne pas compromettre la réponse oncologique obtenue par les ICI. 

 

Pour relever ce 2ème défi considérable, les auteurs ont opté pour une approche personnalisée selon le profil inflammatoire de chaque patient en utilisant une thérapie anti-cytokine en bloquant le récepteur de l’IL-6 avec un anticorps monoclonal, le tocilizumab (TCZ), offrant plusieurs avantages stratégiques par rapport aux autres médicaments immunosuppresseurs.

 

Chez les patients, l'utilisation de TCZ a conduit à la résolution rapide des irHLH permettant une réduction significative de la durée totale de l'immunosuppression et la préservation de l’excellente réponse oncologique obtenues chez ces patients, témoignant de l’énorme potentiel de cette approche développée au CHUV.

 

Un travail réalisé en étroite collaboration avec les services de pathologie, d’hématologie et de médecine interne.t de régulation des macrophages, des cellules NK et des lymphocytes CD8+ suractivés. D’une façon très intéressante, ils constatent que cette complication est associée à une excellente réponse oncologique des ICI.

 Dernière mise à jour le 26/10/2020 à 18:10