Thérapies

La radiothérapie au Lutetium–177-DOTATATE

En plus de nombreuses thérapies possibles, notre centre offre la thérapie par radiopeptides au Lutetium-177-DOTATATE.

L’isotope radiant (Lutetium – 177) se lie au récepteur de la somatostatine 2 afin d'irradier localement les cellules tumorales. La thérapie est habituellement administrée au cours de quatre cycles à intervalle de 8 semaines. Le patient est vu une fois par l'oncologue entre les cycles et après la fin de la thérapie, le patient est suivi par son médecin. La thérapie est prise en charge par les assureurs (AOS). Le patient doit rester 48 heures (deux nuits) dans notre hôpital dans les chambres dédiées au CHUV dont les murs sont renforcés au plomb.

Le risque de réactions indésirables à ce type de radiothérapie est minimal. L'élément radioactif Lutetium-177 n'irradie que les tissus à moins de 2-3 mm. Comme il se fixe dans la tumeur, il y a peu de tissu environnant normal irradié à côté.

  • Le Lutetium-177-DOTATATE est en partie absorbé par le rein tout comme les acides aminés. Afin d'éviter des dommages rénaux, les reins doivent être bloqués pour le composé DOTATATE. C’est pour cela qu’une solution d'acides aminés est appliquée par voie intraveineuse. La perfusion est habituellement tolérée sans effets secondaires et n'est pas nocive pour les reins. Néanmoins, le Lutetium-177-DOTATATE présente un faible risque de lésions rénales. Dans de très rares cas (< 1%), cela peut conduire à une dépendance à la dialyse rénale si les patients ont déjà des facteurs prédisposant pour une insuffisance rénale. Des études ont montré que cela se produit chez moins de 0.5% des patients et la plupart de ces patients souffraient d'une maladie rénale préexistante.
  • Lors de l'injection de DOTATATE, les patients peuvent ressentir des nausées et des vomissements de courte durée (5 min), ce qui se produit chez environ 5% des patients. Le séjour qui suit pour la thérapie est généralement toléré sans autres effets indésirables. Pendant le traitement, 30% des patients présentent une légère diminution des plaquettes, mais cela se rétablit généralement en quelques semaines.

La radiothérapie interne sélective (SIRT)

La radiothérapie interne sélective (SIRT) est une méthode d’ablation locale utilisée pour traiter les métastases hépatiques inopérables ou les tumeurs hépatiques primaires.

Des microsphères contenant une substance radioactive appelée Yttrium-90 est injectée dans les artères du foie qui perfusent directement les tumeurs. Le foie en tant qu'organe vital est souvent un site précoce de propagation pouvant limiter l’espérance de vie en cas de maladie métastatique avancée. Le foie est un site où de multiples interventions thérapeutiques locales peuvent être appliquées, et ce par plusieurs disciplines médicales.

La SIRT est une procédure remboursable en Suisse. Le texte du catalogue suisse énumérant de telles procédures indique en effet les conditions suivantes : « En cas de tumeurs hépatiques inopérables et résistantes à la chimiothérapie pour lesquelles une ablation locale n'est pas possible ou est restée sans effet». Cela vaut pour toutes les métastases hépatiques ou les tumeurs primitives du foie.

A l'Hôpital Universitaire de Lausanne, les patients à des stades tardifs d'inopérabilité et après plusieurs chimiothérapies sont présentés au colloque de concertation interdisciplinaire des tumeurs.

Dans de tels cas, une évaluation médicale / oncologique interne du patient est nécessaire. Cette évaluation dépend de l'état de performance du patient, de l'identification de la localisation dominante primaire, de la tumeur dans le foie, de l'identification de la chimiothérapie la plus récemment appliquée et de son interférence potentielle avec une thérapie SIR. Le prérequis important pour traiter le patient avec une thérapie SIRT est principalement une fonction hépatique intacte.

Après explication de la procédure au patient, les procédures préparatoires pour une thérapie SIRT sont effectuées. Cette préparation ambulatoire consiste principalement en une angiographie hépatique dite sélective qui permettra de vérifier que les particules que nous allons injecter dans l’artère du foie ne passent pas dans d’autres organes. Ce n'est qu'après cette préparation angiographique que le patient est prêt pour une thérapie SIRT, et que la thérapie ambulatoire Y-90 elle-même peut être planifiée et exécutée. Habituellement, le délai entre la planification et la thérapie est d'environ 2 semaines. Après une période d'observation de 5 heures à l'hôpital, le patient peut normalement être renvoyé chez lui. Le suivi se fait en étroite collaboration avec le médecin traitant et surtout sous ses auspices.

Une thérapie SIRT effectuée par des médecins expérimentés montre généralement très peu de réactions indésirables.

Souvent, une fièvre de bas grade est observée, une douleur capsulaire est notée et le patient se plaint de quelques nausées et de fatigue pendant quelques jours. Les complications graves qui doivent être discutées avec le patient avant la procédure, concernent la migration des microsphères injectées à travers les artères gastriques et duodénales dans les organes correspondants. Ceci est très gênant pour le patient et conduit à des ulcérations locales. Ces effets secondaires rares mais possibles sont discutés avec le patient lors du premier contact avec le médecin responsable.

L'ensemble du processus de la demande de traitement à la fin de la thérapie dure environ 1 mois. Le traitement est effectué en étroite collaboration entre la médecine nucléaire, l'oncologie médicale et la radiologie interventionnelle. Il se peut que le patient doive parfois venir deux fois mais nous faisons notre maximum pour que ce ne soit pas le cas.

 Dernière mise à jour le 17/07/2018 à 09:45