Traitement de cholangio-hépatite sévère induite par l’immunothérapie

Publié par Kittel Amelie le 28.01.2021
Le CHUV propose une prise en charge innovante pour traiter les sévères cholangio-hépatites induites par l’immunothérapie du cancer (irCH).

Les cholangio-hépatite (irCH) sont une complication grave qui peut survenir lors de traitements en immunothérapie du cancer. Cette complication associée à une forte mortalité ne bénéficie jusque-là d’aucun consensus thérapeutique et représente un défi clinique et thérapeutique considérable. 

Le Dr Michel Obeid, médecin associé au Service d’immunologie et allergie, la Pr Solange Peters, cheffe du Service d'oncologie médicale et les Dre Laura Moi et Dre Hasna Bouchaab, en étroite collaboration avec les services de pathologie et de médecine interne, viennent de publier dans la prestigieuse revue Journal of Thoracic Oncology une étude décrivant une série de patients développant cette complication.

Par rapport aux hépatites auto-immunes classiques, les auteurs distinguent pour la première fois les grands mécanismes cellulaires et inflammatoires impliqués dans les irCH. Au niveau cellulaire, ils rapportent un infiltrat immun au niveau hépatique majoritairement composé par des lymphocytes T CD8+ et CD4+ causant à la fois une hépatite lymphocytaire avec une destruction des canaux biliaires. 

Au niveau immunologique, ils observent une signature spécifique des médiateurs inflammatoires cytokiniques en montrant pour la première fois une dérégulation pathogénique de l'axe Th1/IFN-γ/IL-6 avec une suractivation des lymphocytes T contribuant au développement des irCHs réfractaires aux stéroïdes. D’une façon très intéressante, ils constatent que cette complication est associée à une excellente réponse oncologique des patients.   

Etant donné l’association de cette complication avec une forte réponse oncologique, un des objectifs majeurs des auteurs étaient de trouver la meilleure stratégie d’immunosuppression personnalisée en se basant sur le profil inflammatoire de chaque irCH afin de ne pas compromettre la réponse oncologique obtenue par les ICI. 

Pour relever ce 2ème défi considérable, les auteurs ont opté pour une approche personnalisée selon le profil inflammatoire de chaque patient en utilisant une thérapie anti-cytokine en bloquant le récepteur de l’IL-6 avec un anticorps monoclonal le tocilizumab (TCZ) offrant plusieurs avantages stratégiques par rapport aux autres médicaments immunosuppresseurs.

L'utilisation de TCZ a conduit à la résolution durable des irCH permettant une réduction significative de la durée totale de l'immunosuppression et la préservation de l’excellente réponse oncologique obtenues chez ces patients, témoignant de l’énorme potentiel de cette approche développée au CHUV.

Lire l’article publié dans Journal of Thoracic Oncology.

 Dernière mise à jour le 18/02/2021 à 10:10