Romain Tiquet

Histoire multi-située de la folie en Afrique de l’Ouest

Département d’Histoire de l’Université de Genève

Historien de l’Afrique

Résumé

Le thème de la folie en Afrique, déjà analysé par la sociologie ou l’anthropologie demeure un angle mort des recherches historiques. Une raison à ce trou noir historiographique s’explique par le fait que la question du désordre mental était peu développée dans un contexte où la lutte contre les grandes endémies apparaissait comme la priorité pour des administrations coloniales en train de s’établir au lendemain de la « conquête ». Les quelques travaux sur la question, plus riches côté anglo-saxon, se cantonnent alors au cadre restreint de l’histoire de l’assistance psychiatrique en situation coloniale . Ce carnet de recherche s’inscrit dans un nouveau projet de recherche que je mène autour d’une histoire du désordre mental en Afrique de l’Ouest. Ce projet suit deux lignes directrice : sortir du cadre limité de l’internement psychiatrique pour interroger la multiplicité des lieux où se rencontre des cas de folie (rue, tribunal, prison, poste de police, village, etc.), et souligner le caractère avant tout policier et répressif du gouvernement ordinaire du désordre mental sur le continent. Une analyse diachronique de la folie en Afrique de l’Ouest permet alors d’opérer un double décentrement aux potentialités heuristiques multiples. Premièrement une histoire de la folie à partir de l’Afrique de l’Ouest permet d’éclairer par les marges l’histoire de l’État et des sociétés ouest-africaines pendant les périodes coloniales et postcoloniales. Deuxièmement, l’étude du désordre mental en Afrique de l’Ouest en dehors de son aspect strictement psychiatrique permet de proposer une analyse renouvelée de l’histoire de la folie et de l’insérer dans une perspective plus globale.

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 Dernière mise à jour le 24/06/2019 à 09:39