Hantavirus

Investigatrice principale: Dr. Sylvia Rothenberger
Chercheurs: Dr. Olivier Engler (Laboratoire de Spiez), Giulia Torriani

Développement de nouvelles stratégies pour combattre les hantavirus.

Les Hantavirus sont des virus émergents de la famille des Bunyaviridae qui peuvent provoquer des maladies sévères chez l’homme. En Asie, le virus prototype Hantaan est responsable de milliers de cas/an de fièvre hémorragique à syndrome rénal et en Amérique les virus Sin Nombre et Andes sont responsables du syndrome pulmonaire à Hantavirus, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 40%. En Europe, les hantavirus représentent le plus important groupe de virus émergents, dont le virus Puumala et le virus Dobrava, responsable de syndrome rénal avec parfois des complications majeures. Il n’existe à ce jour aucun vaccin sous licence et les options thérapeutiques sont limitées; le développement de nouvelles thérapies constitue donc un objectif prioritaire.

Dans le cadre d’un projet collaboratif avec le Dr Olivier Engler, chef du groupe de virologie du laboratoire de SPIEZ, nous avons comme objectif de développer de nouvelles thérapies antivirales contre les hantavirus pathogènes pour l’homme. Le laboratoire de SPIEZ, rattaché à l’Office Fédéral de la Protection de la Population, est spécialisé en matière de menaces nucleaires, biologiques et chimiques. Le laboratoire de SPIEZ est équipé de laboratoires de confinement biologique à haute sécurité (niveau 3 et 4), seuls du genre en Suisse, et est reconnu internationalement. Notre projet de recherche a pour but de cibler différentes étapes du cycle viral pour des interventions thérapeutiques.

Les hantavirus sont des virus enveloppés dont le génome consiste en trois segments d’ARN monocaténaires à polarité négative, comme représenté schématiquement ci-dessous. Le petit segment génomique (S) code pour la protéine de la nucléocapside, le fragment moyen (M) code pour la glycoprotéine virale de l’enveloppe, et le grand fragment (L) pour RNA polymérase dépendante de l’ARN. La nucléoprotéine (N) et la polymérase (L) jouent un rôle essentiel dans la formation du complexe de réplication. Sur la base de son rôle-clé et de sa conservation, la polymérase L constitue une cible de choix pour le développement d’antiviraux. Le but de notre étude est d’identifier des inhibiteurs spécifiques de la polymérase virale par une approche de criblage de petites molécules. Leur efficacité antivirale est par la suite évaluée sur les hantavirus dans les laboratoires de haute sécurité de SPIEZ.

Structure du hantavirus: (A) Représentation schématique du virus. La structure externe consiste en une membrane lipidique dérivée de la cellule-hôte, et y insérées les glycoprotéines virales Gn et Gc. La particule virale contient trois segments d’ARN monocaténaires à polarité négative, S, M et L, encapsidés par la nucléoprotéine (N). La RNA polymérase dépendante de l’ARN (L polymérase) dirige la réplication et la transcription du génome viral. (B) Les segments S, M et L codent respectivement pour la nucléoprotéine (N), les glycoprotéines (Gn et Gc) et la polymérase (L) et possèdent des régions palindromiques à leurs extrémités (en rouge sur le schéma).

Collaborateurs: Prof. Pierre-Yves Lozach (University of Heidelberg, Germany), Dr. Nicole Tischler, (Molecular Virology Laboratory, Fundación Ciencia & Vida, Santiago, Chile).

Subside: Office fédéral de la protection de la population, projet Nr. 353004328 (Engler). Collaborative project “Novel Strategies to Combat Human Pathogenic Hantaviruses”.

 Dernière mise à jour le 28/10/2019 à 14:07