Etudier la motivation altruiste des personnes en fin de vie

Publié par Grand Clementine le 08.08.2022
Le Service de soins palliatifs et de support obtient un subside du FNS pour étudier l'altruisme des patients en fin de vie. La mise en pratique de cette motivation altruiste pourrait améliorer la qualité de vie des patient‧e‧s et de leurs proches.

A travers la stratégie nationale en matière de soins palliatifs, la Suisse a pris des mesures politiques pour promouvoir une meilleure prise en charge des patients en situation palliative et de leurs familles. Pourtant, dans la réalité clinique, les patients restent des bénéficiaires plutôt « passifs » des soins prodigués par les professionnels de la santé et par leurs proches aidants. Or, des recherches menées en soins palliatifs ont identifié une forte motivation altruiste de la part des patient‧e‧s en situation palliative, et souvent une frustration de ne pas pouvoir l’exprimer et la mettre en œuvre. La plupart des personnes en fin de vie se soucient ainsi davantage des autres que d’elles-mêmes ; cela peut concerner le bien-être et le devenir de leurs proches, voire même de la société en général.  

L’objectif de ce projet, qui a obtenu un important financement du Fonds national suisse (FNS) d’un montant de 775'000 CHF est d’étudier, dans une perspective interdisciplinaire, l’altruisme des patient‧e‧s en fin de vie. Il s’agit de renverser le paradigme établi en étudiant le concept d'altruisme du point de vue des patients, en les considérant comme acteurs à part entière et partenaires du système soignant. Comment ces personnes définissent leur altruisme en fin de vie ? Que veulent-elles donner et transmettre ? Quelle importance et quel sens attribuent-elles à l’altruisme ? Telles sont les questions auxquelles ce projet va répondre en investiguant notamment des contextes cliniques spécifiques comme la préparation du projet de soins anticipé et le suicide assisté.

Cette recherche s’inscrit dans le contexte du « Resource-oriented palliative care », un concept développé sur la base des recherches menées ces dernières années dans le Service de soins palliatifs et de support du CHUV. Cette approche de psychologie positive vise à améliorer l’accompagnement des patient‧e‧s en fin de vie en identifiant et en valorisant les différentes ressources à leur disposition, qu’elles soient psychologiques, relationnelles, sociales ou communautaires. Dans ce cadre, le projet réunit les compétences des chaires de médecine palliative (Pr Borasio, Dre Gamondi), de psychologie palliative (Pr Bernard), de soins palliatifs gériatriques (Pr Jox, Dre Sterie) et de soins palliatifs infirmiers (Pr Larkin). Les investigatrices et investigateurs principaux proviennent ainsi de cinq domaines professionnels différents : médecine, soins infirmiers, psychologie, éthique médicale et sociologie.

Le Pr Gian Domenico Borasio, chef du Service de soins palliatifs et de support, s’en réjouit : « Cette approche interdisciplinaire et multiprofessionnelle, typique de la recherche en soins palliatifs, nous permettra d’arriver à une compréhension approfondie de l’altruisme du point de vue des patient‧e‧s en situation palliative. A terme, nous espérons pouvoir développer des interventions visant à valoriser et mettre en pratique cette motivation altruiste, ce qui pourrait améliorer grandement la qualité de vie des patient‧e‧s et de leurs proches. ».

 Dernière mise à jour le 22/09/2022 à 16:10